Faut-il encore faire la part belle aux titres à revenu fixe?


Édition du 10 Avril 2024

Faut-il encore faire la part belle aux titres à revenu fixe?


Édition du 10 Avril 2024

Par Jean Décary

(Photo: 123RF)

GESTION DE PATRIMOINE. Est-ce que les titres à revenu fixe ont encore leur place dans un portefeuille boursier alors que de simples dépôts à terme offrent actuellement un rendement de 5% ?

C’est une question légitime dans le contexte, et plusieurs clients la soulèvent, reconnaît le vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Allard Allard et Associés, Alexandre Legault, car le scénario est inversé:l es taux à court terme sont plus élevés que ceux à plus long terme. «D’ordinaire, la courbe des taux a une pente ascendante, mais actuellement, elle est descendante.»

Cela nous suggère que le marché obligataire ne croit pas que les taux vont se maintenir à des niveaux élevés. «Oui, tu peux obtenir un rendement de 5 % à court terme, mais tu ne le feras pas à long terme.»Par contre, quand les taux d’intérêt vont baisser, la personne qui détient des obligations à plus long terme risque de mieux performer que celle qui est dans le marché monétaire actuellement.

«Je dirais que les titres à revenu fixe ont toujours leur place dans un portefeuille diversifié», dit Simon Houle, du groupe Onyx, IA Gestion privée de patrimoine. Cela dit, le planificateur financier et gestionnaire de portefeuille souligne que dans une perspective à très court terme (l’achat d’une maison, par exemple), de simples dépôts à terme peuvent aussi être utiles. «Pour les dépôts de moins de cinq ans, la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC) garantit le tout à hauteur de 100 000 $. Pour d’autres produits à revenu fixe de plus longue durée, c’est selon la cote de crédit de l’émetteur.»

Il reconnaît toutefois que les dépôts à terme ne peuvent être vendus avant leur échéance, ce qui les rend moins liquides. «Avec la baisse des taux, les valeurs marchandes des titres à revenu fixe vont augmenter, ce qui les rendra attrayants.»Il est d’avis que l’investisseur doit continuer à privilégier cette catégorie d’actifs qui se décline en plu-sieurs produits (obligations de société, obligations gouvernementales, certificats de placements garantis, etc.). Plus que tout, il doit être fidèle à son profil d’investisseur et aux objectifs qu’il s’est fixés. «Ultimement, son travail est de laisser travailler son portefeuille.»

«Je crois que les titres à revenu fixe n’ont jamais perdu leur place, ils ont été soit sous-utilisés, soit mal utilisés», dit Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. Il reconnaît qu’ils ont peut-être souffert ces vingt dernières années à cause du contrôle exercé par les banques centrales sur les taux d’intérêt. «Les épargnants, les retraités et les gens avec des portefeuilles plus conservateurs ont pâti plus que d’autres, mais un retour à une certaine normalité (au-dessus de l’inflation) leur sera bénéfique. Le portefeuille à revenu fixe devrait reprendre sa place», croit-il.

Le gestionnaire de portefeuille est d’avis que, comme pour toute chose dans un portefeuille, la diversification est la clé dans cette catégorie d’actifs. «Ça prend aussi une diversification des échéances. Oui, les placements à terme d’un an sont payants, mais si tu centres uniquement ton attention là-dessus et qu’à échéance, les taux d’intérêt ont baissé, tu vas te retrouver mal barré, car tu vas devoir réinvestir à un taux moins attrayant.»Comme pour les autres catégories d’actifs, le gestionnaire rappelle que les produits à revenu fixe doivent être variés, qu’il s’agisse d’obligations, d’actions privilégiées ou de débentures.

Andrew Kost, gestionnaire de portefeuille chez Allard Allard et Associés, explique que les obligations de sociétés revêtent à l’heure actuelle un côté attrayant. «Les écarts de taux pour les obligations de sociétés sont à des niveaux relativement stables. On est payés avec un meilleur taux d’intérêt pour prendre un peu plus de risque en prêtant à des sociétés rentables plutôt qu’au gouvernement.»Les actions privilégiées offrent aussi un rendement intéressant. «C’est de l’ordre de plus de 5% avec un avantage fiscal.»Avec une baisse des taux anticipés, la durée des actions privilégiées offre un meilleur rendement dans le temps. «En plus du rendement du dividende, dit-il, tu vas avoir une plus-value sur la valeur nominale de l’action.

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