Les insolvabilités d'entreprises ont augmenté en janvier par rapport à l'an dernier

Publié le 05/03/2024 à 18:50

Les insolvabilités d'entreprises ont augmenté en janvier par rapport à l'an dernier

Publié le 05/03/2024 à 18:50

Par La Presse Canadienne

Les insolvabilités d’entreprises ont plus que doublé en janvier par rapport à l’année précédente. (Photo: La Presse Canadienne)

Toronto — La date limite de la mi-janvier pour que les entreprises soient admissibles à une remise partielle des prêts liés à la pandémie a probablement joué un rôle majeur dans l’augmentation des insolvabilités d’entreprises ce mois-là, a déclaré la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Alors que les entreprises continuent de faire face à l’inflation, aux pénuries de main-d’œuvre, à la hausse des taux d’intérêt et à la faiblesse des dépenses de consommation, pour beaucoup, l’échéance a été «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase», a déclaré Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président à la recherche de la FCEI.

«Les calculs ne tiennent plus», a-t-il dit.

Les insolvabilités d’entreprises ont plus que doublé en janvier par rapport à l’année précédente, et elles ont également dépassé les niveaux d’avant la pandémie pour le mois.

Le Bureau du surintendant des faillites indique qu’il y a eu 759 cas d’insolvabilité d’entreprises en janvier, soit une hausse de 42,4% par rapport à décembre et de 129,3% par rapport à janvier 2023.

Cela se compare aux 308 en janvier 2020, avant le début de la pandémie. Les insolvabilités d’entreprises comprennent les faillites et les propositions (dans lesquelles une partie ou la totalité de la dette est remboursée).

Les prêts d’urgence de 60 000$ du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes ont été accordés à près de 900 000 entreprises et organismes à but non lucratif pour les aider à survivre à la pandémie. Jusqu’à un tiers de ce prêt pouvait être annulé si les deux tiers restants étaient remboursés avant le 18 janvier — sinon, la dette devenait un prêt de trois ans avec un intérêt annuel de 5%.

Les entreprises se sont également vu offrir la possibilité de refinancer leur prêt avant la fin mars tout en restant admissibles à une remise partielle.

La pointe de l’iceberg

Des groupes de pression, dont la FCEI, avaient demandé au gouvernement de prolonger le délai, avertissant que cela pourrait entraîner la fermeture de milliers d’entreprises en difficulté. Il avait déjà été prolongé à deux reprises.

De nombreuses entreprises n’ont pas respecté la date limite de janvier, a déclaré M. Gaudreault, soulignant que plusieurs d’entre elles ont également d’autres types de dettes découlant des fermetures liées à la pandémie.

Et même si la hausse des cas d’insolvabilité est inquiétante, il a déclaré que le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé, car de nombreuses petites entreprises ne se donnent pas la peine de déposer une demande d’insolvabilité, mais ferment simplement leurs portes.

«Les insolvabilités ne sont malheureusement que la pointe de l’iceberg», a-t-il déploré.

Les plus fortes hausses en janvier ont été enregistrées dans les services d’hébergement et de restauration, le commerce de détail et la construction.

Les faillites d’entreprises ont augmenté plus fortement d’une année sur l’autre que les propositions.

Les faillites de consommateurs ont augmenté en janvier, mais dans une moindre mesure. Elles ont augmenté de 23,5% sur un an et sont restées inférieures à celles de janvier 2020.

Les insolvabilités d’entreprises et de consommateurs sont en hausse depuis un certain temps, après avoir atteint des niveaux bas dus à la pandémie.

Les insolvabilités d’entreprises ont augmenté de 41,4% en 2023 par rapport à 2022.

L’Association canadienne des professionnels de l’insolvabilité et de la restructuration a expliqué dans un communiqué de presse de février que les entreprises sont aux prises avec une dette pandémique et des taux d’intérêt plus élevés.

Le ralentissement des dépenses de consommation pèse également sur les entreprises, a ajouté l’association, alors que les Canadiens continuent de faire face à des prix et des taux d’intérêt plus élevés.

Rosa Saba, La Presse Canadienne

 

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