Auray Sourcing: louer des talents à l'étranger


Édition du 11 Octobre 2023

Auray Sourcing: louer des talents à l'étranger


Édition du 11 Octobre 2023

Par Emmanuel Martinez

Ayant des bureaux au Maroc, à l’île Maurice et aux Philippines, Auray Sourcing se charge de trouver la perle rare répondant au besoin de l’entreprise qui sollicite ses services. (Photo: 123RF)

L’herbe est parfois réellement plus verte ailleurs. C’est sur quoi mise Auray Sourcing, une filiale de Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) qui se spécialise dans le recrutement international et l’externalisation des processus.

 

Dans des domaines comme les technologies de l’information (TI), la rareté de la main-d’œuvre est telle que des entreprises québécoises n’arrivent tout simplement pas à combler leurs besoins. Face à l’impossibilité de trouver des gens ici ou de faire faire le travail par un tiers, des firmes comme Auray Sourcing offrent une autre avenue: louer des talents à l’étranger.

«On se fait beaucoup contacter pour du soutien technique en TI, du développement web, des ingénieurs SAP ou d’autres gens de gros calibre», explique Pierrot Ferland, directeur du service à la clientèle d’Auray Sourcing International.

«On a aussi des demandes pour des services administratifs, comme de l’entrée de données, de la classification de documents et des assistants virtuels, ajoute-t-il. On en voit de plus en plus en raison des projets de virtualisation, car chaque document doit être vérifié par un œil humain. On n’est plus capable de trouver cette main-d’œuvre au Québec, puisque c’est un travail répétitif.»

 

 

Répondre aux besoins

Ayant des bureaux au Maroc, à l’île Maurice et aux Philippines, Auray Sourcing se charge de trouver la perle rare répondant au besoin de l’entreprise qui sollicite ses services.

«Pour nous, c’est le même défi qu’une compagnie qui engage, explique le dirigeant. On peut présenter deux candidats au client et c’est lui qui décide si cela fait son affaire ou non. Puisque la main-d’œuvre est recherchée dans plusieurs pays, je recommande d’agir rapidement s’il estime que le candidat est intéressant.»

Une fois l’embauche réalisée, cet employé vient travailler dans les installations d’Auray Sourcing, qui se charge de négocier le salaire, de le payer, de retenir toutes les cotisations prévues tout en s’assurant du respect des lois en vigueur.

«Le client s’occupe du travail quotidien de l’employé, tandis que nous faisons la gestion des ressources humaines, explique Pierrot Ferland. L’entreprise n’a qu’à nous verser un montant mensuel pour nos services. Elle économise de 30% à 50% par rapport à un salarié d’ici.»

Cette approche se fonde sur un partenariat. «Puisque l’employé vient à nos bureaux, on s’assure qu’il est bien, ajoute-t-il. On est les yeux et les oreilles de notre client. C’est pour ça qu’on lui dit qu’on se considère comme une branche de son entreprise à l’international.»

Ce service permet à la compagnie qui externalise à l’étranger de ne pas se tracasser avec le volet administratif du pays où le travail est effectué. Cela lui donne de la flexibilité en matière de licenciement. La relation avec cet employé est seulement axée sur les tâches à réaliser.

Il existe aussi une formule hybride: un employé est «loué» à Auray Sourcing dans le but de le faire venir au Canada. «L’employeur peut le faire travailler pendant six mois ou un an, le temps que les visas soient obtenus, mentionne-t-il. Il peut ainsi apprendre à connaitre le salarié, l’intégrer à distance et ensuite l’amener au Québec. C’est plus simple et plus efficace lorsqu’il débarque ici.»

 

Pour tous les goûts

Grâce à l’étendue du réseau de RCGT, Auray Sourcing peut intervenir aussi à des endroits où elle n’a pas de bureaux pour répondre à un besoin spécifique, en Europe et en Inde. «On a fait cela récemment en Roumanie, dit Pierrot Ferland. Un client a trouvé un informaticien et on l’a mis sur notre système de paie.»

Il souligne que sa clientèle est variée. «J’ai autant de petites start-ups que des multinationales de 2000 employés, note-t-il. Parfois, c’est pour une ou deux personnes, d’autres, pour une équipe au complet.»

Auray Sourcing emploie approximativement 160 personnes dans le monde. La croissance est d’environ 20% par année, selon le responsable de l’entreprise.

«La technologie permet à quelqu’un de travailler de n’importe où, précise Pierrot Ferland. C’était le cas avant, mais la COVID a fait exploser le télétravail. Je crois qu’on va grossir d’environ 30% annuellement dans les trois prochaines années.»

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