Aucun tarif pour les entreprises canadiennes après un Brexit «dur»

Publié le 24/01/2019 à 15:55, mis à jour le 12/03/2019 à 15:55

Aucun tarif pour les entreprises canadiennes après un Brexit «dur»

Publié le 24/01/2019 à 15:55, mis à jour le 12/03/2019 à 15:55

Par François Normand

Le premier ministre Justin Trudeau et son holomogue Theresa May (Source photo: Getty)

Malgré le rejet de l'accord sur le Brexit ce mardi, les entreprises canadiennes qui commercent avec le Royaume-Uni pourraient ne pas devoir payer de tarifs douaniers au lendemain du 29 mars advenant un Brexit «dur», soit une sortie du pays de l’Union européenne sans accord de transition.

En entretien à Les Affaires en janvier, la Haute-commissaire du Royaume-Uni au Canada, Susan le Jeune d’Allegeershecque, a déclaré qu’Ottawa et Londres discutaient pour trouver une façon d’éviter que des tarifs ne soient rétablis sur leur commerce bilatéral dans le cas d’un «Brexit dur».

«On travaille pour qu’il y ait un accord en place pour qu’il n’y ait pas de tarifs qui s’appliquent à compter du 30 mars», affirmait l’ambassadrice britannique lors d’un entretien téléphonique.

Il n'a pas été possible de la joindre ce mardi 12 mars, à la suite du vote au parlement britannique qui rejeté pour une seconde fois l'accord pour une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

À Ottawa, le ministre des Affaires étrangères nous a indiqué dans un courriel que le Canada et le Royaume-Uni «poursuivent des discussions de nature technique sur les moyens de maintenir l'accès préférentiel au marché au cas où les négociations sur le Brexit échoueraient».

L’enjeu est de taille pour les exportateurs canadiens.

Le Royaume-Uni est le troisième marché d’exportation du Canada (18 milliards de dollars canadiens en 2017), après les États-Unis (415 G$) et la Chine (24 G$), selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

À elles seules, les expéditions canadiennes de marchandises au Royaume-Uni représentent 43% de l’ensemble des exportations du Canada dans l’Union européenne.

Ottawa a commencé à envisager l'été dernier le scénario d'un Brexit «dur», comme en témoigne un segment de la Gazette du Canada du 3 juillet (La continuité de la relation commerciale du Canada avec le Royaume-Uni après le Brexit).

Une législation d'ici le 29 mars

Pour éviter l’imposition de tarifs douaniers, les gouvernements Trudeau et May feraient adopter chacun de leur côté d’ici le 29 mars une législation à cet effet, selon Mme le Jeune d’Allegeershecque.

Cela leur laisse peu de temps.

En fait, cette loi prolongerait, avec un accord transitoire, l’état de libre-échange qui existe entre les deux pays depuis l’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, en septembre 2017.

Car, en cas de Brexit «dur», cet accord ne couvrirait plus le Royaume-Uni puisque ce pays aurait dès lors quitté l’Union européenne. C’est pourquoi le Canada se retrouverait de facto sans libre-échange avec ce pays.

Les pourparlers actuels entre Ottawa et Londres tentent justement d’éviter cette situation en attendant ultimement la conclusion d’un futur accord de libre-échange bilatéral entre le Canada et le Royaume-Uni.

 

 

 

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