Ce qu'il faut retenir du budget du Québec 2023 - 2024

Publié le 21/03/2023 à 18:11

Ce qu'il faut retenir du budget du Québec 2023 - 2024

Publié le 21/03/2023 à 18:11

Par Dominique Talbot

(Photo: La Presse Canadienne)

BUDGET DU QUÉBEC. C’était depuis des mois un secret de polichinelle : les Québécoises et Québécois devaient s’attendre à payer un peu moins d’impôt. C’est ce que le ministre des Finances, Éric Girard, leur a annoncé dans les premiers mots de son discours sur le budget, avec des baisses de 9,2 G$ d’ici 2027-2028, soit 1,7 G$ par année. Plus de 4,6 millions de contribuables sont touchés par cette mesure.

Ainsi, les deux premiers paliers d’imposition seront diminués de 1%. Le ministre anticipe que cette baisse pourrait atteindre 814 $ pour une personne seule et 1627 $ pour un couple. Et ce, malgré «l’indéniable ralentissement économique auquel devrait faire face la province en 2023», selon Eric Girard. Ce dernier s’attend à une croissance économique de seulement 0,6% en 2023 et 1,4% en 2024.

Le ministre affirme que cette diminution ne se fera pas sur le dos des services publics, mais plutôt grâce à une réduction du poids de la dette. «L’objectif est de ramener la dette de 37,4% à 30% du PIB du Québec d’ici l’année fiscale 2037-2038, explique-t-il. Si nous n’avions pas mis de l’avant cette baisse d’impôts, cette diminution de 7,4% aurait eu lieu en dix ans plutôt que 15.»

 

Main-d’œuvre

Principale préoccupation du milieu des affaires depuis des années, plusieurs associations économiques espéraient des mesures musclées pour réduire l’impact de ce problème sur leurs activités. Elles se sont montrées déçues par les propositions de Québec.

Pour les aider, le gouvernement propose notamment une modification du Régime des rentes du Québec (RRQ). Par exemple, l’âge maximal pour demander sa rente passera de 70 à 72 ans. Le ministre Girard a également indiqué que les cotisations à la RRQ seront facultatives à partir de 65 ans.

 

Crise du logement

Étroitement liée à la pénurie de main-d’œuvre, surtout en région, la crise du logement ne risque pas de s’affaiblir. Alors que les besoins se chiffrent à plus de 100 000 unités, le gouvernement propose une seule mesure qui aura une influence sur l’offre : 1 milliard pour favoriser l’accès au logement abordable. Le parc locatif sera bonifié de 5250 unités.

La bonification de la composante logement du crédit d’impôt remboursable pour la solidarité et l’attribution de 2000 unités supplémentaires au programme Supplément loyer ont aussi été annoncées.

En cette période de hausse des taux d’intérêt, rien n’est prévu pour aider les entrepreneurs à rééquilibrer les coûts-bénéfice pour la construction de nouveaux projets.

 

Développement des régions

Ce cinquième budget de la CAQ accorde 1,4 milliard pour le développement économique des régions. De cette somme, plus de 800 millions seront consacrés à l’essor du secteur bioalimentaire de la province. 175 millions seront également destinés à l’accroissement de l’autonomie alimentaire.

Le Plan nord reste sur l’écran radar du gouvernement, alors que 90 M$ seront dépensés sur cinq ans pour le développement du territoire couvert par le Plan.

Après des années difficiles en raison de la pandémie, l’industrie touristique pourra s’attendre à des investissements de 153,1 millions, notamment pour le Programme d’appui au développement des attraits touristiques et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. 15 millions seront aussi investis pour attirer davantage de tourisme d’affaires.

 

Congé fiscal pour les grands projets

Préoccupé par le ralentissement économique anticipé cette année et l’année prochaine et pour stimuler la productivité, Québec crée un congé fiscal pour les projets d’investissement de 100 millions et plus.

Cet incitatif variera selon les régions visées par cette dépense de 373 millions. Ainsi, ce congé fiscal sera de 15% pour les grands centres urbains (Montréal et Québec), 20% pour d’autres régions comme l’Estrie et la Mauricie et 25% pour les régions à faible vitalité économique comme la Côte-Nord et la Gaspésie.

Ces investissements existaient déjà pour le secteur manufacturier, ils seront maintenant disponibles pour les secteurs des technologies de l’information, l’intelligence artificielle, l’agriculture, les minéraux critiques et stratégiques (MCS) et l’optique photonique.

Éric Girard prévoit permettre la réalisation de 100 projets d’ici la fin de 2029. Ceux-ci pourraient générer des investissements de 24 G$, pense le ministre.

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