Pousser l’horticulture vers le haut


Édition du 12 Avril 2023

Pousser l’horticulture vers le haut


Édition du 12 Avril 2023

La ferme Verti, à Cap-Santé, dans la région de Portneuf (Photo: courtoisie)

AGRI-AGRO. Les plantes font peu de cas du fait de pousser en couches superposées. Pour les entreprises qui misent sur l’agriculture verticale, ce choix est non seulement synonyme de rendements plusieurs fois supérieurs à ceux obtenus au champ et en serre, mais aussi d’empreinte écologique minime.

Sarah Lussier, présidente-directrice générale et responsable des opérations de la ferme Verti, à Cap-Santé, dans la région de Portneuf, en sait quelque chose. Depuis l’été dernier, la ferme intérieure en culture hydroponique produit des fines herbes, des micropousses et des légumes feuilles exempts d’OGM et de pesticides. « Comme nous cultivons en hauteur, sur plusieurs étagères, nous maximisons chaque pied carré dans nos installations. Et le fait que nos plantes poussent dans des bassins d’eau et non à même le sol diminue la présence d’agents pathogènes, d’insectes nuisibles et de ravageurs », explique celle qui a fondé cette entreprise avec son conjoint Dominic Martel, originaire du coin.

De plus, la culture hydroponique permet de faire circuler l’eau en circuit fermé, ce qui assure une meilleure gestion de l’irrigation et de la fertilisation. Sans parler des économies de cette précieuse ressource qu’est l’eau douce — on estime qu’elle compose seulement 3 % des ressources aquatiques totales sur Terre.

Ajoutez à cela un grand contrôle sur les conditions de production à l’intérieur de la serre de 4000 pieds carrés, et vous obtenez une « solution bénéfique d’adaptation aux changements climatiques qui convient à la production en milieu éloigné, voire aride », lit-on dans une récente édition du BioClips, un bulletin de veille économique du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

 

Technologie québécoise

Tout n’est pas rose, bien sûr. Hormis les investissements élevés de départ pour se procurer les équipements nécessaires, il faut procéder à des aménagements minutieux afin de rendre sécuritaire cette méthode de production horticole. « Ça reste qu’on travaille avec de l’eau et de l’électricité ! s’exclame Sarah Lussier. On ne veut pas faire n’importe quoi. »

C’est pourquoi la ferme Verti a cogné à la porte de LBM Agtech, spécialisée dans la construction de serres hydroponiques intérieures pour une culture à grande échelle. L’entreprise, située à Laval, propose un « design unique » en instance de brevet qui « permet de cultiver des produits maraîchers frais à longueur d’année », lit-on sur son site web.

« Nous avons développé une technologie capable de récupérer l’eau dans l’air, puis de la réinjecter dans les installations. Cela diminue de 90 % la consommation d’eau par rapport à une serre standard », affirme Richard Giunta, président et cofondateur de LBM Agtech, qui a remporté le prix Startup d’exception lors de la troisième édition du Grand Colloque Agtech du Québec, en décembre dernier.

La Boîte maraîchère, la société sœur de LBM Agtech, recourt d’ailleurs à ces solutions technologiques pour produire des laitues en vente sur les rayons d’IGA et de Rachelle-Béry. À l’heure actuelle, trois complexes signés LBM sont en activité dans la province, ce qui représenterait une réduction d’environ 1200 tonnes de gaz à effet de serre par an selon l’entreprise.

« Notre modèle d’affaires est assez unique en son genre ; il permet d’obtenir un rendement de l’investissement en moins de cinq ans », indique Richard Giunta. Pour l’entrepreneur, les projets comme les siens constituent la clé pour améliorer l’autonomie alimentaire. « Nourrir les communautés nordiques, nombreuses au Québec, implique de faire preuve d’innovation technologique. »

 

 

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D’autres innovations

Pasteurisation, refroidissement, livraison, maintenance, assainissement… Suivre les aliments de la ferme à la table tout au long de la chaîne d’approvisionnement est un véritable défi, surtout en cas d’éclosion bactérienne. Normex propose une solution clé en main aux entreprises du secteur agroalimentaire pour automatiser ce processus et ainsi générer moins de paperasse. La société de logiciels de Gatineau étend ces jours-ci ses services à l’Ontario et aux États-Unis.

Produire des aliments en quantité industrielle génère des tonnes de résidus qui, trop souvent, prennent le chemin du dépotoir. Prorec capte ces « coproduits alimentaires » et autres « écarts de production », les valorise, puis les vend aux agriculteurs pour nourrir leurs animaux. Selon l’entreprise de Saint-Hyacinthe, donner ainsi une seconde vie à des dizaines de milliers de tonnes métriques d’aliments réduit le gaspillage alimentaire et évite l’émission de 57 000 tonnes de gaz à effet de serre par année.

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