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Pomme de terre: un Almatois développe un traitement prometteur

Trium Médias|Mis à jour le 26 avril 2024

Pomme de terre: un Almatois développe un traitement prometteur

À gauche, il s'agit d'un plan traité avec l’ancien enrobage, et à droite, il s'agit d'un plan traité avec l’enrobage de France Harvey et dont la croissance a visiblement été plus prolifique. (Photo : Yohann Harvey Simard)

Accompagné par des agrochimistes, l’Almatois France Harvey a mis au point un nouveau type de traitement de semences de pomme de terre à base de wollastonite, un minerai abondant dans le secteur de Saint-Ludger-de-Milot.

L’objectif était de trouver une alternative au traitement en poudre actuellement utilisé par les producteurs et dont l’utilisation sera interdite à compter de 2024. 

«Il a été aboli, car il causait des problèmes de peau», précise France Harvey.

L’ensemencement de pommes de terre se fait à l’aide de morceaux de patates que l’on remet en terre. Afin d’éviter que les insectes n’infestent les semences, les morceaux de pommes de terre dénudés sont enduits d’un agent d’enrobage remplaçant la protection naturelle que constitue la pelure.

 

Un produit unique 

Provenant du milieu agricole, France Harvey a développé un produit de substitution à l’ancien traitement d’enrobage. Selon lui, la recette du traitement qu’il a élaboré avec le Centre de recherche et d’innovation en agriculture Agrinova serait même sans équivalent.

L’ingrédient clé de sa recette est la wollastonite, un minerai dont le gisement le plus important au Canada, et dont le seul au Québec se trouve à Saint-Ludger-de-Milot. La mine sera exploitée par la minière Vertical Exploration, avec laquelle France Harvey a signé une entente d’approvisionnement de plusieurs tonnes.

L’Almatois entend commercialiser son traitement de semences par le biais de son entreprise, Solutions CASIO3Plus. 

 

Des tests concluants

L’enrobage de France Harvey est issu d’un processus de recherche et de développement qui a nécessité plusieurs centaines de milliers de dollars d’investissements. Plusieurs tests ont été réalisés afin de démontrer l’efficacité du traitement.

«On a planté cinq acres de patates, une partie avec mon enrobage et une autre partie avec l’ancien pour faire une comparaison du développement du système racinaire. Et puis, au final, non seulement mon enrobage a bien marché, il a donné des patates classées supérieures à celles ensemencées avec l’ancien traitement.» 

Selon France Harvey, son traitement de semences a le potentiel de trouver des débouchés partout au Canada ainsi qu’aux États-Unis. Plusieurs producteurs auraient déjà manifesté de l’intérêt pour le traitement, présenté par France Harvey dans la cadre de foires agricoles. 

Selon France Harvey, le succès de son traitement pourrait stimuler l’économie de la région alors que la production s’appuierait exclusivement d’ingrédients locaux.

«Je ne peux pas encore donner une date exacte, mais nous sommes rendus à structurer le lancement du produit et à le mettre en marché.»

 

Par Yohann Harvey Simard, Initiative de journalisme local