Les probiotiques, c'est aussi pour les plantes


Édition du 12 Avril 2023

Les probiotiques, c'est aussi pour les plantes


Édition du 12 Avril 2023

Nancy Clermont, directrice de la recherche et du développement du Groupe Savoura (Photo: courtoisie)

En théorie, la production en environnement contrôlé est constante, car elle est à l’abri des contraintes qu’on retrouve normalement au champ. Dans la pratique, il faut pourtant rivaliser d’ingéniosité pour faire pousser de petits fruits, légumes et autres plantes en serre, témoigne Nancy Clermont, directrice de la recherche et du développement du Groupe Savoura, réputé pour ses fraises et tomates offertes 365 jours par année.
« Nous demeurons tout de même à la merci des variations climatiques, cite-t-elle à titre d’exemple. Durant l’été, nous usons de stratégies de ventilation pour abaisser la température à l’intérieur des serres. » Il en va de même quant aux maladies et aux ravageurs, qui peuvent ruiner les cultures. C’est par exemple le cas des champignons dévastateurs « Botrytis cinerea », à l’origine de la moisissure grise, et « Fusarium oxysporum », responsable de la fusariose.
Pour maintenir ses plants en régie biologique forts et vigoureux, Savoura recourt depuis quelques années à des biostimulants organiques développés et commercialisés par Ulysse Biotech, une entreprise de Trois-Rivières spécialisée en biotechnologie. Il s’agit de produits à base de bactéries non pathogènes ayant un effet vivifiant sur le système immunitaire des plantes, ce qui améliore leur croissance et leur développement. 
« C’est un peu comme des probiotiques pour les humains, illustre Yves Hurtubise, président d’Ulysse Biotech. Nos biostimulants aident les plantes dans de nombreux processus métaboliques essentiels tels que l’acquisition de nutriments. » Dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, ce coup de pouce microbien face aux stress abiotiques (tels que le manque d’eau et la chaleur) est synonyme d’une utilisation moindre de pesticides et de baisses d’émissions de gaz à effet de serre.
L’état-major d'Ulysse Biotech appuie ses prétentions sur des données probantes. Des essais réalisés sur la croissance et le rendement de tomates en serre montrent en effet une augmentation de rendement de 7,7 % attribuable à leur biostimulant. Le produit a été appliqué toutes les deux semaines et les résultats ont été compilés après 16 semaines. L’étude de cas a été réalisée sur des plantes déjà en pleine production.
Un même langage
Les biostimulants ont beau exister depuis belle lurette, ils ne jouissent pas d’une réputation des plus enviables. En cause : les multiples promesses non tenues par ces produits trop souvent présentés comme des solutions miracles. Environ deux biostimulants pour usage domestique sur trois au pays ne seraient pas dûment enregistrés auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments comme l’exige pourtant la loi, estime Yves Hurtubise.
« C’est un marché où tout le monde prétend qu’il est le meilleur, sans toutefois pouvoir le prouver, renchérit Nancy Clermont. Trop souvent, les produits ne livrent pas la marchandise en serre. » Étant donné que Savoura consacre 12 de ses 32 hectares de production en serre à la culture biologique, elle doit en outre recourir à des produits certifiés par Ecocert Canada. « Nous appliquons le plus possible les méthodes issues de l’agriculture biologique à nos cultures en régie conventionnelle », précise-t-elle.
C’est parce que les équipes d’Ulysse Biotech et de Savoura partagent « un même langage, celui de la science », dixit Nancy Clermont, qu’elles collaborent. De fait, la vaste majorité des 11 employés de l’entreprise trifluvienne sont des chercheurs diplômés. « Au Québec, hormis Premier Tech, qui développe des produits formulés pour favoriser la croissance des plantes en serriculture, il y a peu de producteurs de bactéries dans notre secteur », affirme Yves Hurtubise.
Fondée en 2015, Ulysse Biotech connaît depuis une croissance lente, mais soutenue. Ses biostimulants, qui sont surtout utilisés sous serre pour l’instant, pourraient bientôt se frayer un chemin jusque dans les cultures en plein champ. « Nous disposons des capacités de production suffisantes pour élargir nos essais aux champs, pénétrer les marchés étasuniens, européens, puis africains, là où les possibilités d’améliorer l’agriculture sont les plus grandes », conclut Yves Hurtubise.
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ACIA 2018137A
Numéro d’accréditation du biostimulant microbien Éra Boost Pro délivré par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Ce produit d’Ulysse Biotech est approuvé pour l’agriculture biologique par Ecocert Canada et approuvé aux États-Unis.

AGRI-AGRO. En théorie, la production en environnement contrôlé est constante, car elle est à l’abri des contraintes qu’on retrouve normalement au champ. Dans la pratique, il faut pourtant rivaliser d’ingéniosité pour faire pousser de petits fruits, légumes et autres plantes en serre, témoigne Nancy Clermont, directrice de la recherche et du développement du Groupe Savoura, réputé pour ses fraises et tomates offertes 365 jours par année.

« Nous demeurons tout de même à la merci des variations climatiques, cite-t-elle à titre d’exemple. Durant l’été, nous usons de stratégies de ventilation pour abaisser la température à l’intérieur des serres. » Il en va de même quant aux maladies et aux ravageurs, qui peuvent ruiner les cultures. C’est par exemple le cas des champignons dévastateurs «Botrytis cinerea», à l’origine de la moisissure grise, et « Fusarium oxysporum », responsable de la fusariose.

Pour maintenir ses plants en régie biologique forts et vigoureux, Savoura recourt depuis quelques années à des biostimulants organiques développés et commercialisés par Ulysse Biotech, une entreprise de Trois-Rivières spécialisée en biotechnologie. Il s’agit de produits à base de bactéries non pathogènes ayant un effet vivifiant sur le système immunitaire des plantes, ce qui améliore leur croissance et leur développement. 

« C’est un peu comme des probiotiques pour les humains, illustre Yves Hurtubise, président d’Ulysse Biotech. Nos biostimulants aident les plantes dans de nombreux processus métaboliques essentiels tels que l’acquisition de nutriments. » Dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, ce coup de pouce microbien face aux stress abiotiques (tels que le manque d’eau et la chaleur) est synonyme d’une utilisation moindre de pesticides et de baisses d’émissions de gaz à effet de serre.

L’état-major d'Ulysse Biotech appuie ses prétentions sur des données probantes. Des essais réalisés sur la croissance et le rendement de tomates en serre montrent en effet une augmentation de rendement de 7,7 % attribuable à leur biostimulant. Le produit a été appliqué toutes les deux semaines et les résultats ont été compilés après 16 semaines. L’étude de cas a été réalisée sur des plantes déjà en pleine production.

 

Un même langage

Les biostimulants ont beau exister depuis belle lurette, ils ne jouissent pas d’une réputation des plus enviables. En cause : les multiples promesses non tenues par ces produits trop souvent présentés comme des solutions miracles. Environ deux biostimulants pour usage domestique sur trois au pays ne seraient pas dûment enregistrés auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments comme l’exige pourtant la loi, estime Yves Hurtubise.

« C’est un marché où tout le monde prétend qu’il est le meilleur, sans toutefois pouvoir le prouver, renchérit Nancy Clermont. Trop souvent, les produits ne livrent pas la marchandise en serre. » Étant donné que Savoura consacre 12 de ses 32 hectares de production en serre à la culture biologique, elle doit en outre recourir à des produits certifiés par Ecocert Canada. « Nous appliquons le plus possible les méthodes issues de l’agriculture biologique à nos cultures en régie conventionnelle », précise-t-elle.

C’est parce que les équipes d’Ulysse Biotech et de Savoura partagent « un même langage, celui de la science », dixit Nancy Clermont, qu’elles collaborent. De fait, la vaste majorité des 11 employés de l’entreprise trifluvienne sont des chercheurs diplômés. « Au Québec, hormis Premier Tech, qui développe des produits formulés pour favoriser la croissance des plantes en serriculture, il y a peu de producteurs de bactéries dans notre secteur », affirme Yves Hurtubise.

Fondée en 2015, Ulysse Biotech connaît depuis une croissance lente, mais soutenue. Ses biostimulants, qui sont surtout utilisés sous serre pour l’instant, pourraient bientôt se frayer un chemin jusque dans les cultures en plein champ. « Nous disposons des capacités de production suffisantes pour élargir nos essais aux champs, pénétrer les marchés étasuniens, européens, puis africains, là où les possibilités d’améliorer l’agriculture sont les plus grandes », conclut Yves Hurtubise.

 

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ACIA 2018137A

Numéro d’accréditation du biostimulant microbien Éra Boost Pro délivré par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Ce produit d’Ulysse Biotech est approuvé pour l’agriculture biologique par Ecocert Canada et approuvé aux États-Unis.

 

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