Telus annonce 6000 mises à pied alors que son bénéfice net chute de 61%

Publié le 04/08/2023 à 08:15

Telus annonce 6000 mises à pied alors que son bénéfice net chute de 61%

Publié le 04/08/2023 à 08:15

Par La Presse Canadienne

L’entreprise a par ailleurs annoncé que son bénéfice net au deuxième trimestre avait chuté de près de 61% par rapport à la même période l’an dernier, pour s’établir à 196 millions de dollars. (Photo: 123RF)

Telus a annoncé vendredi la suppression de 6000 emplois alors qu’elle cherche à s’adapter à la «transformation rapide» de son secteur, affirmant que des problèmes tels que la réglementation et la concurrence l’avaient incité à réduire sa masse salariale. 

La société de télécommunications établie à Vancouver a expliqué que la réduction toucherait 4000 travailleurs de sa principale entreprise Telus, dont la moitié seront mis à pied. L’autre moitié sera constituée de ceux qui se verront proposer des primes de retraite anticipée et de départ volontaire, ainsi que certains postes vacants qui ne seront pas pourvus.

Les 2000 coupes restantes toucheront Telus International, qui fournit des services informatiques et un service client à des clients mondiaux.

«Ce fut une décision très difficile», a affirmé le directeur financier de Telus, Doug French, lors d’une entrevue.

«L’industrie ne cesse d’évoluer et d’un point de vue concurrentiel, nous voulons toujours nous préparer pour l’avenir. Nous constatons une plus grande numérisation, nous constatons que les prix baissent dans notre secteur, ce que les clients recherchent. Et nous nous préparons donc à continuer à être très concurrentiels sur le marché, et nous devons aligner notre structure de coûts sur ce à quoi cela ressemble.»

Plus tôt cette année, le ministre fédéral de l’Industrie, François−Philippe Champagne, a détaillé un nouveau mandat pour le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), exigeant que le régulateur fédéral mette en œuvre de nouvelles règles pour renforcer les droits des consommateurs, l’abordabilité, la concurrence et l’accès universel.

La directive a annulé une directive politique de 2006 en vertu de laquelle l’agence devait s’appuyer sur les forces du marché pour prendre des décisions.

Mais M. French a indiqué que le gouvernement fédéral devrait «laisser le marché se livrer une concurrence».

«Nous sommes l’un des rares pays au monde à avoir encore quatre concurrents nationaux. Il y a eu des consolidations partout ailleurs», a-t-il souligné.

«Nous préférerions évidemment une concurrence et une réglementation directes. Je crois que l’environnement concurrentiel au Canada est très, très fort.»

Il a ajouté que les principaux fournisseurs de télécommunications, comme Telus, payaient parmi les coûts de spectre les plus élevés au monde, compte tenu de la taille et de la population relativement faible du Canada.

«C’est très, très cher de faire cela, a-t-il fait valoir. Pour que l’investissement continue, il faut avoir un rendement.»

M. French a ajouté que les réductions d’effectif reflétaient également une évolution vers une numérisation accrue dans le secteur, car les clients «veulent plus d’options en libre−service», ainsi que la finalisation des récentes fusions et acquisitions par l’entreprise.

Le mois dernier, Telus a révisé à la baisse ses prévisions annuelles pour 2023, évoquant les pressions de la demande, sur Telus International en particulier, alors que le secteur de la technologie cherche à réduire ses coûts. La société a indiqué qu’elle visait une croissance des revenus d’exploitation consolidés de 9,5% à 11,5%, en baisse par rapport à sa prévision précédente, qui en attendait une d’entre 11% et 14%.

«Une partie de l’annonce d’aujourd’hui est également un redimensionnement au sein de Telus International, pour aligner leur offre de main−d’œuvre, disons, avec les flux de revenus qu’ils voient», a ajouté M. French.

L’entreprise comptait 108 500 employés à la fin de l’année dernière, selon les chiffres de la firme de données financières Refinitiv. M. French a affirmé que les réductions affecteraient les employés dans «tous les domaines de notre entreprise» et seraient terminées d’ici la fin de l’année, la plupart allant être effectuées au début du quatrième trimestre.

La restructuration coûtera à l’entreprise 475 millions de dollars (M$) en 2023 et entraînera des économies annuelles de plus de 325 M$, a précisé Telus.

 

Profits en baisse de 61%

Les suppressions d’emplois ont été annoncées alors même que Telus dévoilait un bénéfice net du deuxième trimestre de 196 M$, en baisse de près de 61% par rapport à la même période l’an dernier.

Le profit net par action de la société s’est élevé à 14 cents pour le trimestre terminé le 30 juin, alors qu’il avait été de 34 cents au même trimestre un an plus tôt.

D’autres entreprises de télécommunications s’efforcent de rationaliser leurs activités ces derniers temps, alors qu’elles tentent de s’ajuster aux mesures réglementaires dans un contexte de taux d’intérêt en hausse et d’une inflation obstinément élevée.

Le géant des télécommunications BCE a annoncé à la mi−juin qu’il supprimerait 1300 postes, incluant 6% de sa division des médias. Il a imputé les suppressions d’emplois à un environnement politique et réglementaire difficile, soulevant des préoccupations spécifiques concernant la Loi sur la diffusion continue en ligne et la Loi sur les nouvelles en ligne.

La Loi sur la diffusion continue en ligne vise à réglementer les plateformes de diffusion en continu comme Netflix et Disney+ et à les obliger à contribuer à la création et à la promotion de contenu canadien. De son côté, la Loi sur les nouvelles en ligne oblige Google et Meta à payer les éditeurs de nouvelles pour le contenu auquel ils renvoient sur leurs plateformes.

Pendant ce temps, Rogers Communications a indiqué à son personnel, dans une note de service le mois dernier, qu’elle offrirait des forfaits de départ volontaire alors qu’elle s’efforce d’éliminer les doublons dans ses activités après la clôture de son accord pour acheter Shaw Communications.

Lors de l’envoi de la note, l’entreprise n’a pas précisé combien d’employés seraient concernés par le programme de départs volontaires, mais a indiqué qu’«un petit pourcentage» avait quitté involontairement l’entreprise depuis le regroupement avec Shaw.

M. French n’a pas exclu de nouvelles suppressions d’emplois chez Telus au−delà de celles annoncées vendredi.

«Lorsque nous prenons une décision comme celle−ci, ce n’est pas facile et nous préférerions ne pas continuer à en faire plus à l’avenir, a-t-il dit. Cela étant dit, en fonction des conditions du marché (…) cela sera davantage déterminé par ce à quoi les choses ressembleront, y compris du côté de la réglementation.»

Le bénéfice net ajusté de Telus pour le deuxième trimestre a totalisé 273 M$, ou 19 cents par action, comparativement à celui de 422 M$, ou 32 cents par action, réalisé un an plus tôt. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 22 cents par action pour la période close le 30 juin, selon les estimations recueillies par Refinitiv.

Les revenus d’exploitation et autres revenus ont atteint 4,95 milliards de dollars (G$), contre 4,40 G$ un an plus tôt.

La société a ajouté 110 000 abonnés nets à ses services de téléphonie mobile au cours du trimestre, en hausse de 18% par rapport aux 93 000 de l’année dernière. Son taux de désabonnement mensuel pour les abonnés aux services de téléphonie mobile postpayés — une mesure des abonnés qui ont annulé leur service — était de 0,73%, contre 0,64% au cours du deuxième trimestre précédent, ce qui a été attribué à des niveaux plus élevés de trafic de détail et à une augmentation de l’activité promotionnelle du marché.

Le revenu moyen par utilisateur de la téléphonie mobile sans fil de Telus était de 58,80 $, en hausse de 1,8% par rapport au deuxième trimestre de l’année précédente, ce qui, selon la société, était en grande partie attribuable à la hausse des revenus d’itinérance résultant de l’augmentation des voyages internationaux.

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