Transaction de 4,52G$ d'Alimentation Couche-Tard en Europe

Publié le 16/03/2023 à 07:55, mis à jour le 16/03/2023 à 12:38

Transaction de 4,52G$ d'Alimentation Couche-Tard en Europe

Publié le 16/03/2023 à 07:55, mis à jour le 16/03/2023 à 12:38

(Photo: Roméo Mocafico)

Alimentation Couche-Tard met la main sur 2193 stations-service de TotalEnergies, en Europe, pour l’équivalent d’environ 4,5 milliards de dollars, a annoncé jeudi l’entreprise lavalloise.

Avec cette transaction, l’exploitant de dépanneurs et de stations-service étend son empreinte en Europe, où il a déjà près de 3100 magasins. L’entente lui permettra de percer de nouveaux territoires en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg. L’entreprise avait fait ses premiers pas outre-mer avec l’acquisition du détaillant norvégien Statoil, en 2012.

Les actifs de Total constituent une bonne base pour faire croître le réseau européen de Couche-Tard, croit son président et chef de la direction, Brian Hannasch. «Le réseau de Total est très bien positionné avec une taille et des parts de marchés importantes dans les quatre pays, souligne-t-il en entrevue. Nous avons visité des centaines de leurs établissements et ce sont de bons opérateurs. Ils ont une bonne offre aux consommateurs.»

Dans sa présentation aux actionnaires, l’entreprise estime qu’elle pourra générer 120 millions d’euros en synergie sur une période de trois ans avec cette acquisition, dont la conclusion est prévue pour la fin de l’année civile 2023.

Brian Hannasch répond qu’il est encore tôt pour identifier les améliorations qui pourront être tirées «en combinant ce que Couche-Tard et Total font de bien».

Il donne en exemple le segment alimentaire, qui génère plus de ventes chez Couche-Tard. «Environ 25% de nos ventes en Scandinavie proviennent des aliments. C’est significativement plus petit chez Total. Nous allons vite faire des projets pilotes de certains de nos concepts et les adapter au goût et à la culture locale.»

Le dirigeant juge que les stations-service de Total se démarquent grâce à leur offre de lave-auto. Leur expertise pourrait aider Couche-Tard à rendre l’expérience «encore plus agréable» pour les automobilistes. «Je trouve qu’ils sont excellents dans le lave-auto. Ils ont vraiment fait du bon travail.»

L’analyste Irene Natel, de RBC Marchés des capitaux, juge que la transaction «a toutes les caractéristiques» que recherche typiquement Couche-Tard. Elle mentionne «l’intérêt stratégique, la complémentarité géographique et une évaluation attrayante». «L’euro est également dévalué, ce qui laisse entendre un potentiel à la hausse si les taux de change se normalisent.»

Couche-Tard a indiqué que le prix d’acquisition de 3,1 milliards d’euros, l’équivalent de 4,5 G$, représentait une évaluation de huit fois le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement des actifs convoités.

 

Baisse des prix de l’énergie en Europe

Au sujet de la crise énergétique en Europe, Brian Hannasch affirme que la situation «est bien meilleure qu’il y a six mois». En novembre, le dirigeant avait raconté que la société avait pris plusieurs mesures pour réduire sa consommation d’énergie dans la foulée de la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.

L’hiver plus doux a permis de réduire la pression sur le marché de l’énergie. «Nous avons constaté une importante réduction des coûts de l’énergie, je dirais dans les six à huit dernières semaines, dit-il. On s’approche de la normale.»

La baisse des prix de l’énergie aura toutefois eu un impact sur les marges de carburant en Europe au troisième trimestre (clos le 29 janvier), selon les résultats que l’entreprise a dévoilés une douzaine d’heures avant la transaction.

Les marges sur le carburant ont diminué de 2,82 cents US le litre en Europe pour s’établir à 8,01 cents US. L’entreprise attribue cette contre-performance à un taux de change défavorable pour l’euro et à la volatilité du marché du carburant.

Au cours d’une conférence avec les analystes, Brian Hannasch a précisé que la baisse du prix du pétrole a eu un effet sur les marges, car la chaîne d’approvisionnement compte plus d’étapes en Europe. «L’impact de la dépréciation des stocks a plus d’impact en Europe, ça paraît.»

 

Résultats inférieurs aux attentes

Malgré une augmentation des ventes de 8% à 20 G$ US, le bénéfice net de l’entreprise a diminué de 1,2% à 737,4 M$ US.

Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 74 cents US, par rapport à 70 cents US à la même période l’an dernier.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 79 cents US et des revenus de 20,1 G$ US, selon la firme de données financières Refinitiv.

Outre les marges du carburant en Europe, l’analyste Chris Li, de Desjardins Marché des capitaux, attribue l’écart entre le bénéfice et les prévisions aux marges dans les dépanneurs aux États-Unis et à des dépenses plus élevées liées à l’inflation. «Dans l’ensemble, nous croyons que ces vents contraires sont transitoires.»

L’action de Couche-Tard gagnait 1,31 cent, ou 2,15%, à 62,25 $ à la Bourse de Toronto, jeudi vers midi.

 

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