Bombardier: Éric Martel garde le cap

Publié le 08/02/2024 à 11:46

Bombardier: Éric Martel garde le cap

Publié le 08/02/2024 à 11:46

Par Denis Lalonde
Éric Martel

Éric Martel soutient que tous les segments de marché de Bombardier seront en croissance cette année. (Photo: Josée Lecompte)

Malgré des résultats supérieurs aux prévisions des analystes pour le quatrième trimestre de son exercice 2023, le titre de Bombardier reculait de 10% en fin de matinée à la Bourse de Toronto.

L’action de l’avionneur reculait de 5,42$, ou de 10,4%, à 46,69$ ce matin, alors que l’entreprise a affirmé qu’elle s’attendait à générer des flux de trésorerie dans une fourchette de 100 millions de dollars américains (M$US) à 400M$US cette année, alors que le consensus des analystes s’attendait à 552M$US.

À (re)lire: Bombardier: les 12 travaux d'Éric Martel

L’analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, était un peu plus modéré à 475M$US.

«Il faut bien comprendre qu’on travaille dans un environnement de chaîne d’approvisionnement qui est complexe. Nous avons livré beaucoup d’appareils (56) durant le quatrième trimestre et nous avons moins d’inventaires aujourd’hui. Nous vivons le double effet de devoir reconstruire nos inventaires cette année, tout en ayant des programmes en accélération pour l’an prochain», explique le président et chef de la direction de Bombardier, Éric Martel, en conférence téléphonique.

Le dirigeant précise que l’entreprise utilisera ses liquidités pour payer des frais d’intérêt, pour financer la modernisation de ses produits et pour regarnir ses inventaires. «Nous faisons des investissements qui vont nous rapporter des bénéfices à court terme, au quatrième trimestre de cette année et en 2025», ajoute-t-il.

Bombardier dit dépenser environ 300M$US annuellement dans la modernisation de ses produits.

Les liquidités de l’entreprise étaient de 1,8 milliard de dollars américains (G$US) au 31 décembre dernier, elles qui étaient de 1,6G$US un an auparavant.

Éric Martel n’a pas précisé si les cibles de flux de trésorerie prévus cette année allaient mettre en péril l’objectif de Bombardier de les gonfler à plus de 900M$US en 2025.

 

Bombardier tourne la page

Éric Martel a aussi expliqué que Bombardier avait «tourné la page» dans le dossier du projet d’aéronef multimission canadien (AMC) du ministère de la Défense du Canada pour remplacer les appareils CP-140 Aurora actuellement en service.

En novembre dernier, l’entreprise avait publié un communiqué dans lequel elle partageait sa déception devant la décision du gouvernement fédéral d’accorder le contrat à Boeing sans passer par un processus d’appel d’offres. Un contrat évalué à plus de 9 milliards de dollars.

«On a tourné la page. On était déçus. On continue de croire qu’on aurait pu, comme fiers Canadiens, avec un avion fabriqué ici, être capable de le faire. D’ailleurs, il y a d’autres pays qui ont de l’intérêt pour un avion très similaire à ce que le Canada souhaite acquérir. Éventuellement, il y aura d’autres occasions au Canada», philosophe le PDG.

D’ailleurs, ce dernier estime que les activités de Bombardier dans le secteur de la défense contribueront à la croissance de l’entreprise en 2024. «Les services après-vente vont croître également, ils apportent beaucoup de stabilité à notre modèle d’affaires. Tous nos segments de marché vont connaître de la croissance cette année et en 2025», affirme-t-il.

Bombardier prévoit livrer entre 150 et 155 appareils cette année, alors que l’analyste Seth M. Seithman, de JP Morgan, en attendait 144, comparativement à 142 pour Cameron Doerksen. Ce dernier précise que si elle atteint son objectif, l’entreprise aura atteint une cible qu’elle s’était fixée pour 2025, soit de livrer plus de 150 appareils par année.

 

Des cibles atteignables

En mars 2023, Bombardier a tenu une journée des investisseurs durant laquelle elle a relevé certains objectifs financiers pour 2025. À ce moment, la direction de l’entreprise se fixait les objectifs de générer des revenus supérieurs à 9G$US, un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) ajusté supérieur à 1,63G$US, une marge bénéficiaire d’environ 18%, des flux de trésorerie disponibles de plus de 900M$US et un ratio d’endettement net de 2 à 2,5.

Éric Martel se dit confiant que Bombardier pourra améliorer sa performance d’ici la fin de l’exercice 2025 pour atteindre ces cibles.

Pour l’exercice 2023, l’entreprise a dévoilé des revenus de 8G$US, un BAIIA ajusté de 1,23G$US, une marge bénéficiaire de 15,3%, des flux de trésorerie libres de 257M$US et un ratio d’endettement net de 3,3.

 

 

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