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À surveiller: Dollarama, BRP et Savaria

Jean Gagnon|13 septembre 2019

À surveiller: Dollarama, BRP et Savaria

(Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Dollarama, BRP et Savaria? Voici quelques recommandations qui pourraient influencer les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion différente de celle des analystes.

 

Dollarama (DOL, 48,14$): La priorité est sur l’achalandage

Le détaillant à petits prix québécois Dollarama vise surtout, actuellement, à augmenter l’achalandage dans ses magasins plutôt que de chercher à accroitre ses marges. C’est la conclusion que porte Keith Hewlett, analyste chez Desjardins, à la suite de la divulgation des résultats du deuxième trimestre de l’année financière 2020 de la société.

En conséquence, l’analyste réitère sa recommandation de «conserver» le titre et il réduit légèrement son cours cible de 49$ à 48$.

Au deuxième trimestre, Dollarama a réalisé des bénéfices par action dilués de 0,45$, ce qui s’avère inférieur à la prévision de 0,48$ de l’analyste de Desjardins. Les ventes des magasins comparables ont augmenté de 4,7%, stimulées par une hausse du traffic de 0,9% et de la grosseur du panier de 3,8%, note l’analyste.

Mais les marges brutes ont été affectées et ont baissé de 130 points de base. Quant aux dépenses générales et d’administration, elles augmentaient de 30 points de base. Toutefois, la direction indique qu’elle ne modifie pas sa prévision quant aux dépenses pour l’ensemble de l’année financière 2020.

Dollarama a pris certaines initiatives afin de stimuler ses ventes, constate l’analyste. Entre autres, elle offre sur ses tablettes un plus grand nombre de produits, comme des boissons et des collations de marques bien connues, à la fois pour consommation immédiate ou pour emporter, dit-il. De plus, elle semble avoir regroupé dans la fourchette de 1,25$ – 1,50$ les prix de ses sacs-cadeau, renversant ainsi une tendance qui la poussait vers des hausses de prix.

L’analyste conclut qu’il est intéressant que Dollarama ait pu augmenter le nombre de visites de ses clients en offrant de nouveaux produits attrayants. Sans aide de l’inflation, la grosseur du panier augmente, ainsi que le nombre de transactions. Mais le coût en est que les marges brutes sont sous pression. C’est ce qui l’incite à limiter sa recommandation à «conserver».

 

BRP (DOO, 52,01 $): Aucun signe tangible de ralentissement

BRP (DOO, 52,01 $): Aucun signe tangible de ralentissement

La firme de Valcourt tenait plus tôt cette semaine son activité Club BRP 2020, soit sa rencontre annuelle avec ses détaillants. Elle a profité de l’occasion pour présenter ses nouveaux produits Can-Am et Sea-Doo. La direction a aussi expliqué comment ces nouveaux produits s’intègrent dans sa ligne de production, et a fait part de nouvelles opportunités de marché qui se présentent à elles.

Cameron Doerksen, analyste à la Financière Banque Nationale, assistait à l’événement. Il a constaté que l’ambiance était positive, compte tenu que la direction et les distributeurs ne percevaient aucun signe tangible de ralentissement de la demande pour ce type de produits sportifs. La direction a même révélé que les ventes du mois d’août avaient été fortes, note l’analyste.

Le développement le plus intéressant du Club BRP 2020, selon l’analyste, est survenu lorsque la firme a expliqué qu’elle était en train de concevoir des véhicules fonctionnant entièrement à l’électricité. La direction révélait l’existence d’une série de véhicules conceptuels qui ont déjà fait l’objet de tests routiers. Bien que la commercialisation de ces produits à propulsion totalement électrique ne commencera pas avant quelques années, la direction prépare déjà ses distributeurs à cette éventualité, note l’analyste.

Tout aussi intéressant, ses concepts électriques s’appliqueraient également à des véhicules visant la mobilité urbaine, tels les motocyclettes et les scooters. Si BRP pénétrait éventuellement ce marché, il s’agirait pour elle d’un nouveau segment d’affaires qui offre un potentiel de croissance important, tout en état moins cyclique que le marché traditionnel des véhicules sportifs, affirme l’analyste.

Sa recommandation est «surperformance» et son cours cible est de 51$. Il reconnait toutefois que le risque d’un possible ralentissement économique pourrait peser sur le cours de l’action.

 

Savaria (SIS, 12,20 $): Sur la bonne voie

Savaria (SIS, 12,20 $): Sur la bonne voie

À la suite d’une journée de rencontres avec la direction de Savaria, Frederic Tremblay, analyste chez Desjardins, concluait que les principaux éléments de la stratégie de développement du manufacturier de plateformes élévatrices, sièges d’escaliers, ascenseurs résidentiels et véhicules adaptés destinés aux personnes à mobilité réduite allait dans la bonne direction.

Somme toute, les rencontres lui permettent de réaffirmer son opinion positive envers le titre, dont il recommande l’achat en vue d’un cours cible de 17$.

Le titre se négocie présentement à 9,9 fois les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) pour l’année 2020 que prévoit l’analyste de Desjardins. La moyenne historique est de 13,4 fois. L’analyste y voit donc une occasion d’achat irrésistible. Plusieurs initiés ont acheté des actions au cours des dernières semaines, rapporte-t-il.

Bien que le ratio dette nette/BAIIA de la firme est inférieur à 1, l’analyste ne prévoit pas qu’elle procédera à une acquisition d’envergure en 2019, se concentrant plutôt sur l’intégration des acquisitions précédentes.

Mais lorsque le moment sera venu, l’analyste croit que le processus se déroulera de façon plus souple que par le passé. D’abord, la direction aura appris de ses transactions récentes. De plus, elle n’aurait aucune intention d’acheter des entreprises dont la performance n’est pas déjà établie. Enfin, elle se promet de communiquer clairement ses objectifs de synergie aux intervenants sur les marchés, autant quant à leur ampleur qu’au temps qu’il faudra pour les mettre en place.

L’attention portée à l’intégration de Garaventa semble porter ses fruits, note l’analyste. Avant d’être acquise par Savaria, la firme de Manchester, dans le New Hampshire, générait une marge bénéficiaire d’environ 8,5%. Au dernier trimestre, cette marge a atteint 9,4% et la société prévoit 10-11% pour l’ensemble de l’année. L’objectif dans 2-3 ans est d’atteindre une marge de 15%.