La reconnaissance de nos PME en TI, plus facile à l'étranger qu'ici


Édition du 27 Août 2016

La reconnaissance de nos PME en TI, plus facile à l'étranger qu'ici


Édition du 27 Août 2016

[Photo : Shutterstock]

Le Québec est touché par l'engourdissement de l'économie mondiale, et ses exportations en souffrent. Malgré un léger bond en juin, la valeur des exportations a diminué de 1,3 % au cours du premier semestre 2016 par rapport à la période correspondante en 2015.

Est-ce à dire que les entreprises d'ici peinent à se faire valoir à l'international ?

Ça dépend. Pas dans le milieu des technologies de l'information et des communications (TIC), en tout cas.

Prenez Abilis Solutions. Cette PME de Montréal est spécialisée dans la production et la mise en place de systèmes informatiques pour la gestion des fiches des prisonniers pendant et après leur détention.

Marginal et limité, diriez-vous ? Pas du tout ! À la mi-août, Abilis annonçait avoir reçu le mandat de gérer ainsi les détenus de Canberra, la capitale de l'Australie ! On y trouve 500 personnes emprisonnées en fonction des lois fédérales australiennes.

Du point de vue du Québec, on ne peut pas aller plus loin sur terre : c'est carrément aux antipodes. Auparavant, Abilis avait reçu le mandat du Tennessee, aux États-Unis, d'encadrer ses quelque 30 000 prisonniers. «Nous avons la ferme intention de devenir le numéro un mondial dans le domaine», dit Éric Le Goff, président et cofondateur d'Abilis Solutions.

Son entreprise n'est pas la seule à se distinguer. Bien des PME du genre ont compris l'astuce : elles visent des niches précises.

«C'est l'une des raisons du succès des PME en TIC», dit Alain Lavoie. Il est bien placé pour en parler. Autrefois président de Techno Mont-réal (le regroupement des acteurs en TIC dans la région métropolitaine), il siège au conseil de la Fédération des chambres de commerce du Québec et à celui de l'Association québécoise des technologies.

Bref, il est branché. Ah oui : il est également président et cofondateur d'Irosoft, une autre PME en TIC qui travaille, elle, à la gestion informatisée de documents dans des créneaux ciblés, dont tout ce qui a trait aux questions juridiques. Un de ses marchés de pointe : les États des Caraïbes !

Des niches, des employés hautement qualifiés et une concurrence limitée dans les secteurs en question, car ils sont à l'écart des grands marchés lucratifs que convoitent les multinationales : à ses yeux, ce sont là les principaux facteurs qui expliquent le succès de ces PME québécoises qui rayonnent dans le monde.

Autrement dit, elles se font valoir plus par leur inventivité et leur agilité que par leur taille.

Ce qui ne veut pas dire qu'elles soient condamnées à rester petites.

Prenez Giro. Sans conteste, cette PME montréalaise figure parmi les leaders mondiaux en matière de conception et de gestion de systèmes pour la gestion des réseaux de transport en commun. Elle a des clients dans 26 pays.

Son plus récent contrat, annoncé au début de juillet, concerne le métro de Santiago, au Chili. Plus tôt au printemps, il y avait eu la Ville de Pittsburgh, aux États-Unis, puis l'État du Queensland, en Australie, et Ottawa, cliente de Giro depuis 1989... Giro compte aujourd'hui 350 employés. Quand il est question de PME, elle s'apparente davantage au M qu'au P du sigle. L'effectif continue de croître, ce qui devient problématique : comment trouver le personnel de haut niveau pour appuyer un tel développement ? Ce débat n'est pas nouveau. Les PME québécoises qui travaillent dans des secteurs de pointe se disputent les gens compétents... quand elles ne se les font pas ravir par de grandes entreprises qui finissent par leur offrir la lune.

Ce n'est pas le seul obstacle. Il y a aussi la question de la reconnaissance locale.

Giro obtient des contrats au Canada. C'est bien. Alain Lavoie me signalait lui aussi qu'Irosoft avait pu prendre son envol grâce à de premiers mandats attribués par la Ville de Québec et le gouvernement du Québec.

Tant mieux. Mais c'est malheureusement plus souvent l'exception que la règle. J'avais signalé dans une chronique publiée plus tôt l'histoire d'Optosecurity, cette firme de Québec dont les appareils de détection sophistiqués (scanners) permettent d'accélérer le contrôle des voyageurs dans les aérogares. Elle en a installé un peu partout dans le monde, y compris à Schiphol, l'aéroport ultra-achalandé d'Amsterdam, aux Pays-Bas... Mais silence radio au Canada. Pas moyen de se faire valoir ici.

C'est encore souvent le cas pour nos PME. Nul n'est prophète en son pays.

Les systèmes proposés par Abilis Solutions n'ont pas encore trouvé preneur au Canada. C'est dommage. Non seulement permettent-ils de suivre les activités des détenus à l'intérieur des prisons, mais ils contribuent aussi à ce que leur mise en liberté s'effectue selon les règles. Ces systèmes aident ensuite à leur suivi pendant la période de libération conditionnelle.

Utiles ? Assurément. Mais on peut encore se demander pourquoi ce genre de solutions n'est pas automatiquement retenu ici. Comme s'il fallait défoncer des portes qui devraient normalement être largement ouvertes.

Ce serait pourtant une excellente carte de visite pour conquérir l'étranger, alors même que le Québec comprend plus que jamais que le salut de son économie passe par le fait d'aller continuellement grignoter des parts du vaste marché international...

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