Certaines entreprises voient leurs revenus d'intérêts exploser

Publié le 19/05/2023 à 14:00

Certaines entreprises voient leurs revenus d'intérêts exploser

Publié le 19/05/2023 à 14:00

Warren Buffett

La société Berkshire Hathaway, dirigée par Warren Buffett, a vu ses revenus d'intérêts grimper considérablement depuis un an. (Photo: Getty Images)

EXPERT INVITÉ. Il y a un élément que je remarque dans les récents résultats de quelques-unes de nos sociétés en portefeuille: les revenus d’intérêts des entreprises qui disposent de beaucoup d’encaisse ont littéralement explosé.

C’est un élément que Warren Buffett a souligné lors de la récente assemblée annuelle de Berkshire Hathaway (BRK.B, 330,62$ US) lorsqu’il a présenté les faits saillants des résultats de la société qu’il dirige au premier trimestre 2023: «L’an passé à pareille date, nous obtenions l’équivalent de 4 points de base (0,04%) sur notre encaisse de près de 125 milliards de dollars américains (G$) ; maintenant, nous obtenons près de 5% sur notre encaisse de près de 130G$». Si vous faites le calcul, ça veut dire qu’en près d’un an, les revenus d’intérêt annualisés de la société sont passés d’environ 50M$ à près de 6,5G$. Ce ne sont pas des pinottes!

La hausse marquée des taux profite aux sociétés en bonne santé financière. Celles qui ont peu ou pas de dette ne seront pas affectées outre mesure par la hausse des taux ; celles qui ont une encaisse importante verront leurs revenus d’intérêts augmenter.

En plus de Berkshire Hathaway, au moins deux autres exemples me viennent à l’esprit parmi nos sociétés en portefeuille: Copart (CPRT, 88,33$ US) et Enghouse Systems (ENGH, 37,24$).

Dans le cas de Copart, à son plus récent trimestre clos le 30 avril dernier, son bilan affichait une encaisse d’un peu plus de 2,1G$ et une dette de seulement 22,4M$, pour une encaisse nette de près de 2,1G$. Or, dans l’état des résultats du trimestre, le poste «revenus nets d’intérêts» (dépense) est passé de (4,5M$) à 17,9M$. J’estime que ce revirement a contribué pour près de 28% à la croissance des bénéfices par action (de 20,7%) enregistrée au trimestre par rapport à la même période un an plus tôt.

Quant à Enghouse, à son plus récent trimestre clos le 31 janvier 2023, la société disposait d’une encaisse de 250,7M$ et n’avait aucune dette. Au trimestre, ses revenus d’intérêts ont atteint 976 000$ par rapport à 129 000$ au même trimestre de l’an dernier. Si les taux offerts sur l’encaisse demeurent stables, il y a lieu de croire que ces revenus pourraient continuer d’augmenter dans les prochains trimestres.

Au cours des nombreuses dernières années, les entreprises possédant une importante encaisse étaient en quelque sorte pénalisées. C’est pourquoi la plupart des entreprises n’ont pas conservé une telle encaisse et se sont plutôt endettées — pourquoi ne pas profiter de taux d’intérêt historiquement bas?

Aujourd’hui, les sociétés qui ont été prudentes et patientes au cours des dernières années, comme c’est le cas de Copart, de Berkshire Hathaway et de Enghouse, sont à mon avis en position de force: elles disposent de beaucoup de capital. D’ici à ce que ces entreprises investissent ce capital, elles continueront d’être récompensées par des revenus d’intérêts sur leur encaisse beaucoup plus attrayants que par le passé.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100 et auteur du livre Avantage Bourse 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100+. Il est également l’auteur du livre Avantage Bourse et coauteur de La Bourse ou la Vie.

Philippe Leblanc
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