Employeurs, et si vous vous souciiez (enfin) des employés malentendants...

Publié le 21/11/2019 à 06:06

Employeurs, et si vous vous souciiez (enfin) des employés malentendants...

Publié le 21/11/2019 à 06:06

Une difficulté souvent invisible aux yeux des autres... (Photo: Mimi Thian/Unsplash)

BLOGUE. Au Canada, la perte auditive touche 2 adultes sur 5, selon les données de Statistique Canada. Et ce sont ainsi 10% des employés qui vivent avec une déficience auditive suffisamment élevée pour représenter un obstacle dans leur quotidien au travail. Un obstacle fort souvent «invisible» aux yeux de leurs collègues.

Mais de quoi parle-t-on au juste lorsqu’on avance le terme de «déficience auditive»? Marie-Hélène Tremblay, directrice générale, de l’Association des personnes avec une déficience de l’audition (Apda), explique qu’une personne malentendante a «une surdité qui peut varier de légère à profonde, à une ou deux oreilles, qui entraîne des problèmes de compréhension et une incidence sur les plans personnel, relationnel ou social». Autrement dit, il s’agit d’une personne qui peut avoir besoin de regarder les lèvres de son interlocuteur pour saisir tout ce qu’il lui dit, ou encore qui peut être amenée à mal entendre ce qui lui est dit dans une ambiance de travail bruyante, sans parler de diverses difficultés à l’occasion d’une discussion téléphonique.

On le voit bien, ces employés-là se trouvent pénalisés dans différentes situations fréquemment rencontrées dans le cadre du travail, et pourraient fort bien ne plus l’être tant que ça si l’employeur en tenait vraiment compte. C’est du moins ce qui ressort d’un guide pratique pour les entreprises que vient de lancer L’Apda, intitulé «10 bonnes pratiques pour rendre accessible votre entreprise aux personnes malentendantes», sur lequel a notamment travaillé Kim Auclair, une entrepreneuse, blogueuse et conférencière couronnée de succès, qui est elle-même sourde de naissance.

Ce guide indique en effet aux entrepreneurs comment s’y prendre pour faciliter la vie des personnes malentendantes, qu’il s’agisse d’employés ou de clients. Un exemple lumineux : «Au service au volant du Tim Hortons de Stoneham-et-Tewkesbury, une mention près de l’interphone incite les personnes malentendantes à faire part de leur surdité», y est-il mentionné.

On y trouve également une poignée de conseils pratiques destinés à améliorer le quotidien des employés malentendants, des habitudes de vie que l’employeur gagnerait à communiquer à l’ensemble de leurs employés :

1. Parlez une personne à la fois, autant que possible.

2. Parlez face à face dans un endroit éclairé et ne vous couvrez pas la bouche (avec votre main, un crayon, un cellulaire, etc.)

3. Parlez clairement et pas trop rapidement. Ni plus fort ni trop lentement. Utilisez un débit normal.

4. Réduisez les bruits de fond.

5. Misez sur l’écrit, à l’aide notamment de suivis par courriels ou textos.

6. Avisez votre interlocuteur du sujet de la discussion à l’avance.

7. Assurez-vous de la bonne compréhension du message, en demandant à l’autre de résumer ce qui a été dit. Au besoin, complétez avec les informations manquantes. Et n’hésitez pas alors à répéter le tout, en synthétisant le message.

8. Si nécessaire, rédigez le message ou faites un dessin.

9. Au besoin, demandez à l’employé malentendant comment vous pourriez améliorer la communication.

Voilà. De tels changements ne sont pas complexes à mener à bien. Loin de là. Alors, pourquoi vous en priver? D’autant plus que nombre de ces conseils sont tout à fait pertinents avec n’importe quel employé, malentendant ou pas : on est toujours gagnant à soigner la communication avec autrui…

«En tant qu’employeur, vous améliorerez ainsi la qualité de vie de vos employés, de tous vos employés. Ce qui est toujours bénéfique», souligne Mme Tremblay.

Bref, à vous de jouer! Sans tarder. Car – qui sait? – peut-être êtes-vous en train de perdre un précieux talent qui souffre de plus en plus, en silence, de difficultés dues à une récente perte d’audition et qui songe à aller voir ailleurs si l’ambiance de travail n’est pas moins bruyante, pour ne pas dire plus plaisante…

En passant, le vizir de l’Égypte antique Ptah hotep disait : «Celui qui sait écouter deviendra celui qu’on écoute».

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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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