Et si les technologies étaient la solution... à l'obsession technologique?

Publié le 21/06/2023 à 10:00

Et si les technologies étaient la solution... à l'obsession technologique?

Publié le 21/06/2023 à 10:00

Depuis les balbutiements de la 4e révolution industrielle (ou manufacturier 4.0), l’émerveillement provoqué par les technologies numériques, dites exponentielles, a pris toute la place. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Depuis les balbutiements de la 4e révolution industrielle (ou manufacturier 4.0), l’émerveillement provoqué par les technologies numériques, dites exponentielles, a pris toute la place. Comme quoi les technologies semblent être perçues comme la réponse à toutes les ambitions ou problématiques reliées à la quête d’efficacité, de productivité et au sens plus large de la compétitivité des entreprises. On serait presque dans une espèce d’obsession technologique.

Cette approche technologique mur à mur a fait en sorte qu’on a oublié l’humain. Or, ce dernier doit être au centre de la transition numérique en cours, sans oublier la réduction de l’empreinte climatique du secteur manufacturier qui demande une attention pressante.

J’espère vous avoir convaincu dans mes précédents blogues que la réussite de la transformation numérique exigera un équilibre entre les trois.

C’est pourquoi INDUSTRIE 5.0 doit maintenant être la nouvelle norme si on veut accélérer et réussir la numérisation de l’économie manufacturière.

Les technologies 5.0 à la rescousse

Cela dit, se pourrait-il que la technologie elle-même soit la réponse à ce besoin d’équilibre?

Est-il possible d’identifier des technologies numériques qui iraient plus loin que le simple souci de compétitivité?

Enfin, peut-on imaginer l’existence de véritables technologies 5.0, incluant celles qui ont également des impacts positifs pour l’humain ou l’environnement?

Vous serez heureux de savoir que j’ai débusqué un groupe de quatre technologies en partie grâce aux travaux de la Commission européenne.

Je vous les présente avec l’enthousiasme du chercheur d’or :

1.Interaction individualisée personne-machine

2.Biométisme et matériaux intelligents

3.Jumeaux numériques et simulation

4.Technologies de transmission, de stockage et d’analyse + efficacité énergétique et énergies renouvelables

1.Interaction individualisée personne-machine

Les premières technologies 5.0 sont reliées à l’interaction entre l’humain et le robot. Ces technologies soutiennent et renforcent l’humain en alliant ses atouts créatifs et ses compétences non techniques (« soft skills ») à la force physique, analytique et cognitive de la machine.

Ici, la personne et la machine sont harmonieusement ensemble aux premières loges, ce qui valorise grandement l’humain.

Les robots collaboratifs sont aussi maintenant très sécuritaires pour leurs collègues de travail humanoïde grâce à leurs capacités de reconnaissance des gestes (capteurs) et de prédiction des intentions.

Les technologies de dépistage permettent même de détecter le stress mental et la fatigue physique des humains. Serions-nous déjà rendus à l’ère de la machine bienveillante?

Étant donné que la transition numérique exigera la requalification de centaines de milliers de travailleurs québécois, cette mise à niveau s’en trouvera facilitée et enrichie par les technologies de réalité virtuelle et augmentée.

En somme, le duo humain-machine s’inscrit maintenant à l’enseigne d’une collaboration sécuritaire, de l’exploitation des complémentarités et synergies, de l’augmentation des capacités de l’humain par la machine et de son bien-être.

2.Biométisme et matériaux intelligents

La progression des technologies reliées aux matériaux avancés qui avantagent l’humain et la planète ne cesse de surprendre. On parle de matériaux plus légers, ergonomiques, résistants, retraçables et recyclables.

On hausse la barre avec les matériaux connectés, intelligents, antimicrobiens et autoréparables.

Une coche de plus s’ajoute avec des technologies permettant de purifier les eaux usées à l’aide de matières vivantes qui détectent et neutralisent les polluants dans l’eau potable.

3.Jumeaux numériques et simulation

La fabrication de prototypes est une pratique courante en milieu manufacturier impliquant l’utilisation de matières et de ressources ayant des impacts environnementaux et sur la santé-sécurité des équipiers.

Heureusement, les jumeaux numériques permettent de réaliser des tests et des simulations virtuelles, mais sans la nécessité de fabriquer des prototypes.

On peut même mesurer et simuler les impacts sociaux et environnementaux.

4.Transmission, stockage, analyse et optimisation

On parle ici des technologies 5.0 du type capteurs en réseau et infonuagique sécuritaire avec traçabilité permettent une plus grande efficacité énergétique ainsi que des transmissions et stockages de données plus sécuritaires pour l’humain et l’entreprise.

S’y ajoutent, les technologies zéro émission via l’utilisation d’énergie renouvelable, sans parler des transmissions et des analyses de données à faible utilisation énergétique.

Le meilleur de tous les mondes

On a plus à rêver d’un environnement technologique centré sur l’humain, qui priorise le bien-être et la diversité, l’équité et l’inclusion sous toutes ses formes. On est presque devant le fait accompli pour ceux et celles qui partagent cette vision.

Idem pour la quête d’une circularité dès la conception d’un produit, de matériaux avancés intelligents plus durables, d’une gestion de l’énergie plus efficace et de sources énergétiques plus vertes.

Oui, il semble qu’on peut avoir le meilleur de tous les mondes à l’aide des technologies 5.0.

Alors, qu’est-ce qu’on attend pour en tirer profit ?

 

 

À propos de ce blogue

Louis J. Duhamel est un stratège d’affaires passionné de l’économie du Québec, qui cherche à simplifier la complexité et débusquer les vrais enjeux qui demandent attention. Il a été associé dans deux grands cabinets-conseils avant de fonder son propre cabinet. Il a dirigé un grand nombre d’exercices de planification stratégique et de refonte de modèles d’affaires pour des entreprises et organismes œuvrant dans des secteurs variés. Il a dirigé de nombreuses études afin de constituer des bases factuelles robustes en appui à des décisions stratégiques critiques d’organisations diverses. Sa chronique « À géométrie variable » souligne l’importance de savoir s’adapter selon les circonstances et les changements fréquents afin de contrer les menaces et saisir les opportunités à l’horizon.

Louis J. Duhamel

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