Les 18-24 ans boudent l'achat local

Publié le 01/05/2017 à 08:54

Les 18-24 ans boudent l'achat local

Publié le 01/05/2017 à 08:54

Vous voulez vendre aux Milléniaux? Ils n’existent pas! Il y a les 18-24 ans et les 25-30 ans. Et le premier groupe s’avère, pour l’instant, un véritable casse-tête. Sont-ils des consommateurs plus responsables que leurs aînés? Et si oui, est-ce conjoncturel ou structurel? Fabien Durif, cofondateur et directeur de l’Observatoire de la consommation responsable, s’est penché sur leur cas. Je l'ai rencontré lors de la conférence Infopresse "Génération Milléniaux". Voici ses constats.

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Premier constat: déconsommation, transport collectif et consommation collaborative

Les 18-24 déclarent qu’ils réduisent volontairement leur consommation. La question: est-ce idéologique ou économique?

Cette déconsommation se poursuivra-t-elle lorsque les 18-24 ans auront terminé leurs études? On peut se poser la même question pour leur inclinaison vers le transport collectif. Ces comportements sont-ils subis ou assumés?

Quant à leur goût de la consommation collaborative, on ne peut pas l’associer à la consommation responsable. «Le principal déclencheur de la consommation collaborative, peu importe la catégorie d'âge, n’est pas la conviction de la mutualisation, souligne Fabien Durif, qui est aussi coauteur de la première étude canadienne sur l’économie de seconde main. Nous sommes plutôt dans un rapport économique de qualité/prix. L’autre déclencheur de la consommation collaborative, surtout chez les plus jeunes, c’est son degré de coolitude

«Si je dirigeais une entreprise classique, je m’inquiéterais de la popularité de la consommation collaborative, commente Fabien Durif. Et je tenterais de comprendre où va nous mener cette tendance dans cinq ou dix ans. Prenez les assureurs, quels biens vont-ils assurer si les jeunes n’achètent ni voiture ni maison?» L’assureur français MAIF fait partie de ceux qui s’en préoccupent. Il a créé un fonds de 125M d’euros pour financer des projets dans l’économie collaborative, l’innovation et le numérique. MAIF finance, entre autres, OuiShare, la communauté internationale dédiée à l’économie collaborative.

Second constat: l’achat local ne branche pas les 18-24 ans

Les logos du type, «Fait au Québec» et «Achat Québec» laissent les 18-24 ans plutôt indifférents, constate Fabien Durif. Il semble que, pour eux, consommation responsable et achat local ne vont pas naturellement de pair. Pourquoi? Le chercheur avance quelques pistes. C’est peut-être une question d’image. «Il est possible que l’achat local n’ait pas la même cote auprès de leurs pairs que l’achat vert et équitable.» Est-ce uniquement une question d’âge? Faut-il attendre que les 18-24 ans vieillissent pour qu’ils se convertissent aux vertus de l’achat local? Pour l’instant, ce sont les 65 ans et plus qui valorisent surtout l’achat local. Ou bien les campagnes imaginées par le MAPAQ et autres organismes ont-elles simplement besoin d’être modernisées? Faut-il carrément revoir le contenu du message? Ou faut-il attendre que les 18-24 ans vieillissent pour qu’ils se sentent interpellés? « Je ne crois pas qu’il faille attendre d’avoir la réponse. Il semble pertinent de creuser ce phénomène maintenant », estime Fabien Durif.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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