Ce que la mission économique Couillard en Chine ne dit pas

Publié le 31/10/2014 à 14:59

Ce que la mission économique Couillard en Chine ne dit pas

Publié le 31/10/2014 à 14:59

La mission économique du ministre Couillard en Chine s’achève aujourd’hui. Ma collègue Suzanne Dansereau a suivi cette mission qui visait à nouer des liens plus étroits entre les entreprises québécoises (139 faisaient partie du voyage) et les entreprises chinoises. Cela bien sûr, afin de signer des contrats et augmenter les exportations québécoises. Vous pouvez lire les compte-rendus de Suzanne sur le site lesaffaires.com.

Mais en marge de l’économie qui se déroule sur le terrain - où il est question de contrats, de croissance, d’emplois et d’argent sonnant - il y a la macro-économie. La macro-économie c’est le contexte dans lequel une entreprise mène affaires. Le type de gouvernement au pouvoir, les conditions socio-économiques de la population, le niveau de stabilité politique et sociale, le niveau de corruption, la robustesse du système financier, etc,

Justement… parlant du système financier chinois. On apprend aujourd’hui que la China Industrial & Commercial Bank of China (ICBC), la plus grande banque en Chine – et au monde - affiche la croissance le plus importante de ses mauvais prêts depuis 2006. Ce sont les prêts que les débiteurs n’arrivent pas rembourser. Ceci prive la banque de liquidités pour effectuer d’autres prêts. Et affecte son bilan.

On s’attend à ce que la ICBC connaisse sa plus faible croissance des profits depuis 2001.

Ce n’est pas tout. Toutes les banques chinoises ont vu leurs prêts non-performants augmenter. Le niveau a grimpé de 9 % au cours du dernier trimestre. Pendant ce temps, le niveau de revenu des banques chinoises a augmenté de 7,7%.

Le système financier est le talon d’Achille de l’économie chinoise. Il y a la surchauffe immobilière. Voilà des années que le marché carbure à la construction immobilière. Voilà que la bulle spéculative semble prête à exploser n’importe quand. Or, une portion importante des actifs bancaires se compose de prêts immobiliers.

Et puis, au cours des dernières années, les gouvernements locaux ont beaucoup emprunté pour réaliser des projets d’infrastructures. Il y a eu surenchère d’une région à l’autre. Aujourd’hui, ces mêmes gouvernements locaux n’arrivent plus à rembourser. Ajoutez à cela que l’économie chinoise tourne au ralenti. Evidemment, lorsqu'on compare avec les niveaux de croissance de l'économie nord-américaine, on se dit qu'll n'y a pas de quoi fouetter un chat.  Mais le ralentissement de l'économie chinoise peut avoir un impact important sur la capacité de rembourser des entreprises locales habituées à des volumes d’affaires plus importants. Et des entreprises étrangères qui ont effectués leurs emprunts, elles aussi, en fonction d’une croissance de 8%.

Bref, à tous les entrepreneurs et dirigeants que les multiples annonces de contrats chinois de cette semaine font rêver, il est bon de rappeler que l’économie se compose à la fois de la micro-économie et de la macro-économie.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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