Dermadry : même en pleine canicule, cette start-up montréalaise élimine la sueur excessive

Publié le 19/07/2019 à 07:00

Dermadry : même en pleine canicule, cette start-up montréalaise élimine la sueur excessive

Publié le 19/07/2019 à 07:00

La technologie de Dermadry. (Image courtoisie)

Parlez-en à tous ces entrepreneurs qui se sont lancés en affaires : il y a plein de raisons pour le faire. Certains sont motivés par le profit. D’autres, par un besoin de changer les choses. D’autres encore veulent améliorer le sort des gens autour d’eux. Maxime Calouche, Nicolas Jolicoeur et Mathieu Mireault faisaient carrière en finance et en marketing avant de se tourner du côté des technologies médicales et devenir cofondateurs de Dermadry. Leur but était de résoudre une situation qui affectait l’un d’entre eux : la sudation excessive ou hyperhidrose. Dans le sous-sol d’un des trois partenaires, ils se sont lancés dans la production d’une machine à ionophorèse qui afin de corriger ce problème.

«Ça a commencé par des bols en aluminium connectés à des batteries, puis trois ans et plusieurs nuits blanches plus tard, c’est devenu un appareil médical approuvé par Santé Canada», se rappelle Mathieu Mireault, qui s’occupe du marketing pour Dermady. «On fait partie des quelque 250 fabricants d’appareils médicaux approuvés au Québec, mais on doit être les plus jeunes!»

En termes simples, leur machine à ionophorèse est une technologie réduisant à presque rien la sueur abondante qui se forme sur les mains, les pieds et sous les aisselles, pour une foule de raisons. Ça peut sembler banal, mais cette sudation excessive est extrêmement embarrassante pour ceux qui en souffrent. Au minimum, c’est un désagrément, même dans un contexte normal, comme pendant la pratique intensive d’un sport de performance.

Ça peut s’avérer plus grave si, par exemple, vous êtes un(e) professionnel(le) qui angoisse et qui transpire un peu trop au moment de faire une présentation déterminante devant des collègues, des patrons ou des investisseurs…

Le Canada, après le monde

Selon les gens de Dermadry, 5 pour cent de la population souffre officiellement d’hyperhidrose, ce qui rend leur marché assez concis, mais tout de même fort attrayant, pour une entreprise qui fabrique le seul appareil au pays à être homologuée pour traiter ce problème. Il existe bien des solutions plus simples, comme des onguents topiques, des médicaments oraux ou même le botox (!), mais toutes comportent leur lot d’effets secondaires incertains qui en fait hésiter plus d’un.

La preuve? En huit mois, Dermadry a déjà vendu assez de ses appareils au pays pour être profitable, assurent ses dirigeants. Selon leurs essais cliniques, 92,9% des gens ayant utilisé leur système ont noté une amélioration sensible de leur condition. L’appareil se vendant au tiers du prix des modèles utilisés par les médecins et autres fournisseurs de services médicaux, c’est une statistique fort convaincante…

Grâce notamment à un appui de la Société internationale d’hyperhidrose, Dermadry est aujourd’hui présente dans une quarantaine de marchés dans le monde, mais la jeune pousse de 30 employés située à St-Léonard, au nord de Montréal, attend l’homologation de la FDA américaine pour se lancer plus concrètement dans une commercialisation internationale. «Notre stratégie est simple : il faut informer les gens sur l’existence du problème qu’est l’hyperhidrose, et sur le fait qu’il existe une solution simple, qui est la nôtre», conclut M. Mireault.

C’est, en un mot, une petite histoire de succès commercial alliant entrepreneuriat, audace et… technologies médicales.

L’essor des technologies médicales

Dans le secteur de la santé, toutes les nouvelles technologies sont, en un sens, vouées à un marché de niche. Ça n’empêche pas ce secteur d’être considéré dans son ensemble tant par les investisseurs que par plusieurs entrepreneurs en série, qui ne cherchent qu’une porte d’entrée pour y faire une percée.

Convaincre les médecins ou les hôpitaux d’adopter de nouvelles pratiques est toujours plus simple quand on a réussi à le faire une première fois. Sinon, bonne chance. Ce n’est pas nous qui le disons, ce sont des gens qui tentent actuellement de faire leur place dans ce créneau, qu’il s’agisse de numériser et d’accélérer les transactions entre un patient et son médecin, ou de détecter plus rapidement encore les signes précurseurs de cancer ou d’Alzheimer.

Santé Canada s’éveille tranquillement à cette évolution en accéléré. Ça peut prendre la forme d’une technologie comme celle de Dermadry, à utiliser dans un cas précis, jusqu’à celle, plus préventive et ad hoc, développée par Apple dans sa plus récente Apple Watch, qui peut alerter les gens d’un rythme cardiaque irrégulier.

Notez qu’une autre entreprise montréalaise, Hexoskin, est elle aussi dans le créneau des technologies de la santé avec sa camisole connectée éponyme.

Toutes ces entreprises jumelées sont à la chasse d’un marché qui vaudra plus de 200 milliards de dollars US d’ici cinq ans, en Amérique du Nord seulement, selon les plus récentes projections à ce sujet.

Pas étonnant, dans ce contexte, que ce soit un marché bouillonnant. De quoi attiser l’intérêt des investisseurs et faciliter la création de nouvelles entreprises. Une somme qui pourrait provoquer des bouffées de chaleur chez bien des entrepreneurs. De quoi provoquer des sueurs dans le dos.

Et même sous les bras, sur les mains et les pieds, et ainsi de suite.

Mais pour ça, au moins il existe désormais une solution…

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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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