Une Réserve mondiale durable

Publié le 11/02/2011 à 00:00, mis à jour le 14/02/2011 à 13:44

Une Réserve mondiale durable

Publié le 11/02/2011 à 00:00, mis à jour le 14/02/2011 à 13:44

Par Pierre Théroux

[Visuels : Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka]

Le spectacle est saisissant. Alors que le kayak glisse sur le fleuve Saint-Laurent, calme en cette matinée d'août, des marsouins surgissent autour, presque à portée de main. Un peu plus loin, un petit rorqual sort des eaux froides.

Sur un territoire de 54 800 km2, s'étendant de Pessamit à Baie-Trinité le long du littoral, jusqu'aux confins de l'arrière-pays où la forêt boréale devient la taïga, se trouvent aussi des trésors naturels comme les monts Groulx, l'Île René-Levasseur et l'un des plus grands cratères de météorite sur la planète, visible de la lune.

Pas étonnant, donc, que l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) ait été séduite au point de faire figurer il y a trois ans, Manicouagan-Uapishka parmi ses plus de 500 Réserves mondiales de la biosphère.

Outre l'unicité de cet écosystème, l'UNESCO a aussi approuvé les démarches en vue d'adopter une approche de développement durable, souligne Jean-Philippe Messier, directeur de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka.

" Il a fallu sensibiliser les entreprises, d'abord en détruisant un mythe : une réserve mondiale n'est pas synonyme d'aire protégée. Elle n'interdit pas le développpement économique, mais elle souhaite le permettre en favorisant le développement durable ", précise-t-il.

Sur un territoire qui regroupe déjà neuf ouvrages hydroélectriques, dont Manic-5, et un bon nombre d'entreprises oeuvrant dans le secteur des industries minières, forestières et de l'aluminium, la tâche n'est pas mince. L'organisme avait notamment convaincu Kruger de modifier certains aménagements forestiers et travaux de coupe à proximité des monts Groulx, pour ne pas nuire au paysage ni aux activités touristiques. Depuis, pour diverses raisons, l'entreprise s'est retirée du territoire.

Toutes les discussions sont basées sur une approche coopérative et volontaire. Par exemple, " on ne peut pas interdire à des promoteurs d'installer des éoliennes ou d'exploiter des mines ", dit-il.

Le territoire de la Réserve mondiale compte environ 34 000 habitants, dont la plupart habitent Baie-Comeau.

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