Transformation numérique: la fin du bordel informatique?

Publié le 03/09/2019 à 10:45

Transformation numérique: la fin du bordel informatique?

Publié le 03/09/2019 à 10:45

Par Pascal Forget
Un drapeau du Québec.

(Photo: LesAffaires.com)

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) offre sa collaboration au ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale pour trouver des solutions aux problèmes liés au lancement du portail d'authentification des citoyens Accès UniQc.

«On veut internaliser notre expertise, pour ne plus dépendre de firmes externes ou de consultants pour l’évaluation et la planification des projets», explique Éric Caire, le ministre délégué à la Transformation numérique.

La consultation pourra toutefois être utilisée quand le niveau d’expertise demandé sera trop pointu, ou utilisé irrégulièrement.

Le syndicat salue également les efforts du ministre pour attirer et conserver la main d’œuvre qualifiée nécessaire en informatique au gouvernement. L’aspect salarial, qui devra être discuté avec les syndicats, n’est pas suffisant.

Pour motiver la main d’œuvre, M. Caire tient à ce que les projets emballants soient octroyés en interne, pas à des consultants. «Les défis de la transformation numérique du gouvernement sont nombreux et variés. Pour ceux qui ont envie de tripper, on a des projets», lance le ministre.

Les environnements de travail seront aussi à revoir, en utilisant des modèles de gestion plus modernes, particulièrement pour attirer les jeunes.

Dans le domaine de la technologie, où tout bouge très vite, il sera aussi nécessaire maintenir un niveau de compétences très élevé. D’où l’importance du partenariat avec l’Académie des transformations numériques de l’Université Laval.

«Au cours des dernières années, nous ne nous sommes pas suffisamment occupés du profil des employés. Nous allons les renvoyer sur les bancs d’écoles, pour les rendre plus habiles», explique M. Caire.

Guichet Accès UniQc retardé

En juin, le projet Accès UniQc a été retiré au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) pour être transféré au Centre québécois d’excellence numérique (CQEN).

Les coûts du projet, évalués à 86 millions en 2017, auraient augmenté de façon dramatique. «Les chiffres qui ont été publiés sont purement spéculatifs», affirme M. Caire. «Les montants n’ont pas été dépensés ni présentés au ministre. Nous étions dans la planification, pas la réalisation. Mais les coûts nous sont apparus élevés; nous avons donc demandé un audit au Centre québécois d’excellence numérique.»

Ce serait plutôt une occasion de revoir des choix, voir ce qui est toujours utilisable, et la planification prévue.

Plutôt que d’utiliser des solutions développées à l’interne, des produits commerciaux pourraient être utilisés. On pourra aussi intégrer des technologies plus modernes, dont un volet d’identification biométrique.

Le dossier d’affaires initial devait être déposé à la fin de l’été; le projet révisé, avec une planification plus précise, sera plutôt présenté cet automne. On devrait pouvoir accéder à Accès UniQc en 2020 plutôt qu'à la fin de 2019.

L’importance de l'identification numérique

Pour le ministre, il est essentiel de moderniser la façon dont les Québécois consultent leurs données numériques.

«Pour une transformation numérique réussie, il faut une solution d’identification qui arrive à répondre aux normes du 21e siècle. Bien s’authentifier est névralgique pour la sécurité des données. La nouvelle solution devra combiner simplicité et efficacité.» Le tout pour éviter que quelqu’un préfère simplement appeler un agent.

Il admet que le système d’identification ClicSéqur actuel est complexe et désuet, et qu’il n’est pas utilisé comme il le devrait, en partie en raison de son niveau de complexité.

Mais les solutions d’identification numérique demandent une expertise de haut niveau. Cette expertise sera rassemblée au nouveau CQEN.

Vers une cyberarmée québécoise?

Pour assurer la sécurité des données, un rapport sera déposé cet automne, la première politique de cybersécurité du Gouvernement du Québec, qui intégrera des solutions administratives, logicielles et matérielles pour augmenter significativement le niveau de défense contre les attaques informatiques.

Le document visera à corriger les lacunes actuelles en sécurité informatique, mais aussi d’établir un centre opérationnel centralisé pour diminuer le temps de réaction aux cybermenaces.

Une formation obligatoire en cybersécurité pour les employés est aussi considérée. «On va arrêter de parler du bordel informatique. Je veux que le Québec devienne une référence en services informatiques», dit le ministre.

Est-ce qu’on pourrait un jour parler d’une cyberarmée québécoise? «Je le souhaite», exprime M. Caire.

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