TI: la pénurie de main-d'oeuvre touche toute l'Amérique du Nord

Publié le 11/08/2014 à 06:00

TI: la pénurie de main-d'oeuvre touche toute l'Amérique du Nord

Publié le 11/08/2014 à 06:00

Par Denis Lalonde

La présidente et chef de la direction de l'AQT, Nicole Martel. (Photo: AQT)

La pénurie de main d’œuvre dans l’industrie des technologies de l’information n’est pas un problème exclusivement montréalais, a-t-on pu constater durant la conférence annuelle des membres de l’organisation Technology Councils of North America (TECNA), tenue à Montréal en juillet.

«Les entreprises commencent à avoir de sérieux problèmes à trouver des employés qualifiés, alors ils tentent de recruter chez leurs compétiteurs, ce qui fait grimper le coût de la main-d’œuvre. Même au creux de la plus récente récession, des emplois étaient toujours disponibles en technologies de l’information. Depuis que l’économie américaine s’est remise en marche, la pénurie est encore plus importante», explique Steven Zylstra, président et chef de la direction du Arizona Technology Council (ATC) et président du conseil de TECNA.

M. Zylstra ajoute que l’Arizona ne compte pas assez de diplômés en technologies de l’information, une raison pour laquelle l’ATC a organisé récemment un forum en deux temps pour trouver des solutions à ce problème. «Premièrement, nous avons réuni tous les employeurs pour discuter des enjeux de pénurie de main-d’œuvre. Ensuite, nous avons réuni ceux qui pouvaient nous aider à réduire ce problème, comme les collèges, universités et les organisations gouvernementales», explique-t-il.

Ce dernier ajoute qu’il était important d’éduquer tous les intervenants du milieu des TI et de développer des stratégies pour s’attaquer au problème et améliorer la situation. «Une solution intéressante est de recruter des travailleurs étrangers et de les faire travailler dans leur communauté. Il se développe donc des centres à travers le monde et des jeunes de 20 à 30 ans peuvent obtenir de très bons salaires tout en restant près de leur famille», dit-il.

Au Minnesota, la situation est similaire et la Minnesota High Tech Association (MHTA) est aussi venue à Montréal entre autres dans l’espoir de dénicher des solutions pour retenir les employés spécialisés en technologies de l’information. «Nous sommes dans une situation très intéressante, le taux de chômage est très bas, à 4,5%, et c’est encore plus bas en TI. Embaucher et retenir les employés est donc d’une importance primordiale», explique la présidente et chef de la direction de la MHTA, Margaret Anderson Kelliher.

Sous le signe du partage

L’association est présente dans tout l’État, mais surtout dans les villes jumelles de St-Paul et de Minneapolis. «Lorsque je viens à cette conférence, je suis à la recherche de bonnes idées pour promouvoir l’industrie sur mon territoire. Nous souhaitons en particulier apprendre comment les provinces et États font la promotion de leurs industries fortes, comme par exemple le jeu vidéo et l’aérospatiale au Québec», dit-elle, précisant que le Minnesota possède un grand bassin d’entreprises TI dans le secteur de la santé.

Elle souligne par ailleurs la libre circulation de l’information entre les différents membres de TECNA et le fait que l’esprit d’entraide soit très présent, ce qui profite à toute l’industrie à travers l’Amérique du Nord. «Pour les leaders, il est très rassurant de savoir que l’on peut obtenir de l’aide en logeant un appel téléphonique à n’importe quel autre organisme au Canada ou aux États-Unis. Nous voulons nous assurer que les professionnels de 25 à 35 ans choisissent les TI et décident d’y rester, car nous éprouvons tous des problèmes de pénurie de main-d'oeuvre qualifiée», dit-elle.

Mieux servir les membres

Pour l’Association québécoise des technologies (AQT), qui a accueilli toutes les délégations cette année, l’objectif est de trouver de nouvelles façons d’innover et de dialoguer avec les gouvernements.

«On vient chercher comment les autres pdg et les autres associations articulent leurs messages pour s’adresser aux gouvernements. Qu’est-ce qu’ils mettent en valeur? Comment ils impliquent les entreprises pour comprendre leurs enjeux et ramener ça au niveau des affaires publiques», raconte la présidente et chef de la direction de l’AQT, Nicole Martel.

L’association souhaite aussi améliorer ses pratiques du côté de la communication avec les membres de son conseil d’administration. «Ça fait une dizaine d’années que je participe à ces conférences. Notre mandat est de ramener le plus de notes possible faire une réunion d’équipe et partager toutes les bonnes pratiques. Cela nous permet de devenir plus agiles», dit-elle.

Mme Martel dit avoir modifié les façons de faire de l’AQT après avoir participé de telles conférences ces dernières années : «Nous avons complètement modifié nos ententes avec nos commanditaires. Auparavant, nous faisions un plan pour chaque événement. À présent, nous établissons des plans annuels avec eux et selon les commentaires que nous recevons, ils adorent ça», affirme-t-elle.

L’événement de Montréal, tenu du 16 au 18 juillet, regroupait 125 représentants d’une cinquantaine d’associations régionales du Canada et des États-Unis.

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