TI: 88% des entreprises anticipent des problèmes de liquidités

Publié le 27/03/2020 à 08:01

TI: 88% des entreprises anticipent des problèmes de liquidités

Publié le 27/03/2020 à 08:01

Par Denis Lalonde
La PDG de l'AQT, Nicole Martel

La PDG de l'AQT, Nicole Martel (Photo: courtoisie)

Les dirigeants d’entreprises du secteur des technologies de l’information (TI) au Québec ont plus l’habitude de parler de pénurie de main d’œuvre que de problèmes de liquidités. Et pourtant…

Un nouveau sondage mené par l’Association québécoise des technologies (AQT) le 20 mars montre que seulement 12% des entreprises membres de l’organisation n’anticipent aucun problème de liquidités si la crise actuelle liée à la pandémie de COVID-19 devait durer plus de 5 mois.

L’AQT regroupe quelque 500 entreprises du secteur des technologies de l’information au Québec.

Sur 131 entreprises qui ont répondu au sondage, 23% estiment qu’elles vont manquer de liquidités en moins de deux mois, 40% pensent avoir assez d’argent pour poursuivre leurs activités entre deux et cinq mois, alors que 25% estiment qu’elles peuvent résister à la crise plus de cinq mois.

(Source: Association québécoise des technologies)

La présidente-directrice générale de l’AQT, Nicole Martel, explique que les entreprises qui estiment pouvoir passer à travers la crise sans problème de liquidités fonctionnent surtout avec des contrats renouvelables annuellement ou fournissent des produits ou services essentiels. Dans ces cas, des diminutions de revenus pourraient tout de même survenir à plus long terme. 

De plus, la PDG y va d’un important bémol: «Nous avons effectué ce sondage vendredi dernier (20 mars), alors que certaines entreprises continuaient de servir leur clientèle dans certaines industries, comme en commerce de détail ou dans la restauration, par exemple. L’activité économique n’était pas encore à l’arrêt complet comme c’est le cas en ce moment», explique-t-elle.

L’annonce du gouvernement Legault, faite le 23 mars, de fermer tous les commerces qui ne sont pas des services essentiels jusqu’au 13 avril, changera la donne. «Depuis lundi, les dirigeants sont plus inquiets et je m’attends à ce que les chiffres se dégradent dans notre prochain sondage», dit Mme Martel.

Au nombre des engagements que les entreprises disent avoir de la difficulté à tenir, le paiement des salaires arrive au premier rang (39%), suivi des paiements aux fournisseurs, équipements et frais de loyer (24%) et du remboursement des prêts bancaires (23%).

La dirigeante soutient que de nombreuses PME ne peuvent pas se permettre de procéder à des mises à pied. «Une présidente d’entreprise me confiait ce matin qu’il faut 4 à 6 mois de formation pour qu’un employé soit minimalement fonctionnel dans son organisation. Si elle les envoie au chômage, elle va rater les 4 à 6 premiers mois de la reprise», raconte Nicole Martel.

 

Les gouvernements doivent «repartir la machine»

«Nos entreprises membres nous disent que même les gouvernements arrêtent des projets, alors que ceux-ci peuvent être livrés normalement avec des employés en télétravail. Et on parle autant du fédéral que du provincial», ajoute Mme Martel.

Cette dernière soutient que les dirigeants des entreprises techno ayant des contrats gouvernementaux signés ont de la difficulté à s’expliquer cette situation. «Si les entreprises retirent leurs employés de ces projets, ils se retrouveront au chômage et ce sont les gouvernements qui devront de toute manière leur verser un salaire», dit-elle.

L’AQT souhaite que les gouvernements relancent la machine dès que possible pour tous les contrats déjà signés.

Selon Mme Martel, en plus de la relance des contrats gouvernementaux, les entreprises membres de l’AQT aimeraient également recevoir les remboursements des crédits d’impôt à la recherche et au développement (R-D) auxquels elles ont droit.

La PDG de l’AQT explique que certaines entreprises doivent parfois attendre plus de 18 mois avant de recevoir un remboursement du gouvernement du Québec de ce côté, alors qu’au fédéral, les délais sont beaucoup plus courts, souvent de seulement trois ou quatre semaines.

«En recevant ces montants, les équipes de direction des entreprises pourront retarder le moment où elles devront se déplacer à la banque pour demander de nouveaux prêts», explique-t-elle.

Dans un monde idéal, Mme Martel voudrait aussi que les gouvernements payent ces crédits d’impôt par anticipation en se fondant sur les demandes de chaque entreprise au cours des dernières années. «Ce serait une mesure exceptionnelle qui serait une bouffée d’air frais pour de nombreuses PME», dit-elle.

L’AQT milite également en faveur d’un programme de subventions salariales pour les entreprises qui s’engagent à garder leurs employés, se collant ainsi à la volonté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Selon la CCMM et la FCCQ, ces subventions offrent l’avantage de maintenir le lien d’emploi entre les travailleurs et leur employeur, ce qui élimine les traitements administratifs liés aux mises à pied et à l’inscription à l’assurance-emploi et, de façon très stratégique, facilitera la réintégration progressive des travailleurs lorsque la situation le permettra.

 

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