Tendances technos 2015 : les TI au service de l'agilité

Publié le 22/12/2014 à 15:41

On trouve toutes ses réponses sur Google, on s’occupe soi-même de ses placements grâce au courtage en ligne, on vend sa maison sans agent sur Internet… En somme, on pourrait résumer l’impact des progrès technologiques des dernières années à une chose : les TI nous ont rendus plus autonomes que jamais.

Ce n’est pas près de s’arrêter. Au contraire. La troisième plateforme (Third Platform) – soit la convergence de technologies incluant la mobilité, les réseaux sociaux, l’infonuagique et les outils d’analyse de mégadonnées — fournit aux unités d’affaires un buffet dans lequel elles n’ont qu’à se servir. Sans passer par le service des TI, celles-ci peuvent désormais s’approprier des solutions technologiques qui leur permettent d’innover et de mieux travailler.

Dans ce nouvel écosystème d’affaires, la fonction des TI est appelée à changer. Selon le rapport TELUS-IDC Canada sur les tendances technologiques en 2015 , la nouvelle mission des services des TI est « la création de conditions favorisant la souplesse opérationnelle ».

Quand les TI sont l’affaire de tous

La marche vers la troisième plateforme a déjà accentué le sentiment d’autonomie de toutes les unités de l’entreprise. Certaines tendances le prouvent.

Prenons le phénomène grandissant des projets de « TI parallèles » (Shadow IT), où des systèmes d’information et de communication sont implantés au sein d’un service sans avoir reçu l’aval des experts en TI. C’est ce qui se passe lorsqu’une équipe, de son propre chef, adhère à la solution d’infonuagique d’un fournisseur externe (Google Drive ou Dropbox, par exemple).

Et que dire de la tendance Prenez vos appareils personnels (PAP) ? Selon un sondage d’IDC Canada réalisé en mars 2014, 73 % des chefs d’entreprise au pays affirment que leur organisation permet, d’une façon ou d’une autre, que leurs employés utilisent leur propre téléphone intelligent au travail. Ce qui n’est pas sans risque en ce qui concerne la sécurité des données critiques de l’entreprise.

Enfin, toujours selon IDC, le déploiement de nouvelles solutions technologiques échappe de plus en plus au contrôle des TI. À l’échelle planétaire, ce serait 60 % des projets liés à la troisième plateforme qui seraient ainsi « financés à partir de budgets qui ne relèvent pas de la fonction des TI ».

On n’arrêtera pas le progrès : la décentralisation des décisions technologiques au sein des entreprises est une tendance qui se poursuivra en 2015.

Cette décentralisation est notamment causée par l’accélération de l’innovation technologique. Tout va plus vite et les experts en TI ont du mal à suivre. Peut-être parce qu’en 2014 « 75 % du temps des équipes des TI en entreprise était consacré au maintien des infrastructures technologiques existantes, par rapport à seulement 25 % à l’innovation », nous apprend Michel Filiatrault, conseiller sénior, Affaires électroniques chez TELUS. « Un ratio 50/50 serait plus souhaitable. »

Des services des TI moins accaparés par la maintenance et davantage par l’innovation permettrait en outre aux entreprises canadiennes de rattraper leur retard technologique.

Les TI de demain

La fonction des TI est donc appelée à jouer un nouveau rôle de coordination. Ainsi, au lieu de penser « en silos » et de concentrer l’essentiel de ses efforts au soutien de l’infrastructure TI en place, le directeur des technologies de l’information « travaillera en étroite collaboration avec le chef de la direction, le chef du marketing, le chef des finances et d’autres intervenants dans l’entreprise », selon IDC Canada.

Fini les experts en TI considérés comme le « soutien technique » de l’entreprise. Désormais, ils seront de toutes les discussions stratégiques.

C’est un changement de culture, puisqu’à l’heure actuelle, le sondage d’IDC montre que seulement 39 % des chefs d’entreprise au Canada estiment que le service des TI comprend « très bien » les activités de l’organisation.

Des gestionnaires avertis en TI

Cela dit, pour que les TI fassent partie de l’ADN des entreprises numériques de demain, il faudra des leaders prêts à amorcer le virage.

IDC prédit donc l’émergence de « gestionnaires avertis en TI ». Loin d’être réfractaires aux technologies, ces chefs d’entreprise seront au fait des mouvements qui forment la troisième plateforme et y trouveront de l’inspiration pour bouleverser leur modèle d’affaires.

Ils verront le potentiel d’innovation et de croissance des technologies de l’information et structureront leur entreprise de manière à en tirer profit.

Cependant, à l’heure actuelle, ces « gestionnaires avertis en TI » sont une denrée rare. L’an dernier, IDC Canada avançait qu’à peine 27 % des dirigeants d’entreprises canadiennes pouvaient être qualifiés d’« avertis » en matière de TI.

Ainsi, rendre son patron plus « averti », en le sensibilisant au potentiel de croissance des solutions de la troisième plateforme, pourrait sans doute être une nouvelle responsabilité des directeurs des TI.

Pour que l’expertise TI ne s’envole pas

La troisième plateforme donne donc plus d’autonomie à toutes les unités de l’entreprise en matière de technologies. La fonction des TI doit en prendre acte et gérer cette nouvelle autonomie en misant sur l’ouverture, la souplesse et la convivialité.

C’est essentiel, car autrement les équipes se tourneront vers des services externes qui répondent mieux – et plus vite — à leurs besoins particuliers. Ce qui entraînerait le risque de voir s’affaiblir l’expertise TI de l’organisation... Une pente sur laquelle l’entreprise numérique ne voudra surtout pas se risquer.

 

 

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