Switch: Nintendo veut se relancer dans les consoles

Publié le 02/03/2017 à 10:14, mis à jour le 10/03/2017 à 09:30

Switch: Nintendo veut se relancer dans les consoles

Publié le 02/03/2017 à 10:14, mis à jour le 10/03/2017 à 09:30

Par Denis Lalonde

La Nintendo Switch. (Photo: Nintendo)

Avec la console Switch, Nintendo espère pouvoir reconquérir un public qui a boudé la Wii U. Au Canada, la société a de grandes ambitions.

Nintendo espère que le lancement de la Switch, qui permet de jouer tant en mode console de salon qu'en mode console portable, lui permettra de doubler son chiffre d'affaires au pays dans les 12 mois suivant le lancement par rapport à sa situation actuelle.

«Nous ne pouvons malheureusement pas dévoiler de chiffres sur l'évolution de nos revenus au pays», précise Pierre-Paul Trépanier, directeur général de Nintendo Canada.

Interrogé à savoir si le modèle d'affaires de Nintendo avait changé avec la Switch, dont le prix de vente de 399$ avec une seule manette est comparable à celui de la Xbox One S ou de la PS4, M. Trépanier assure que non. «Le prix de la console est déterminé en calculant le coût des pièces et de l'assemblage et on se garde une faible marge de profits. Par la suite, le gros des bénéfices vient de la vente de jeux. Ce modèle est le même pour tous les éditeurs de consoles et ça n'a pas changé avec la Switch», dit-il.

Le dirigeant de Nintendo Canada soutient que Nintendo a investi beaucoup dans la technologie des manettes gauches et droites Joy-Con, dont le prix de détail a été fixé à 100$ la paire, sans oublier le support de recharge à 40$.

«Par rapport à la compétition, on n'est pas en concurrence avec les autres marques. On vise un marché beaucoup plus large. Pas seulement un marché de fans et de 'gamers', mais également et surtout les familles qui recherchent un divertissement innovant», explique-t-il.

Peu importe le prix, les précommandes de Switch se sont envolées en quelques heures et Nintendo distribuera deux millions de consoles dans le monde le jour du lancement. «Par la suite, il y aura des approvisionnements chaque semaine», raconte M. Trépanier.

Faire oublier la Wii U

M. Trépanier soutient que dans le marché canadien, c’est au Québec que Nintendo éprouve le plus de difficulté. La province compterait selon lui pour environ la moitié de son poids démographique dans les ventes de consoles de jeux vidéo au pays. Cela signifie que le Québec compte pour près de 23% de la population canadienne, mais pour environ 12% des ventes de consoles au pays, selon le dirigeant.

«Nous avons eu du succès au Québec avec la Wii (lancée en 2006 et écoulée à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde). C’est peut-être un élément culturel qui fait que les Québécois jouent plus en famille ou avec des amis. Nous avons généré de très bons chiffres d'affaires au Québec pendant des années. Avec la Wii U, par contre, on n'a pas su communiquer quel était l'intérêt de la console pour les familles québécoises», concède-t-il.

Il faut dire que les Québécois n’ont pas été les seuls à bouder la Wii U. Elle s'est écoulée à 13,8 millions d’exemplaires dans le monde depuis son lancement à la fin 2012, selon le site spécialisé VGChartz.com. Des chiffres de loin inférieurs à ceux de la Xbox One et de la PS4, vendues respectivement à 28,3 millions et à 54,8 millions d’unités depuis leur lancement, pourtant survenu un an plus tard. 

Le dirigeant dit avoir bâti, de ses bureaux de Vancouver, un programme de marketing complet pour le Québec qui, espère-t-il, saura convaincre les familles de la province de faire un retour chez Nintendo.

Pour l’ensemble du pays, l'entreprise veut rapidement établir la notoriété de la Switch en mettant en valeur le fait qu’elle offre la possibilité de passer du mode console de salon au mode console portable en un clin d’œil. Il devient alors possible, par exemple, de commencer une partie à la maison et de la terminer dans l’autobus. 

La rétrocompatibilité avec les Wii U et Wii sera toutefois impossible, car les jeux de la Switch seront vendus en cartouches. 

«Quand on a un système portatif comme la Switch, les pièces à l’intérieur ne doivent pas bouger, ce qui rendait impossible l’utilisation de jeux sur disques. Le système doit être robuste pour les voyages, les enfants, la voiture et les vols en avion», dit Pierre-Paul Trépanier.

La Nintendo Switch cannibalisera-t-elle la 3DS?

M. Trépanier ne croit pas que la Switch viendra gruger des parts de marché aux consoles portables de la société nipponne, la 2DS et la 3DS. 

«En interne, on pense qu'il n'y aura pas d'effet de cannibalisation. Les deux jeux les plus vendus dans le temps des Fêtes ont été les titres Pokémon Sun et Pokémon Moon. On avait annoncé la sortie de la Switch à ce moment», estime le dirigeant, ajoutant que les consoles portables et la Switch offrent des expériences de jeu très différentes. Au 31 décembre, Nintendo dit avoir vendu, au total, 14,69 millions d'exemplaires des deux plus récents jeux de la franchise Pokémon.

Un lancement surveillé de près

Parmi les 19 analystes qui suivent Nintendo, les attentes sont bien différentes quant au lancement de la Switch. Durant les derniers jours, le titre de l'entreprise se négociait à environ 23 300 yens, soit l'équivalent de 273 dollars canadiens.

Du côté de JP Morgan, l'analyste Haruka Mori soutient qu'à la lumière de la forte demande pour les précommandes, aucun facteur ne viendra entacher le lancement de la Switch. M. Mori recommande de «surpondérer» le titre avec un cours cible sur un an de 29 000 yens.

«On ne peut nier que la Switch devra être le vecteur de croissance des profits pour Nintendo», a récemment déclaré l'analyste Tomoaki Kawasaki, de la firme Iwai Cosmo Securities. «Toutes les consoles existantes ont atteint leur plein potentiel et le marché du téléphone mobile, particulièrement au Japon, est aussi à maturité. Après avoir été ignorées depuis un moment, les consoles recommencent à attirer l'attention», a-t-il dit à l'agence financière Bloomberg. 

Les analystes qui suivent la société ont des cours cible sur un an variant entre 15 000 et 40 000 yens, selon des chiffres de Thomson Reuters. Cela signifie qu'ils n'ont pas tous la même opinion quant aux impacts du lancement de la Switch sur les résultats financiers de l'entreprise de Kyoto.

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