Stratégie numérique du Québec: Couillard veut prendre le temps

Publié le 23/10/2015 à 13:29, mis à jour le 23/10/2015 à 17:08

Stratégie numérique du Québec: Couillard veut prendre le temps

Publié le 23/10/2015 à 13:29, mis à jour le 23/10/2015 à 17:08

Le premier ministre Philippe Couillard, qui a pris la parole dans le cadre de la conférence Les Affaires sur les villes intelligentes ce vendredi, soutient que son gouvernement travaille activement à développer une stratégie numérique. Il a toutefois précisé qu’il tient à prendre le temps de le faire «comme il le faut», avant d'annoncer que le gouvernement lancera des consultations pour développer ledit plan numérique. Ces consultations devraient se dérouler 26 octobre au 20 novembre prochain.

Dans son allocution d'une trentaine de minutes devant des maires et des intervenants de divers milieux, le premier ministre a admis qu'il n'avait posé jusqu'à maintenant que des gestes "isolés", notamment avec le plan culturel numérique et le programme PME 2.0.

Rappelons notamment que, le plan culturel numérique du Québec, dévoilé en septembre 2014, avait l’objectif de mettre en valeur la culture numérique avec une enveloppe de 110 millions $ sur sept ans. C’est dans le cadre de ce plan culturel que la ville de Québec avait obtenu au printemps une subvention pour financer des initiatives numériques évaluées à 400 000 $. De plus, quelque 50 nouvelles mesures ont été élaborées dans des organismes et des sociétés d'État, comme la Bibliothèque nationale et des archives du Québec (BANQ), les Musées des beaux arts du Québec et à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Le programme PME 2.0, quant à lui, a été instauré dans le budget 2012-2013 pour «accompagner» les entreprises dans leur transition vers le numérique. Le gouvernement Couillard a poursuivi cette initiative dans son budget 2015-2016, qui prévoit un investissement de 3 millions $.

Éviter de briser quelque chose qui fonctionne

Durant son allocution, Philippe Couillard a souligné que le gouvernement ne veut pas faire de dégâts en "arrivant avec ses grosses pattes" dans un milieu qui fonctionne déjà bien.

Le gouvernement souhaite s'impliquer pour que le numérique «fonctionne mieux», a soutenu M. Couillard.

Le premier ministre a toutefois reconnu qu'il était nécessaire "d'accélérer la transition" dans cette nouvelle ère, puisque le Québec ressent déjà les conséquences de ces changements.

Il a longuement parlé des effets "destructeurs" de cette nouvelle époque sur des milliers, voire des millions d'emplois, qui ne sont plus nécessaires aujourd'hui, et de la «mise en péril» de la classe moyenne, dont les emplois ont été créés lors de la révolution industrielle.

«C'est probablement l'une des raisons, avec la démographie, pour laquelle la reprise économique est si lente après la crise de 2008-2009. Comment ça se fait qu'on ne réussit pas à reprendre rapidement comme ça a été le cas dans le passé? Parce que c'est déjà en train d'arriver», a-t-il déclaré dans un discours qui avait tout l'air d'un cours universitaire.

Faire du Québec un chef de file du numérique

Pour faire face à ce défi, Philippe Couillard propose que le Québec devienne un chef de file du numérique : «La venue de l'ère numérique a modifié en profondeur tous les aspects de notre existence, a-t-il lancé. Je suis convaincu que le Québec possède tous les atouts pour devenir un chef de file dans ce domaine prometteur et, en regroupant nos forces, nous propulserons davantage notre société vers l'avenir. Notre gouvernement a déjà engagé le Québec dans un virage numérique. L'annonce d'aujourd'hui est un grand pas vers l'avant et démontre notre volonté d'intensifier nos efforts.

M. Couillard a par ailleurs salué les initiatives de certaines municipalités qui ont innové pour s'adapter à ces changements. «Montréal et Québec sont déjà en mouvement. Montréal, particulièrement (...) La stratégie montréalaise pour une ville intelligente 2014-2017, ce sont des investissements de 23 millions $ pour 70 projets. C'est un bon début», a-t-il soutenu.

«Mais assurons-nous que ce n'est pas juste une liste de logiciels, qu'on fait. Que c'est vraiment une philosophie nouvelle, qu'on prend cette révolution de société puis qu'on la transforme en révolution de municipalité», a-t-il poursuivi.

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