Le premier long métrage québécois d'animation 3D, plus qu'une légende


Édition du 21 Décembre 2013

Le premier long métrage québécois d'animation 3D, plus qu'une légende


Édition du 21 Décembre 2013

Il a fallu 12 ans d'efforts pour voir sur écran le premier film d'animation 3D entièrement produit au Québec. Et une ténacité hors du commun pour donner vie aux personnages de La légende de Sarila. Celle de Nancy Florence Savard, une battante dont le rêve est de faire rayonner la créativité québécoise dans le monde. La réalisatrice-productrice nous raconte par où elle est passée pour que son film prenne l'affiche cette année.

«Une entrepreneure qui choisissait de s'installer à Québec plutôt qu'à Montréal pour entrer dans une industrie en déclin [après les déboires de Cinar], c'était déjà un défi. Et encore plus avec un bébé de neuf mois et enceinte d'un deuxième au moment de chercher du financement !» se rappelle la pétillante femme d'affaires en riant.

Chaque année, elle a dû partir à la recherche de financement pour réaliser La légende de Sarila, auquel le secteur privé a contribué à hauteur de 33 %. Mais Nancy Florence Savard savait que ce serait long et difficile : elle avait annoncé aux auteurs qu'il lui faudrait 10 ans de travail pour y arriver. Elle venait de fonder Productions 10e ave et savait qu'elle devrait réaliser trois courts métrages pour convaincre les bailleurs de fonds de sa capacité à en réaliser un long.

«On a montré qu'on pouvait faire évoluer nos artistes, qu'on avait du souffle et qu'on pouvait exporter. Nos contes de Noël, qui mettent en vedette la ville de Québec, ont été vendus dans 40 pays. On a montré qu'on pouvait respecter un calendrier et un budget», dit la réalisatrice-productrice.

Mieux encore, Productions 10e ave est entrée dans le «club d'élite» grâce à son premier film qui compte parmi les rares films canadiens à offrir un retour sur investissement. Même La légende de Sarila, sorti sur les écrans de cinéma en mars dernier, commence à générer des profits pour les investisseurs. Un tour de force si on considère que le film a coûté 8,5 millions de dollars, soit le double d'une production moyenne au Québec.

«J'ai toujours travaillé là où il y avait peu de moyens, notamment à Musique Plus, et je crois à la créativité québécoise. On veut être maîtres d'oeuvre, ce qui nous demande d'être créatifs. On pourrait travailler en coproduction internationale pour recueillir plus de fonds, mais on a fait le pari de rester 100 % canadiens, 100 % québécois, et ça donne à nos investisseurs 100 % du retour», explique Mme Savard.

La réalisatrice et productrice Nancy Florence Savard

Le grand retour du film d'animation

Avec un budget de production 30 fois moindre qu'un film d'animation américain, ça représente un exploit que de se retrouver dans la première sélection de la course aux Oscars dans la catégorie film d'animation, à côté des Détestable moi 2, L'université des monstres et Les Schtroumpfs 2.

«Pour ramener le film d'animation à l'avant-plan au Québec, il n'y a pas de meilleure vitrine. Ça va ouvrir la voie à d'autres producteurs québécois», se réjouit l'artiste-entrepreneure, mère de trois enfants.

«Si ça prend 15 ans pour ouvrir la porte, il faut continuer. Pour que nos enfants puissent se reconnaître dans les histoires qu'on leur présente et s'identifier à celles-ci», ajoute-t-elle, en doutant que le cinéma hollywoodien se serait intéressé à la culture de nos Inuits.

Pour son prochain film, Le Coq de St-Victor (sortie prévue le 21 février 2014), Nancy Florence Savard a relevé un défi encore plus grand : un long métrage d'animation 3D entièrement conçu dans la région de Québec (visuel de Frima Studio), en français, doublé en anglais. Et avec un petit budget de 3 M$.

«On prend le pari d'exporter ce long métrage. On a hâte de voir ce que ça va donner», dit celle qui veut créer de la richesse pour sa communauté. «Imaginez les États-Unis sans la propriété intellectuelle de Mickey Mouse ! Il faut donner la chance au Québec de rayonner grâce à ses propriétés intellectuelles.»

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