Le PDG de Google rejette les critiques

Publié le 11/12/2018 à 13:42

Le PDG de Google rejette les critiques

Publié le 11/12/2018 à 13:42

Par AFP
Le PDG de Google, Sundar Pichai.

Le PDG de Google, Sundar Pichai. (Photo: Getty)

Le PDG de Google Sundar Pichai répond mardi devant le Congrès américain aux critiques d'opacité et à celles de Donald Trump lui-même, qui accuse le géant de l'internet de «partialité» au détriment des républicains.


Avant même le début de l'audition, le dirigeant a fermement écarté l'idée que son groupe puisse être «politiquement biaisé». 


Dans des remarques préliminaires adressées à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, rendues publiques lundi soir, M. Pichai assure que le groupe met un point d'honneur à respecter la vie privée et assurer la sécurité informatique. 


Selon lui, Google est en outre déterminé à travailler avec le gouvernement américain «pour garder le pays en sécurité».


Les parlementaires américains entendent l'interpeller sur «la collecte, l'utilisation et les pratiques de filtrage» des données de ses utilisateurs. 


«Les utilisateurs font appel à nous pour qu'on leur fournisse des informations correctes et dignes de confiance. Nous nous efforçons de nous assurer de l'intégrité de nos produits et nous avons mis en place un certain nombre de garde-fous pour nous assurer qu'ils continuent à respecter nos critères», a d'ores et déjà rétorqué Sundar Pichai.


«Je dirige cette entreprise sans biais politique et veille à ce que nos produits continuent de fonctionner pareillement. Faire autrement serait aller à l'encontre de nos principes et de nos intérêts commerciaux», a-t-il assuré. 


Le site américain d'extrême-droite Breitbart avait diffusé en septembre une vidéo interne à Google où l'on pouvait voir plusieurs de ses dirigeants, ainsi que des employés, regretter amèrement l'élection du républicain Donald Trump en 2016. 


L'hôte de la Maison Blanche n'a, lui, jamais caché sa défiance vis-à-vis des groupes technologiques, qui ont pour beaucoup historiquement plutôt affiché des sympathies démocrates.


Il a ainsi multiplié ses attaques, accusant notamment Google de censurer les voix conservatrices et de favoriser les articles provenant de médias classés à gauche, dans ses résultats de recherche.


Manipulation de l'opinion?


Sundar Pichai fait valoir que sa société fournit «des plateformes permettant de relayer diverses perspectives et opinions» qui ne manquent pas, selon lui, au sein de ses équipes. 


Bob Goodlatte, le président républicain de la commission, avait indiqué fin novembre que cette audition s'attacherait à la manière dont les sociétés d'internet pourraient «supprimer des points de vue précis et manipuler l'opinion publique». 


«Les Américains placent leur confiance dans les grandes entreprises de la tech pour faire honneur à la liberté d'expression», avait-il alors commenté. «C'est la responsabilité du Congrès auprès du peuple américain de faire en sorte que les géants de la technologie soient transparents et responsables de leurs pratiques». 


L'entreprise californienne s'est régulièrement retrouvée ces derniers mois sous le feu des critiques du président et de certains élus dénonçant, sans preuves à l'appui, la «partialité» des géants du web. 


Il y a peu de d'indices suggérant que Google, pour des raisons politiques, fausse les résultats de recherche, selon des spécialistes des technologies.


Google est aussi fréquemment montré du doigt sur les sujets de la sécurité informatique et de sa domination du marché des moteurs de recherche sur internet.


«La protection de la vie privée et de la sécurité de nos utilisateurs est depuis longtemps une partie essentielle de notre mission», a rétorqué Sundar Pichai. 


En septembre, il avait refusé de participer à une audition au Sénat sur la question des opérations d'influences étrangères. Les parlementaires avaient alors interrogé les dirigeants de Facebook et Twitter.


L'entreprise américaine pourrait aussi devoir répondre aux critiques entourant un projet de moteur de recherches en Chine respectant les règles de censure imposées par Pékin à ses internautes.


Dans un communiqué mardi, l'influent sénateur républicain Marco Rubio a exhorté Sundar Pichai d'abandonner ce projet, estimant que si ce moteur de recherche, baptisé Dragonfly, venait à voir le jour, l'entreprise deviendrait «des associés des oppresseurs du peuple chinois plutôt que des associés de ceux qui sont oppressés».


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