Le nuage n'est pas un remède miracle


Édition du 14 Décembre 2013

Le nuage n'est pas un remède miracle


Édition du 14 Décembre 2013

Par Denis Lalonde

Série 3 de 3 - Les grands enjeux de l'heure en technologies de l'information vus par ceux qui les gèrent au quotidien.

Introduire l'informatique en nuage dans une entreprise est plus complexe qu'il n'y paraît. Ce modèle d'entreprise, qui gagne en maturité, vise un accès sur demande à des ressources informatiques grâce à une connexion réseau à des serveurs distants. Bien que de plus en plus d'entreprises se laissent tenter par cette technologie, les responsables des technologies de l'information (TI) ne doivent rien laisser au hasard pour réellement profiter de ses bénéfices.

À la fin novembre, Les Affaires, en collaboration avec ProContact, a réuni des leaders des technologies de l'information de 10 organisations québécoises afin d'en apprendre plus sur leurs pratiques dans le domaine.

Pour les équipes de TI, le principal enjeu est de perdre le contrôle sur la gestion de leurs services, selon Pascal Lavoie, directeur de l'architecture, assurance auto et habitation à l'Industrielle Alliance. «La confiance n'est pas transférable. Si un client fait confiance à notre entreprise, nous devons nous assurer de choisir les bons fournisseurs. Si un pépin survient chez l'un de nos fournisseurs et que ça affecte nos services, le client sera insatisfait envers nous», dit-il.

Un autre enjeu, à son avis, est la gestion du changement, car les employés peuvent adopter beaucoup plus rapidement des applications hébergées dans le nuage informatique que l'entreprise, qui aura besoin de plus de temps pour s'adapter.

Choisir le bon fournisseur ou la bonne solution n'est pas toujours aisé. En effet, il est très difficile de mesurer toutes les options avant de signer des ententes à long terme avec des fournisseurs de services en nuage, selon Bernard Rosa, directeur principal, infrastructures et sécurité, chez TC Transcontinental. «Il ne faut pas se le cacher, le premier élément qui attire les entreprises vers l'informatique en nuage, c'est la possibilité de réduire leurs coûts informatiques tout en maintenant leur offre. Pourtant, il est difficile de mesurer le coût total de possession d'un logiciel-service (Software as a Service, ou SaaS) sur cinq ou dix ans, comme c'est le cas des licences traditionnelles. Le modèle d'entreprise peut être bon au départ, mais si le fournisseur augmente ses prix après deux ans, peut-être que ce ne sera plus le cas», affirme-t-il.

Pour Gaétan Vigneault, directeur des technologies de l'information à l'Administration portuaire de Montréal, la barrière de la langue constitue un autre élément qui freine l'adoption du nuage informatique au Québec. «Avec du personnel francophone et des fournisseurs de services anglophones, des malentendus peuvent survenir», dit-il.

À son avis, il faut également éviter de se placer en position de dépendance en n'ayant qu'un seul fournisseur de services. En cas de panne majeure, le plan de relève pour la continuité des affaires doit être bien établi. «Il ne faut pas oublier que toutes les solutions offertes par le nuage informatique n'ont pas le même degré de maturité. La technologie est encore relativement nouvelle, et il faut laisser aux fournisseurs le temps de parfaire leur offre», dit-il.

Un nuage privé, public ou hybride ?

Il existe plusieurs modèles d'informatique en nuage. Le nuage privé signifie qu'une entreprise peut monter une infrastructure infonuagique dans son propre centre de données. Le nuage public permet de céder la gestion des serveurs, des logiciels et des réseaux à des tiers. Au milieu, il y a le nuage hybride, qui est une combinaison des deux premières options. Que choisir ?

Selon Bernard Hébert, vice-président, améliorations, technologies et gestion du savoir au Cirque du Soleil, le choix dépendra des besoins de chaque entreprise. «Si on doit mettre en oeuvre la solution dans un délai très court, on va regarder plus des solutions dans un nuage public, mais la tendance chez nous est d'aller vers le nuage hybride. Il y a comme un paradoxe chez les fournisseurs de solutions SaaS qui disent qu'il est possible de payer à la demande, mais qui font signer des contrats de trois ans avec une volumétrie fixe... Le principal avantage de l'informatique en nuage, c'est l'élasticité, mais il faut que le modèle d'affaires soit aligné en ce sens», dit-il.

Marc Denoncourt, vice-recteur associé, systèmes d'information et chef de l'information à l'Université Concordia, croit que le principal avantage de l'informatique en nuage est de pouvoir y entrer et en sortir rapidement. «Le nuage vise surtout des services qui sont des commodités, comme le courriel ou la vidéoconférence. À ce moment, il vaut mieux opter pour un nuage public, qui est plus facile à gérer. Par contre, s'il s'agit de systèmes transactionnels qui constituent un avantage compétitif pour l'entreprise et qui contiennent des données complexes ou sensibles, opter pour l'informatique en nuage devient un risque opérationnel», raconte-t-il.

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