Intelligence artificielle: la tête pensante de Facebook à Montréal

Publié le 14/09/2017 à 22:30

Intelligence artificielle: la tête pensante de Facebook à Montréal

Publié le 14/09/2017 à 22:30

Par Denis Lalonde

Joëlle Pineau. (Photo: Université McGill)

Joëlle Pineau, l'une des figures de proue de l'intelligence artificielle au Québec, dirigera le laboratoire montréalais de Facebook AI Research.

Facebook doit annoncer ce vendredi l'ouverture à Montréal d'un labo d'intelligence artificielle (IA) comparable à ceux californien, new-yorkais et parisien. Il s'agit d'une première canadienne pour le géant d'internet et les rênes de ce pôle de recherche reviennent à Joëlle Pineau.

Outre ses travaux avec le numéro un mondial des réseaux sociaux, Mme Pineau, enseigne à l'Université McGill depuis 2004 et est co-directrice du Reasoning and Learning Lab, qui mène plusieurs travaux en intelligence artificielle.

«Au niveau plus fondamental, je travaille surtout sur des modèles mathématiques et sur des algorithmes de prise de décision. Nous voulons apprendre aux machines à prendre des décisions en fonction de certains objectifs et certaines contraintes. Ce sont des travaux assez généraux, alors les modèles qu'on développe doivent être utilisables pour plusieurs applications», explique-t-elle.

En complémentarité de ces modèles, Mme Pineau travaille depuis une dizaine d'années à la conception de fauteuils roulants intelligents. «Ça ressemble aux modèles utilisés pour la voiture autonome, mais ça demande évidemment beaucoup moins de ressources. Nous avons quelques prototypes et effectué des tests avec des usagers», raconte-t-elle. 

De plus, Mme Pineau effectue des travaux en intelligence artificielle dont l'objectif est d'aider à prévenir les crises d'épilepsie. «Nous développons des techniques de neurostimulation. L'appareil fonctionne un peu comme un stimulateur cardiaque, mais qui agit sur le cerveau pour arrêter les crises d'épilepsie», explique la scientifique.

La chercheuse mène aussi des travaux pour développer d'autres applications en santé mentale, de même que pour le traitement du cancer et du diabète. «Nous sommes intéressés de savoir si on peut améliorer notre capacité à proposer des traitements où il y a une séquence de décisions, quand les interventions doivent être planifiées de façon stratégique», dit-elle. Ces travaux sont menés en collaboration avec l'Institut et hôpital neurologique de Montréal et avec l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, situé à Verdun.

«Il existe de plus en plus d'études pour nous fournir des données. Nous voulons développer des modèles qui peuvent analyser toutes ces données et les ramener dans un contexte où on fait de la pratique médicale», ajoute Mme Pineau.

Quel rôle pour l'écosystème montréalais en intelligence artificielle?

Joëlle Pineau voit deux angles pour l'avenir de l'intelligence artificielle, soit ceux de la vie privée et du monde industriel. À son avis, l'IA aura un impact dans la vie privée des familles que Montréal joue ou non un rôle de leader dans le secteur.

«Je travaille beaucoup avec le secteur de la santé, mais le transport est aussi en voie de transformation profonde. Avec la voiture autonome et avec les services d'autopartage, le concept selon lequel chaque famille possède une ou deux autos pourrait être en diminution d'ici une génération. Il y a beaucoup d'aspects comme ça qui sont appelés à être transformés par notre habileté à réaliser une meilleure analyse de l'information et par l'avènement de progrès en robotique», croit-elle.

Pour ce qui est du volet industriel, Mme Pineau estime que Montréal est en train de se positionner pour jouer un rôle important dans la révolution de l'IA. Elle affirme que Montréal a le talent et le support pour créer un environnement unique avec l'implication des gouvernements et l'arrivée en ville de géants comme Google, Microsoft et Facebook.

Elle concède toutefois que l'écosystème montréalais est encore très jeune et évolue rapidement. Pour assurer la pérennité de l'écosystème, elle soutient qu'il faut attirer des chercheurs expérimentés qui aideront les étudiants à déployer tous leurs talents.

«Si on regarde les experts en intelligence artificielle qui sortaient de nos universités il y a 5 ou 10 ans, la plupart sont allés s'installer ailleurs. Il y a peu de chercheurs d'expérience pour organiser les troupes alors le mieux serait de convaincre quelques experts de revenir au Québec. On a une jeune génération hyper talentueuse d'étudiants qui entrera bientôt sur le marché du travail, mais on a besoin de renfort pour mieux organiser les troupes», dit-elle, précisant que les professeurs en intelligence artificielle sont sollicités au maximum en ce moment.

 

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