Des femmes pour sauver la planète... techno


Édition du 27 Août 2016

Des femmes pour sauver la planète... techno


Édition du 27 Août 2016

Par Alain McKenna

[Photo : 123RF/Sergey Nivens]

Xerox Palo Alto Research Center (PARC), en Californie, est un lieu culte du monde informatique un peu tombé dans l'oubli. Mais cette situation pourrait changer. Sa dirigeante, Sophie Vandebroek, souhaite s'attaquer aux plus grands enjeux planétaires du moment. Et elle compte sur l'appui des femmes pour y arriver.

«Il serait temps que les femmes prennent leur place dans les nouvelles technologies, lance-t-elle d'entrée de jeu. Ça prendra leur passion et leur énergie si on compte se sortir des défis planétaires que représentent la pollution, la maladie et les ressources énergétiques.»

Ingénieure électrique d'origine belge, Mme Vandebroek est la première femme à occuper le poste de directrice de la technologie (chief technology officer) chez Xerox. Elle siège également au conseil de PARC, la société qui chapeaute désormais le centre de recherche éponyme de Palo Alto. Elle supervise aussi ses satellites, dont un labo de R-D à Mississauga, en Ontario. PARC répond toujours à Xerox, mais aussi à des clients externes, des sociétés privées ou des gouvernements.

«Nous sommes le plus important centre de recherche fondamentale sur l'énergie en Amérique, dit-elle. Nous étudions aussi les objets connectés, les technologies médicales et l'intelligence artificielle. À mon avis, ce sont tous des domaines de recherche où les jeunes femmes, les millennials, laisseront leur marque.»

Au Québec en 2005, les femmes comptaient pour 17 % des inscriptions dans les programmes d'études à vocation technologique. Dix ans plus tard, ce taux est passé à 20 %. Aussi bien dire que rien n'a changé.

Le succès des pionnières

Pourtant, des femmes ayant du succès en techno, ça existe. Et leur réussite est manifeste. En 2008, 8D Technologies a créé la technologie derrière les bornes de stationnement public de Montréal. Puis, ce système a été repris par le service Bixi. 8D Technologies est aujourd'hui un des leaders mondiaux des systèmes transactionnels dans le domaine du transport urbain, en Amérique du Nord, en Europe, jusqu'en Australie.

Isabelle Bettez, qui a fondé l'entreprise, a dû d'abord se défaire de l'idée que se lancer en affaires, c'était un truc d'hommes. «Dans ma tête, un entrepreneur, c'était avant tout un homme qui n'a peur de rien», disait-elle lors de la table ronde d'ouverture de la conférence Startup Weekend Femmes Montréal, qui a eu lieu en juillet.

L'événement visait à inciter les femmes à faire une présentation éclair, en une minute, d'une entreprise technologique qu'elles souhaiteraient fonder. Une heure après l'intervention Mme Bettez, 36 présentations étaient faites, tournant autour du réseautage, de la santé, du magasinage.

Flairant la bonne affaire, des anges investisseurs étaient présents dans la salle. Ce n'est pas un hasard : des chiffres publiés plus tôt cet été par la plateforme de sociofinancement Kickstarter indiquent que les projets présentés par des femmes y connaissent plus de succès que ceux des hommes : 65 % par rapport à 30 %.

Alors, si l'idée est bonne, si les investisseurs sont intéressés et si les clients sont au rendez-vous, que manque-t-il pour que les femmes prennent leur place dans les technos ? Un peu d'audace, dit Sophie Vandebroek. «Les jeunes qui veulent se lancer aujourd'hui doivent retenir une chose : il n'y a pas de mal à être la première à accomplir quelque chose d'inédit. Ça peut se révéler difficile, mais c'est le seul moyen de changer les choses.»

Et de sauver la planète.

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