" Les entreprises les plus innovantes traversent mieux les tempêtes "

Publié le 05/12/2008 à 00:00, mis à jour le 20/08/2010 à 12:46

" Les entreprises les plus innovantes traversent mieux les tempêtes "

Publié le 05/12/2008 à 00:00, mis à jour le 20/08/2010 à 12:46

Par Didier Bert

Une gestion qui semble bien fonctionner : depuis 2005, Créaform double ses ventes chaque année. Créaform offre à ses clients de numériser leurs produits en 3D afin de réaliser les inspections de qualité et la validation de design. L'entreprise compte 210 employés qui travaillent dans ses bureaux de recherche et développement à Lévis, mais aussi à Montréal, dans six villes américaines importantes, en Chine, au Japon et en France.

" Aujourd'hui, nos concurrents ont trois à cinq ans de retard sur nous du point de vue technologique ", dit ce Français d'origine, arrivé au Québec il y a 15 ans. Nous l'avons joint alors qu'il se trouvait dans un aéroport en Europe. Voici une entrevue avec la personnalité du mois en technologies de l'information, nommée par la Fédération informatique du Québec et le journal Les Affaires.

Journal Les Affaires - Comment avez-vous conquis vos clients si peu de temps après la création de l'entreprise ?

Charles Mony - Nos produits permettent de scanner très rapidement une pièce ou un moteur d'automobile. Nos clients peuvent ainsi numériser des maquettes pour fabriquer l'outillage nécessaire à la mise en production. Nos scanners sont très maniables, faciles à utiliser et abordables. Avant, les technologies étaient très compliquées à utiliser et les fabricants devaient s'adresser à des laboratoires pour obtenir une numérisation précise. Ce n'est plus le cas. Les entreprises peuvent faire tout cela plus rapidement et à moindre coût.

JLA - Vos innovations s'adressent donc aux manufacturiers ?

C.M. - Pas seulement. Nous avons commencé par les constructeurs des secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, mais nous élargissons notre cible. Il existe des besoins comparables dans le secteur médical, par exemple pour concevoir des prothèses. Aussi, l'industrie du divertissement a besoin de créer des univers de plus en plus réalistes. Nous avons créé un numérisateur 3D destiné aux développeurs de jeux vidéo. Ceux-ci peuvent scanner un objet pour l'intégrer dans leur création.

JLA - Vous doublez vos ventes chaque année... Comment y arrivez-vous ?

C.M. - Nous mettons sur le marché une ou deux innovations technologiques par an. Les outils que nous proposons sont aussi deux fois moins chers que les prix du marché. Cela nous permet de maintenir une très forte croissance depuis la fondation de Créaform.

JLA - Quels sont vos objectifs de croissance pour les prochaines années ?

C.M. - Nous venons d'être classés au 199e rang des entreprises nord-américaines ayant la plus forte croissance de leurs ventes. Google ne nous précède que de 20 places ! Nous comptons figurer dans ce classement durant les cinq années à venir.

JLA - Cette croissance restera-t-elle interne ou bien comptez-vous réaliser des acquisitions ?

C.M. - Nous n'avons fait qu'une acquisition modeste au cours de notre jeune histoire. Nous prévoyons mener des acquisitions externes afin d'accéder à certains marchés, d'ici cinq ans. Nous disposons d'une très bonne base technologique. Plusieurs marchés nous intéressent, tels que le secteur médical, l'énergie ou encore le multimédia.

JLA - Craignez-vous que la crise financière actuelle entrave la croissance de Créaform ?

C.M. - Une crise est une période très compliquée à gérer. Les entreprises les plus innovantes réussissent mieux à traverser les tempêtes. Je fais souvent un parallèle entre la voile et la gestion quotidienne de l'entreprise. En voile, les différences se font pendant les tempêtes.

JLA - Comptez-vous traverser la crise comme vous traversez une tempête en mer ?

C.M. - Pour la Transat Québec-Saint-Malo, l'été dernier, notre bateau est arrivé sur la ligne de départ en retard, en raison de cinq tempêtes qui ont ralenti son convoyage depuis la France. Nous avons eu seulement quatre jours pour nous préparer, plutôt que les trois semaines prévues. Cela ne nous a pas empêchés de monter sur le podium.

JLA - Comment parvenez-vous à diriger une entreprise et à vivre votre passion pour la voile ?

C.M. - Dans notre plan d'affaires initial, en 2002, j'avais prévu de réaliser un tour du monde à la voile en famille au cours de l'année 2006. Il fallait donc que l'équipe fonctionne sans moi. Cela a plutôt bien réussi : nos ventes ont doublé durant mon absence. L'un des principaux défis d'un gestionnaire est de veiller à ne pas être indispensable. Aujourd'hui, cela me permet de prendre du temps pour développer les activités de l'entreprise sur de nouveaux marchés.

JLA - À quoi compareriez-vous votre fonction d'entrepreneur ?

C.M. - Mon rôle de pdg ressemble à celui d'un chef d'orchestre. En plus de notre capacité d'innovation technologique, notre force réside dans nos équipes d'employés, nos fournisseurs et nos clients.

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