Peut-on réellement protéger ses biens matériels avec son empreinte digitale?

Publié le 17/02/2020 à 13:21

Peut-on réellement protéger ses biens matériels avec son empreinte digitale?

Publié le 17/02/2020 à 13:21

Par Alain McKenna

(Photo: courtoisie)

BLOGUE. Il fallait déambuler les allées du Consumer Electronics Show de Las Vegas, le mois dernier, pour constater qu’au moins une profession semble appelée à disparaître, plus tôt que tard : celle de serrurier. Ou, à tout le moins, celle de tailleur de clé.

Car ces petits lecteurs d’empreintes qui ont pris d’assaut la téléphonie mobile depuis quelques années sont devenus si légers et si peu énergivores qu’on les trouve désormais bien au-delà du secteur des produits électroniques. La preuve : on peut déjà se procurer des cadenas déverrouillables à la simple pression du doigt sur leur petit capteur central.

Ce printemps, des fabricants spécialisés prévoient mettre en marché des cadenas pour vélo avec lecteur d’empreintes, des serrures pour la maison avec lecteur d’empreintes, et ainsi de suite.

La bonne vieille clé risque fort d’être une affaire ancienne dans quelques mois à peine. Et les cadenas à numéro aussi, si vous êtes du genre à oublier les trois chiffres composant le code de ces accessoires achetés à la va-vite à la quincaillerie du coin…

Tapplock One + et Lite

J’ai vu défiler la pub de Tapplock sur mon fil Facebook des dizaines de fois, l’automne dernier. C’est pourquoi j’ai rapidement reconnu le logo du fabricant à son kiosque du CES. Et comme on peut et on doit douter de la véracité des publicités promettant des produits miracles sur les réseaux sociaux, il semblait tout à fait logique de mettre la main sur un ou deux de leurs produits afin d’en faire l’essai.

Les cadenas Tapplock prennent pour le moment deux formes : l’original, appelé One+, a fait l’objet d’une campagne fort lucrative sur Indiegogo. Puis les youtubeurs s’en sont donné à cœur joie, sortant les scies mécaniques et les grosses pinces afin de détruire quelques exemplaires de ce cadenas de gros format, et prouver ainsi qu’ils ne servent à peu près à rien.


L’autre, le Lite, est moins robuste, mais corrige au moins un défaut du One+ : le capot arrière de son boîtier est un peu plus difficile à dégager. Dans le cas du One+, ce capot s’enlève et révèle sa batterie, et trois vis, qu’il suffit de défaire pour accéder à ses composants internes. De là, pas besoin d’avoir un diplôme en mécanique pour comprendre comment l’ouvrir…

Seul bémol, ces vis demandent un outil très spécial pour être dévissées. Et le capot en question devrait être à peu près impossible à ouvrir, puisqu’un petit mécanisme a été prévu pour s’assurer qu’il ne bouge pas.

À 100$, le One+ semble convenir pour un cabanon, un coffre extérieur, ou n’importe quel espace de rangement résidentiel (ou même commercial) qui contient du matériel qui a de la valeur, mais qui n’est pas nécessairement précieux. L’édition Lite coûte 40$ et s’avère fort utile dans les vestiaires, que ce soit avant d’enfiler les bottes de ski, avant de sauter dans la piscine, ou une autre activité du genre.

Dans les deux cas, on promet entre 1200 et 1600 utilisations avant d’avoir à recharger la pile. C’est l’équivalent d’un an d’opération, ce qui semble tout à fait acceptable. Il ne faut que quelques secondes pour les réanimer si la pile tombe à plat, et ça se fait à partir d’un port USB.

On peut programmer plusieurs empreintes digitales, ou partager un code d’accès via une application mobile, qui recourt au protocole Bluetooth pour se connecter aux cadenas. Tapplock mentionne aussi un code Morse, une série de petits coups qu’on peut taper afin de les déverrouiller sans passer par le lecteur d’empreintes.

Au quotidien, ces deux cadenas sont très agréables à utiliser. Ils se déverrouillent en moins d’une seconde, et évitent d’avoir à traîner une clé en tout temps. Ou à mémoriser un code. Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est un souci de moins. Et à moins de conserver des pierres précieuses dans son casier, ces cadenas font amplement le boulot.

Weiser Halo Touch

Il n’y a pas que les nouveaux venus qui plongent dans la sécurité biométrique. La marque canadienne Weiser, bien connue dans le monde des serrures pour la maison, vendait une serrure à lecteur d’empreintes il y a une dizaine d’années déjà. Depuis, la gamme de serrures connectées Kevo a fait son apparition dans son catalogue, remplaçant ce modèle plus ancien.

(Photo: courtoisie)

Le printemps prochain, la marque associée au fabricant américain Kwikset présentera la serrure Halo Touch, qui n’aura besoin que d’un doigt pour être déverrouillée. Celle-ci fonctionne comme toutes les autres serrures connectées sur le marché, et pourra mémoriser jusqu’à 100 empreintes (pour les grandes, grandes, grandes familles…).

Kwikset/Weiser promet que les données biométriques, c’est-à-dire l’information liée aux empreintes utilisées par ses acheteurs, sont uniquement stockées dans la mémoire de sa serrure, et n’est pas transmise à l’application mobile, ni à un quelconque serveur. Ça fait partie des questions à se poser quand on installe un tel accessoire sur sa porte d’entrée.

Une autre question : est-ce que mon adresse courriel et mon mot de passe risquent de fuiter et de se retrouver sur le web obscur? Parce que ça ne prendra que quelques secondes à une personne moyennement mal intentionnée à retrouver cette info, puis à l’utiliser pour entrer dans votre résidence.

À moins, bien sûr, d’avoir une stratégie de gestion de ses mots de passe qui soit à l’épreuve de ces bidouilleurs malicieux. Car il faut l’admettre, c’est la simplicité d’utilisation qui rend ces produits attrayants, et qui incite bien des gens (et pas seulement que des propriétaires de logements loués sur Airbnb…) à débourser un peu plus pour les acquérir.

C’est ce qu’ont compris bien des fabricants d’accessoires de sécurité pour la maison. Attendez-vous à ce qu’on vous parle de lecteurs d’empreintes si vous visitez une quincaillerie ce printemps…

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