Petit à petit, la blockchain se fraye une voie dans l'économie réelle

Publié le 18/04/2019 à 10:32

Petit à petit, la blockchain se fraye une voie dans l'économie réelle

Publié le 18/04/2019 à 10:32

Par AFP
Un téléphone en forme de portefeuille dans lequel il y a des jetons de bitcoin

(Photo: 123rf)

La technologie de la blockchain fait petit à petit son chemin dans l’économie réelle, même si l’effondrement du cours des cryptomonnaies lui a donné un sérieux coup de froid, selon des experts réunis jeudi à Paris. 


La blockchain (chaîne de blocs), popularisée par la monnaie virtuelle bitcoin, est un protocole informatique permettant à une communauté d’utilisateurs de tenir en ligne une sorte de grand registre commun, infalsifiable.


Elle est vue par certains comme une révolution analogue à celle de l’internet, en permettant la généralisation d’échanges sur toute la planète sans intermédiaires, qu’ils soient financiers ou autres.


Mais « en 2018, le marché des cryptoactifs » comme le bitcoin et les autres crytomonnaies « a perdu 85 % de sa valeur », a rappelé lors d’un colloque organisé par « La Tribune » Eric Larchevêque, le directeur général de Ledger. Cette start-up française de 200 personnes a connu une croissance fulgurante en vendant dans le monde entier une sorte de portefeuille électronique pour cryptomonnaies. 


La baisse des ventes qui a suivi ce krach a amené Ledger à se recentrer sur les services aux entreprises désireuses d’utiliser la blockchain, a-t-il expliqué: Ledger a par exemple collaboré avec Engie pour mettre en place des boîtiers qui, installés près de compteurs électriques, permettront de créer automatiquement des « tokens » ou « jetons » en cas de production locale d’électricité (via des panneaux solaires par exemple).


« C’est opérationnel sur les premiers marchés tests », a déclaré M. Larchevêque, qui ne prévoit pas cependant de déploiement à grande échelle avant « 2020-2021 ».


« À Paris nous avons une équipe d’environ 50 personnes dédiées à la blockchain » a témoigné de son côté Luca Comparini, le responsable de la blockchain pour IBM France. « Cela montre bien que IBM y croit à tous les niveaux. » 


Les industries financières ont été les premières à imaginer des applications pour fluidifier leurs échanges, a-t-il rappelé.


Mais les industries grand public s’y mettent aussi, comme le montrent les initiatives de Carrefour pour utiliser la blockchain pour donner des informations de traçabilité aux consommateurs, pour le poulet d’Auvergne ou plus récemment pour la purée Mousline. 


Les consommateurs vont se tourner de plus en plus vers « des produits qui offrent une vision augmentée, transparente » de leur historique de production, et qui présentent « la preuve de leurs allégations » (origine des produits de base, date et lieu de fabrication...), a affirmé M. Comparini.


La Banque de France pionnière


De son côté, la Banque de France a mis en oeuvre depuis la fin 2017 une blockchain qui offre un réel retour sur investissement, a assuré Thierry Bedoin, le « M. Numérique » de l’établissement financier. 


L’application reste modeste par son ampleur : elle sert à attribuer automatiquement des numéros d’identification unique à tous les créanciers - opérateurs télécoms, distributeurs d’énergie, commerçants - qui font des prélèvements directs sur les comptes bancaires de leurs clients. « Il s’agit de distribuer 100 à 150 numéros par jour », a précisé Thierry Bedoin. 


Mais elle a fait la preuve de sa fiabilité et de son intérêt, en libérant « plusieurs » postes désormais consacrés à d’autres tâches. « C’est la première blockchain opérationnelle d’une banque centrale dans le monde », s’est-il félicité.


D’une manière générale, « 2019 sera l’année des premiers retours d’expérience concrets sur les projets mis en production. Ce sera l’année où l’on pourra identifier les projets qui ont un vrai retour sur investissement », a estimé Claire Balva, directrice générale du cabinet Blockchain Partners qui a notamment aidé la Banque de France à monter son projet. 


Pour Yorick de Mombynes, haut fonctionnaire et coauteur d’une étude intitulée « Bitcoin, totem et tabou », ces premières applications restent encore loin cependant du potentiel révolutionnaire de la blockchain.


« La vraie innovation de rupture, ce sont les blockchains ouvertes ou publiques », qui ne sont pas contrôlées par un acteur central, mais par une communauté d’utilisateurs, a-t-il expliqué.


« L’économiste Friedrich Hayek avait proposé en son temps la levée du monopole de l’émission monétaire par les États. Cette idée n’est pas enterrée et est en train de prospérer », malgré les revers actuels des cryptomonnaies, a-t-il affirmé. 


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