Les dessous de la vente d'iWeb à l'américaine Internap


Édition du 21 Décembre 2013

Les dessous de la vente d'iWeb à l'américaine Internap


Édition du 21 Décembre 2013

Éric Chouinard, fondateur d'iWeb

Le 27 novembre, l'hébergeur montréalais iWeb devenait officiellement une filiale de l'américaine Internap. Annoncée le 31 octobre, la transaction de 145 millions de dollars américains a fourni un rendement exceptionnel à ses actionnaires, qui avaient privatisé l'entreprise en 2011 pour à peine 47 M$. Éric Chouinard, fondateur d'iWeb, nous raconte les dessous de cette transaction qui a mis fin à un chapitre de sa vie qui aura duré 17 ans.

«Le plan, c'était un horizon de cinq à sept ans. De toute manière, à partir du moment où on a privatisé, la question n'était pas de savoir s'il y aurait une sortie, mais quand», relate Éric Chouinard, qui était chef de la direction au moment de la transaction. Selon lui, c'est la vague de consolidation dans l'industrie qui a précipité la transaction.

Le sort d'iWeb a été scellé alors qu'elle était encore une société publique inscrite à la Bourse de croissance de Toronto. En 2010, elle avait besoin de financement supplémentaire et le prix déprimé de son action rendait peu intéressant une nouvelle émission d'actions. Une telle émission était d'autant moins intéressante que les cofondateurs d'iWeb possédaient alors 54 % du capital action de la société. «Martin Leclair et moi, on s'était dit que, si on perdait le contrôle absolu de la société, il fallait au moins encaisser une certaine partie de notre position dans iWeb», relate l'entrepreneur.

C'est finalement Novacap et d'autres actionnaires, dont la Caisse de dépôt et placement, qui ont procédé à la privatisation d'iWeb en 2011. Les deux cofondateurs ont alors conservé le tiers du capital-actions de la société. Une fois la transaction conclue, Éric Chouinard a cédé une partie de ses responsabilités à Christian Primeau, recruté pour assumer le poste de pdg d'iWeb.

Libéré des contraintes de la Bourse et bénéficiant d'un accès au financement plus facile grâce à l'appui de Novacap, iWeb a presque doublé son chiffre d'affaires, qui est passé de 29 à 47 M$, depuis sa privatisation en 2011. C'est toutefois bien peu par rapport aux 1,3 milliard de dollars américains générés en 2012 par le géant de l'hébergement américain Rackspace. Et c'est sans parler des géants IBM, Microsoft et Amazon, qui ont fait leur entrée dans le marché visé par iWeb au courant des dernières années.

Manger ou être mangé

Afin de rester dans la course, iWeb, dont tous les centres de données sont dans la région de Montréal, n'aurait eu d'autre choix que d'en ouvrir à l'étranger. En effet, la distance entre les serveurs et les utilisateurs a un impact sur la performance, poussant ainsi les géants comme Google et Amazon à établir des centres de données dans différentes zones géographiques. «Nous avions des clients dans l'industrie du jeu qui voulaient desservir l'Amérique du Sud avec iWeb, mais à condition qu'on y exploite un centre de données», illustre Éric Chouinard.

Les financiers appuyant iWeb étaient disposés à réaliser de petites acquisitions, mais il n'a jamais été question d'investir les centaines de millions nécessaire pour faire d'iWeb un consolidateur.

Satisfait et en réflexion

iWeb a été approchée à plusieurs reprises à la suite de sa privatisation, mais tous les acheteurs potentiels avaient été repoussés.

Éric Chouinard dit être satisfait de la vente à Internap, jugeant le multiple payé assez élevé, mais il avoue qu'il aurait aimé amener iWeb plus loin. «Oui, naïvement, j'aurais voulu aller plus loin. Cela dit, jamais, lorsque j'ai démarré iWeb en 1996, je n'aurais pensé me rendre là. À mesure qu'on grandit, on gagne en confiance et on vise plus haut.»

Ce n'est toutefois que partie remise pour lui. Bien qu'il n'ait aucun projet concret en tête, il confie regarder avec intérêt le secteur des mégadonnées. «C'est comme si je venais de faire un demi-marathon. Je ne peux pas me lever le lendemain matin et faire un marathon. L'ambition est encore là, mais j'ai besoin de repos.»

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