Le .boom des nouveaux noms de domaine

Publié le 09/02/2014 à 10:47

Le .boom des nouveaux noms de domaine

Publié le 09/02/2014 à 10:47

Par Yannick Clérouin

Photo: Bloomberg

Le visage de l’Internet ne sera plus jamais le même. La toile sera inondée d’une foule de nouveaux noms de domaine qui feront place à l’innovation, mais aussi à des guerres commerciales entre les puissantes marques.

Vous ne surferez bientôt plus seulement sur des sites dont le nom se termine par les extensions .com, .net .org ou .ca.

De nouveaux noms de domaine de premier niveau (gTLD) ont été créés par l’ICANN, l’organisme à but non lucratif qui coordonne les identifiants à l’échelle mondiale, afin d’augmenter la concurrence et le choix dans le marché des noms de domaine, car celui-ci commençait à être engorgé.

Près de 700 nouveaux noms sont disponibles. Il devrait y en avoir 2000 d’ici quelques années.

Les nouveaux noms de domaines peuvent être géographiques, comme .montreal, ou génériques comme .sexy.

Christine Willet, vice-présidente aux activités gTLD de l’ICANN, qualifie le lancement des nouvelles extensions de «jalon historique». Selon elle, ces nouvelles extensions permettront de créer au cours de la prochaine année une foule de possibilités.

Des occasions et des risques pour les entreprises

La nouvelle génération de noms de domaine offrira des occasions d’affaires pour les entreprises.

Sara Cunha-Rego, directrice de l’entreprise spécialisée dans l’hébergement de sites Web britannique UK2.net, a expliqué dans un communiqué que «les entreprises pourront dorénavant choisir des noms de domaine qui reflètent exactement les activités qu'elles mènent.»

Ainsi, plutôt que de tenter de dénicher un nom de site qui se termine par .com et qui représente bien ses activités (ce qui est de plus en plus difficile en raison de la rareté des noms de domaine disponibles), un restaurant pourra par exemple opter pour l'extension .menu.

Les entreprises devront agir rapidement pour réserver les noms de domaine souhaités, car certains risquent de s’envoler. Une petite recherche sur le site du géant de l’hébergement godaddy.com, par exemple, permet de constater que le nom de domaine restaurant.menu est déjà réservé.

Si la décision de l’ICANN offre des occasions pour les entreprises, elle occasionne également des risques et des coûts. Celles qui désireront protéger leur marque devront investir d'importantes sommes pour mettre la main sur les nouveaux noms associés à leur raison sociale.

L’enjeu est de taille, non seulement en termes financiers, mais également en terme de sécurité. Les entreprises doivent en effet éviter que des noms associés à leur marque tombent entre de mauvaises mains.

Selon les données publiées vendredi par la Trademark Clearinghouse, une entité mandatée par l’ICANN pour gérer les inscriptions des marques de commerce, plusieurs organismes inconnus auraient préréservé des noms de domaine associés au 50 marques du monde qui ont la plus grande valeur. Un récent article de Adweek met en relief le danger auquel les marques de commerce sont dorénavant exposées. Celles des géants alimentaires comme Pepsi ou Kelloggs sont les plus à risque d'être piratées.

Déjà, des géants comme Amazon, Apple, Ford et Google ont réservé des exstensions qui leur sont cruciales. Par exemple, Amazon a acquis l’extension .kindle.

Par ailleurs, des guerres commerciales ont déjà éclaté. L’ICANN doit notamment gérer un litige entourant l’extension .app, convoitée par plus d’une dizaine d’entreprises, dont Google et Amazon.

Il y a un coût important à détenir les nouveaux gTLD. Les entreprises devront débourser 185000$ US à l’ICANN pour obtenir une nouvelle extension, auquel s’ajoute une redevance annuelle de 25000$ US. Voilà un marché qui s'annonce .lucratif...

 

 

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