Huawei, Meng Wanzhou et les deux Michael: une saga diplomatico-judiciaire

Publié le 24/09/2021 à 21:31, mis à jour le 24/09/2021 à 21:39

Huawei, Meng Wanzhou et les deux Michael: une saga diplomatico-judiciaire

Publié le 24/09/2021 à 21:31, mis à jour le 24/09/2021 à 21:39

Par AFP

Meng Wanzhou et ses avocats au Canada (Photo: Getty images)

Le gouvernement américain et la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou, ont passé vendredi un accord qui a ouvert la voie à la fin d’une bataille judiciaire de trois ans entre Pékin, Washington et Ottawa, permettant à la responsable de quitter le Canada pour la Chine. 

Retour sur les moments les plus marquants de cette saga.

 

Une arrestation au Canada 

Le 1er décembre 2018, Meng Wanzhou est arrêtée à la demande des autorités américaines lors d’une escale à l’aéroport de Vancouver. 

La directrice financière de Huawei et fille du fondateur du géant chinois des télécoms est accusée d’avoir menti pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran. 

Ce délit est passible de plus de 30 ans de prison aux États-Unis, pays vers lequel elle est menacée d’extradition. 

Le 11 décembre, un juge ordonne sa libération contre une caution de 10 millions de dollars canadiens (6,5 millions d’euros). Elle est autorisée à vivre dans une de ses villas de Vancouver, mais doit porter un bracelet électronique. 

La Chine menace Ottawa de « graves conséquences » si sa ressortissante n’est pas libérée.

 

Deux Michael détenus en Chine 

Le 13 décembre 2018, la Chine confirme avoir pris des « mesures coercitives » contre deux Canadiens, arrêtés trois jours plus tôt, qu’elle soupçonne « d’activités menaçant sa sécurité nationale ». 

Il s’agit de Michael Kovrig, ancien diplomate auparavant en poste à Pékin, et du consultant et homme d’affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord. 

Ces mesures apparaissent à bon nombre d’observateurs comme une riposte à la détention de Mme Meng. 

Le Canada dénonce des détentions « arbitraires ».

 

Condamnation à mort 

En janvier 2019, les tensions entre Pékin et Ottawa s’exacerbent lorsqu’un tribunal du nord-est de la Chine condamne à mort le Canadien Robert Lloyd Schellenberg, 36 ans. 

Arrêté en 2014 pour trafic de drogue et condamné en première instance à 15 ans de prison, l’homme fait soudainement surface, la justice jugeant la peine initiale trop « indulgente ».

 

Détention « arbitraire »

Le 17 mai 2019, la Chine place formellement en état d’arrestation MM. Kovrig et Spavor, plus de cinq mois après leur interpellation. 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau qualifie la mesure « d’inacceptable ». 

Le 22 août, les États-Unis montent au créneau: le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo évoque une « détention arbitraire ».

 

À (re)lire, les analyses de François Normand:

Vers un réchauffement des relations commerciales avec la Chine?

Évitons de mettre d'autres Canadiens en danger en Chine

 

Revers judiciaire

En mai 2020, un tribunal au Canada se prononce pour la poursuite de la procédure judiciaire à l’encontre de Meng Wanzhou en vue d’une extradition vers les États-Unis. Cette décision douche les espoirs d’un réchauffement des relations entre le Canada et la Chine.

 

11 ans de prison

Un mois plus tard, la justice chinoise inculpe formellement MM. Kovrig et Spavor pour « espionnage » et « divulgation de secrets d’État ». 

Dans un procès à huis clos, Michael Spavor est condamné en août 2021 à une peine de 11 ans d’emprisonnement, un verdict jugé « absolument inacceptable » par Ottawa. Aucune décision n’a encore été annoncée dans le cas de M. Kovrig.

 

Accord

Après trois ans de tensions, l’apaisement?

Le gouvernement américain a proposé vendredi devant un tribunal de New York de « reporter » jusqu’à la fin 2022 les poursuites engagées contre Meng Wanzhou, un accord entériné par la justice.

Dans la foulée, une juge canadienne a ordonné la remise en liberté de Mme Meng et clôturé la procédure

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