Avec Helix, Vidéotron pourrait en découdre avec... Hydro-Québec

Publié le 13/12/2018 à 07:00

Avec Helix, Vidéotron pourrait en découdre avec... Hydro-Québec

Publié le 13/12/2018 à 07:00

Par Alain McKenna

En octobre dernier, l’annonce du départ de la présidente de Vidéotron Manon Brouillette a complètement enterré le lancement par le fournisseur de services de télécommunications montréalais de sa nouvelle plateforme Helix. Particulièrement ambitieuse, celle-ci se positionne comme la réponse à tous les changements technologiques qui s’en viennent dans ce marché, allant de la commande vocale intégrée, à l’émergence d’un modèle décentralisé de distribution télévisuelle incluant autant des applications et des services web en tout genre que des chaînes spécialisées.


Bref, et Mme Brouillette le mentionnait en annonçant son virage professionnel, Helix positionne Videotron pour la décennie à venir. En espérant que Helix n’attendra pas dix ans avant d’atterrir dans les salons québécois, car Bell, Telus et d’autres encore ont aussi entamé ce virage vers une distribution élargie de services connectés.


Fait intéressant, dans les trois cas, on s’ouvre à un tout nouveau créneau encore émergent, du côté de l’électronique grand public : la maison connectée. Qu’il s’agisse d’allumer et éteindre ses lumières à distance, ou de verrouiller et déverrouiller la porte d’entrée, de nombreux appareils connectés existent déjà, mais sont pour le moment encore peu adoptés par les consommateurs au Canada et au Québec.


Mais ça ne saurait tarder. Pas pour rien si Bell a lancé, plus tôt cet été, une gamme de routeurs en maillage conçue exprès pour optimiser la gestion de tous ces bidules dotés d’une antenne WiFi et d’une application mobile…


Helix, Comcast et votre calorifère


Chez Vidéotron, Helix comprend donc des «composants de domotique», comme le résume, assez vaguement merci, l’entreprise dans son communiqué de lancement.


Comme la technologie s’inspire grandement du service X1 du fournisseur américain Comcast, on peut imaginer que son offre sera conséquente. Gestion de l’éclairage, surveillance vidéo à distance, et commande à distance de la température via des thermostats connectés.


C’est là que ça devient intéressant : chez Comcast, on estime qu’un thermostat connecté permet d’économiser, annuellement, des sommes pouvant atteindre 300 à 400 dollars. «Même si vous quittez la maison en oubliant d’ajuster la température, les meilleurs thermostats WiFI le feront pour vous», illustre le fournisseur américain.


À l’échelle d’une maison québécoise typique, les économies ne seront jamais du même ordre qu’aux États-Unis. Notre électricité coûte moins cher, a un prix fixe toute la journée, et dans l’écrasante majorité des cas, nos maisons sont munies de plinthes électriques qui ne sont pas liées à un climatiseur ou une thermopompe. Un système central pour lequel la plupart des thermostats intelligents sont conçus à l’heure actuelle est somme toute plutôt rare, chez nous.


Bref, ça complique un peu l’équation, mais le résultat est le même : à l’échelle des 1,8 million de foyers que dessert Vidéotron, ces quelques kilowatts grappillés ici et là via un service domotique centralisé peuvent se traduire par une coquette économie d’énergie pour une province dont le fournisseur d’électricité ne sait plus s’il aura, ou pas, des surplus d’ici sept ou huit ans.


Entre Vidéotron et Hydro-Québec, il n’y a qu’un pas…


En ajoutant les bons outils de mégadonnées à ses opérations, Vidéotron (ou Bell, ou…) pourrait calculer les économies d’énergie réalisables grâce à Helix et soumissionner lors d’un appel d’offres pour un bloc énergétique commandé par Hydro-Québec.


La nuance étant que le câblo (à qui il faudra bientôt trouver un nouveau surnom) ne proposerait pas de produire davantage d’énergie, mais de réduire la consommation d’un montant équivalent sur son réseau. Il offrirait ainsi un bloc énergétique négatif, ce qui est doublement ingénieux, car non seulement ça ouvre un tout nouveau marché à mi-chemin entre les télécoms et la production d’énergie, mais la non-consommation est aussi, et de loin, la meilleure façon de réduire son impact environnemental, peu importe l’angle étudié.


Si tout ça semble farfelu, cramponnez-vous fermement à votre fauteuil, car ça ne l’est pas vraiment. Dans certains pays d’Europe, c’est une pratique qui existe déjà, nous expliquait il y a quelques semaines à peine un haut dirigeant d’Hydro-Québec qui en connait un rayon sur les marchés énergétiques étrangers. Même au Québec, des startups rêvent de jouer un tel rôle et ont déjà créé la technologie pour y arriver.


Tout ça ne semble pourtant pas près de se produire. La domotique est émergente au Québec, et les enjeux environnementaux portent moins sur l’immobilier résidentiel que sur le transport, lourdement dépendant des hydrocarbures.


Si on observe le sujet sous un autre angle, on voit le potentiel du marché des maisons et objets connectés pour une entreprise comme Hydro-Québec. D’autres joueurs qu’elle, incluant Vidéotron, semblent enfin se positionner pour s’en approprier les plus grands bénéfices.


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