Au Bitcoin Center, les fidèles gardent espoir en la cryptomonnaie

Publié le 16/04/2018 à 13:03

Au Bitcoin Center, les fidèles gardent espoir en la cryptomonnaie

Publié le 16/04/2018 à 13:03

Par AFP

Au sud-est de Manhattan à New York, les plus fidèles adeptes du bitcoin veulent continuer de croire en l'avenir radieux de la cryptomonnaie, malgré une récente chute des prix et un essoufflement de l'engouement populaire.

«Il y a deux mois on ne pouvait pas respirer ici. Il y avait tellement de monde qu'on était obligés de laisser les gens dehors», raconte Nick Spanos, fondateur en 2013 du Bitcoin Center, une arrière-salle d'un restaurant ukrainien dans le quartier de l'East Village servant de camp de base aux adeptes de cette devise.

En ce jeudi du mois d'avril, une petite centaine de passionnés est là pour échanger des bitcoins via des applications de courtage sur smartphones, profiter du buffet gratuit, ou écouter la bonne parole du «gourou», Nick Spanos.

Pour remotiver les troupes qu'a pu démoraliser le plongeon des cours, cet ancien consultant du sénateur américain libertarien Ron Paul s'en prend au micro aux journalistes.

Sa bête noire reste toutefois Jamie Dimon, le PDG de la banque JPMorgan Chase, qui avait qualifié de «stupides» les acheteurs de bitcoins avant de faire marche arrière.

Devant une audience acquise, il présente le banquier, dont le nom est hué, comme un oiseau de mauvais augure. Il s'agit de faire bloc au moment où la devise virtuelle traverse une période difficile. Après avoir tutoyé les 20.000 dollars à la mi-décembre, le bitcoin a perdu quasiment le tiers de sa valeur et évoluait vendredi à 7.889 dollars, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Les volumes échangés ont reculé de moitié entre la mi-décembre et le début du mois d’avril, toutes plate-formes confondues, selon Bitcoinity.org.

Panique

Autre signe de l'essoufflement, le nombre hebdomadaire de recherches sur Google avec le terme bitcoin a été divisé par plus de cinq depuis l'apogée de l'intérêt pour la devise en décembre.

«J’ai paniqué à la fin-décembre», confie Zalman, un passionné d'informatique de 24 ans qui ne donne pas son nom de famille. Il a effectué ses premiers achats quelques mois avant la flambée des prix.

«La glissade a été dure à digérer même si je savais que le cours ne pouvait pas monter éternellement. Je n’ai pas vendu parce que je crois à la révolution technologique qu’il y a derrière», affirme-t-il.

«Il est dur de se réveiller le matin et de s’apercevoir qu'on a perdu des milliers de dollars dans la nuit», reconnait Daniel, un autre affidé assis près de lui. Ce jeune investisseur confie avoir vendu, au moment de la chute, «une petite partie» des bitcoins qu'il avait commencé à acheter il y a huit ans. Un bitcoin valait alors moins d'un dollar.

«Mais ensuite il m'a suffi de me rappeler de la bulle de 2013 pour me convaincre de garder ma mise», ajoute-t-il en référence au plongeon du cours du bitcoin en sept jours, de 1.137 dollars le 29 novembre 2013 à près de 600 dollars sept jours plus tard avant un rebond dans la foulée.

Néophytes

«C’est sans doute une bonne chose que les prix aient chuté, nous étions montés trop vite. Des gens qui n’y connaissaient absolument rien venaient nous voir en nous disant qu’ils allaient retirer toutes leurs économies pour les mettre dans les monnaies virtuelles», se souvient un membre du Bitcoin Center, qui ne veut pas donner son nom.

Ce sont ces récents investisseurs, alléchés par une forte progression des cours en fin d’année dernière, qui ont réellement souffert de la volatilité.

«Les néophytes qui sont entrés sur le marché quand le bitcoin valait 19.000 dollars ont de quoi être déçus. Mais la communauté, y compris ceux qui ont investi pas plus tard qu’en mai dernier, n’a pas perdu d’argent«, remarque Michael Casey, président du comité de surveillance de CoinDesk, une plate-forme d’information sur les cryptomonnaies et la technologie Blockchain.

«Le bitcoin ce n’est pas une arnaque du genre +devenez riche rapidement+. L’objectif c’est de garder sa mise et d’obtenir au bout du compte l'indépendance monétaire. Nous n’avons pas besoin de ces gens-là», lance, convaincu, Nick Spanos.

 


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