Allégations «scandaleuses»: Shopify ne convainc pas, son action recule

Publié le 02/11/2017 à 09:26

Allégations «scandaleuses»: Shopify ne convainc pas, son action recule

Publié le 02/11/2017 à 09:26

Par La Presse Canadienne

Shopify a affiché mardi une solide hausse de ses revenus pour son plus récent trimestre et l'entreprise d'Ottawa a profité du dévoilement de ses résultats pour se défendre contre les «allégations scandaleuses» faites par un «troll de la vente à découvert». Ses explications n'ont pas semblé rassurer les investisseurs et son action a chuté de plus de huit pour cent.

La plateforme de commerce électronique (TSX:SHOP) a dégagé au troisième trimestre son premier bénéfice d'exploitation ajusté depuis qu'elle est inscrite en Bourse, un seuil qu'elle espérait franchir au prochain trimestre. Ses revenus ont progressé de 72 pour cent au cours de la période close le 30 septembre, par rapport au même trimestre l'an dernier.

Le chef de la direction de Shopify, Tobias Lutke, s'est attaqué mardi aux allégations lancées plus tôt en octobre par le vendeur à découvert Andrew Left, de la firme Citron Research. Ses accusations contre le modèle d'affaires de Shopify avaient fait reculer les actions de l'entreprise de plus de 10 pour cent à la Bourse de Toronto lors de leur annonce. Le titre a depuis repris du terrain, mais il a cédé mardi 11,96 $, soit 8,5 pour cent, à 128,26 $.

M. Lutke a tenté de rassurer les investisseurs lors d'une conférence téléphonique avec des analystes. «(Cet appel) va être amusant», a-t-il lancé au début de l'appel. L'entreprise a attendu près d'un mois avant de répondre aux accusations parce qu'elle refuse de s'engager dans la gestion à court terme de son action, a-t-il expliqué, ajoutant qu'il préférait prévoir du temps, chaque trimestre, pour informer les analystes et répondre à leurs questions.

Cependant, Shopify n'a pas donné d'information sur les coûts d'acquisition et le «taux de désabonnement» évoqués par M. Left pour appuyer son hypothèse voulant que l'entreprise soit surévaluée.

Le 4 octobre, M. Left a publié une vidéo dans laquelle il faisait valoir que l'entreprise, qui fournit aux détaillants en ligne des services transactionnels, ne respectait pas les normes établies par la Commission fédérale du commerce (FTC) des États-Unis. Il y calculait aussi que la valeur réelle de son action était plus près de 60 $ US, avant toute action potentielle entreprise par la FTC.

La société «est passée maître dans les bonnes vieilles combines pour s'enrichir rapidement», affirmait-il dans la vidéo, avant de comparer ses pratiques à celles d'Herbalife. La FTC a récemment terminé une enquête de deux ans sur l'entreprise de vente directe de suppléments alimentaires à la suite d'accusations voulant qu'elle soit exploitée comme une combine pyramidale. La FTC a ordonné à Herbalife de restructurer ses activités américaines et de payer un règlement de 200 millions $ US.

Selon M. Left, les partenaires de la société recrutent des marchands en leur promettant des emplois autonomes et des revenus de plusieurs millions de dollars.

Pendant la conférence téléphonique de mardi, le chef de la direction a assuré que l'entreprise vendait une plateforme de commerce électronique, et non des occasions d'affaires, et qu'elle se conformait aux règles de la FTC.

Une grande partie du contenu des produits de Shopify montre combien l'entrepreneuriat est difficile, et non facile, a-t-il affirmé.

«Insinuer que ces entreprises sont, en quelque sorte, illégitimes est une insulte à leur dur labeur», a estimé M. Lutke.

Shopify a consulté des conseillers juridiques, a indiqué M. Lutke, qui croient, eux aussi, que les affirmations sont non fondées. En outre, l'entreprise n'a pas été contactée par la FTC.

Citron Research s'est dite "non impressionnée" par la réponse de Shopify et a ajouté, dans un communiqué, qu'elle avait fait parvenir à la FTC un dossier sur ses allégations. «Il est impossible de comprendre la vraie force de l'activité de base de Shopify sans aller dans les détails au sujet du coût d'acquisition des clients réel.»

Citron affirme que Shopify doit dévoiler ses chiffres sur les pertes de clients, qui indiquent combien d'entrepreneurs cessent d'utiliser sa plateforme, «afin que les investisseurs puissent effacer ou retirer la partie déloyale/illégale de leurs activités, qui sera inévitablement réfrénée par les autorités réglementaires.»

Shopify n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur les affirmations de Citron Research.

Entre-temps, elle a affiché une perte de 9,4 millions $ US pour son troisième trimestre, soit 9 cents US par action. En comparaison, elle avait réalisé une perte de 9,1 millions $ US, ou 11 cents US par action, pour la même période, pendant laquelle elle comptait moins d'actions en circulation.

Sur une base ajustée, Shopify dit avoir réalisé un bénéfice de 5 millions $ US, soit 5 cents US par action, à son plus récent trimestre, comparativement à une perte ajustée de 1,8 million $ US, ou 2 cents US par action, un an plus tôt.

Ses revenus ont totalisé 171,5 millions $ US, un chiffre en hausse par rapport à celui de 99,6 millions $ US du troisième trimestre de 2016. Les revenus d'abonnements ont grimpé à 82,4 millions $ US, par rapport à 49,8 millions $ US l'an dernier, tandis que les revenus des solutions aux marchands ont progressé à 89 millions $ US, contre 49,7 millions $ US.


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