«La concurrence d'Amazon pose plus de défis que celle de Target» - Domenic Pilla, président et chef de la direction de Shoppers Drug Mart


Édition du 14 Décembre 2013

«La concurrence d'Amazon pose plus de défis que celle de Target» - Domenic Pilla, président et chef de la direction de Shoppers Drug Mart


Édition du 14 Décembre 2013

Par Stéphane Rolland

Domenic Pilla, président et chef de la direction de Shoppers Drug Mart

Domenic Pilla, président et chef de la direction de Shoppers Drug Mart (connu grâce à l'enseigne Pharmaprix au Québec), était le conférencier du Rendez-vous financier Les Affaires, tenu le 5 décembre à Montréal. Il a répondu aux questions de notre journaliste Stéphane Rolland.

Les Affaires - Si le Bureau de la concurrence le permet, vous deviendrez une division de l'épicier Loblaw. De quelle façon cela va-t-il changer le visage de Shoppers Drug Mart ?

Domenic Pilla - L'entreprise sera différente à deux égards. D'abord, Loblaw a fait beaucoup de R-D pour concevoir des produits frais et de qualité. Nous serons désormais en mesure d'offrir ces produits et services. Ces ajouts toucheront principalement nos sections santé-beauté et alimentation. Ensuite, Shoppers Drug Mart profitera d'une nouvelle avenue de croissance en accédant aux 500 pharmacies de Loblaw.

L.A. - La concurrence s'intensifie pour les épiciers. Leurs résultats, dont ceux de Loblaw, sont sous pression. Quel est l'intérêt pour Shoppers Drug Mart de renforcer son offre alimentaire dans un marché saturé ?

D.P. - Nous le faisons parce que nos magasins sont très bien situés. Au Canada et dans le reste du monde, le petit magasin est le format qui connaît la plus forte croissance dans les centres urbains. Loblaw avait deux choix : elle pouvait acquérir le format ou le bâtir. Elle a choisi de l'acheter.

L.A. - En juillet, vous prévoyiez finaliser la transaction en sept mois. Est-ce toujours votre échéancier ?

D.P. - Nous conservons le même échéancier. Les choses se déroulent comme prévu.

L.A. - L'implantation de Target au Canada a alimenté beaucoup de conversations chez les détaillants. La société a ouvert ses premiers magasins au printemps. En ressentez-vous l'impact ?

D.P. - C'est sûr qu'il y a un impact, car le marché est partagé entre de plus nombreux points de vente. En ce qui concerne notre modèle d'entreprise, cela ne change rien. Gérer la concurrence de l'hypermarché n'est pas nouveau pour nous. Ça fait une décennie que nous concurrençons des magasins de grande surface comme Costco ou Walmart. Ce qui marque un changement pour le marché, c'est l'arrivée de la concurrence numérique. Amazon a d'ailleurs annoncé récemment qu'elle voulait vendre des produits frais au Canada. Il faudra qu'on adapte notre modèle d'entreprise à ce nouveau service.

L.A. - Comment composerez-vous avec la menace numérique ?

D.P. - Amazon amène le client à changer ses habitudes. Nous devons être à l'écoute des besoins de nos clients s'ils souhaitent faire des achats sur d'autres plateformes. Nous évoluons ; nos services numériques connaissent un développement important. Nous sommes déjà présents sur Internet, les téléphones mobiles et les réseaux sociaux.

L.A. - Le contexte réglementaire vous a été défavorable avec des lois abaissant le prix des médicaments génériques. Le pire est-il derrière vous ?

D.P. - Les gouvernements exercent encore des pressions économiques. Cependant, nous sommes encouragés par le fait que les provinces adoptent maintenant une démarche plus coordonnée par l'intermédiaire du Conseil de la fédération. C'est plus facile pour nous d'avoir un seul interlocuteur. Nous sommes invités à participer au processus, ce qui est rassurant. Je crois que les gouvernements vont réaliser qu'ils réduiraient davantage leurs coûts en donnant plus de responsabilités aux pharmaciens qu'en essayant de diminuer le prix des médicaments génériques.

L.A. - La Cour suprême du Canada a récemment validé une loi qui interdit aux pharmaciens de vendre leurs propres médicaments génériques en Ontario. Craignez-vous que d'autres provinces emboîtent le pas ?

D.P. - Nous ne sommes pas inquiets, parce qu'aucune autre province n'a ce projet-là. Les autres provinces, et même les pays développés, reconnaissent la valeur qu'apporte un pharmacien qui fabrique des médicaments génériques. C'est reconnu au Québec où nous sommes deux à le faire : nous [Sanis] et le Groupe Jean Coutu [Pro Doc].

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