Électrobac étend son action dans la province


Édition du 14 Février 2015

Électrobac étend son action dans la province


Édition du 14 Février 2015

« Les gens savent déjà que les appareils électroniques ne vont pas à la poubelle. Ils les jettent parce qu’ils ne voient pas d’autres options », dit Philip Bénard, fondateur d’Électrobac. [Photo Jérôme Lavallée]

La vie des produits électroniques est de plus en plus brève : 24 mois au Canada pour un cellulaire, selon une étude réalisée en 2013 par le Groupe conseil Quorus. Téléphones, lecteurs MP3, appareils photo numériques, câbles, chargeurs et cartouches d'encre se retrouvent souvent à la poubelle. Un problème, puisqu'ils contiennent des éléments polluants, mais aussi parfois des données confidentielles.

Électrobac, une petite entreprise montréalaise, a conçu des bacs pour récupérer ces objets de manière sécuritaire avant de les acheminer aux recycleurs spécialisés. On les retrouve dans les universités, les centres commerciaux, les épiceries et les tours de bureaux. Depuis sa création à Montréal en 2011, la firme est en expansion. Elle est passée de 30 à 130 points de chute en deux ans dans la métropole. Une vingtaine de points de dépôt viennent d'être déployés à Québec. Sous peu, il devrait y avoir 200 bacs dans la province. Électrobac a récupéré 220 000 appareils en 2014, alors qu'elle en avait collecté 80 000 en 2013.

Durant la dernière année, l'entreprise a conclu des ententes avec d'importants fonds immobiliers à Montréal, dont Ivanhoé Cambridge. Des bacs ont été installés dans neuf immeubles appartenant à cette dernière, comme la Place Ville Marie, le Centre de commerce mondial de Montréal et le 1000 De La Gauchetière. La PME a amorcé des discussions avec des épiceries et des centres commerciaux de Sherbrooke, Trois-Rivières et Gatineau. Elle évalue aussi les possibilités de s'implanter à Toronto.

Philip Bénard, président et fondateur d'Électrobac, croit que les centres de recyclage certifiés par le Bureau de la qualification des recycleurs (BQR), où sont convoyés les produits recueillis dans les bacs, peuvent en recevoir davantage.

Pour détourner davantage le matériel électronique des sites d'enfouissement, Électrobac amorce un projet marketing. Pour ce faire, elle engagera de finissants en marketing pour discuter avec les passants de ses différents bacs. «Les gens savent déjà que les appareils électroniques ne vont pas à la poubelle. Ils les jettent parce qu'ils ne voient pas d'autres options», explique M. Bénard. Le but consiste donc à bien signaler au public les endroits où se trouvent ses points de dépôt.

L'entreprise a aussi amélioré ses bacs depuis ses débuts. Elle a développé sa propre technologie machine à machine (M2M) pour mesurer à distance leur niveau de remplissage et ainsi éviter les débordements ou les déplacements inutiles. Un système optoélectronique réalise quotidiennement une lecture de la hauteur atteinte par le matériel déposé, pour ensuite le signaler au serveur de l'entreprise via les ondes cellulaires.

Malgré sa croissance, Électrobac n'envisage pas la collecte de gros appareils, tout comme elle ne souhaite pas s'aventurer dans le marché des déchets électroniques des entreprises. «On veut occuper une niche», souligne Philip Bénard.

Dans la vieille capitale, la PME de sept employés a sous-traité le transport à Colis Grammes, une entreprise de livraison écoresponsable. «On est bon pour faire le design des bacs, pour trouver des stratégies d'implantation ou de développement de réseau, pour solliciter les gens et faire du marketing. C'est là-dessus qu'on veut se concentrer en assurant une chaîne logistique impeccable. Mais notre entreprise n'en est pas une de transport. Nous ne sommes pas les meilleurs pour conduire des camions.» Éventuellement, M. Bénard souhaite sous-traiter l'ensemble de cette tâche, afin qu'Électrobac mise davantage sur ses forces et puisse combler ses ambitions d'expansion.

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