Du chocolat sans arrière-goût


Édition du 15 Février 2014

Du chocolat sans arrière-goût


Édition du 15 Février 2014

Par François Normand

Les traditionnels chocolats de la Saint-Valentin ont un arrière-goût amer quand on sait qu'ils pourraient bien être le fruit du travail forcé d'enfants dans des plantations de cacao. Les entreprises de l'industrie chocolatière du Québec ont conscience du problème, mais éradiquer l'exploitation d'enfants de leur chaîne d'approvisionnement est un défi colossal. Des solutions existent toutefois, à condition de s'en donner les moyens.

Geneviève Grandbois parle avec assurance lorsqu'il est question de son entreprise et de ses produits chocolatés. Par contre, son ton est moins assuré lorsqu'elle parle de la chaîne d'approvisionnement en cacao des Chocolats Geneviève Grandbois et de la possibilité qu'il y ait des fournisseurs qui forcent des enfants à travailler. «Leurs réponses sont politiquement correctes ; nous n'avons toutefois rien qui nous garantis ou qui nous prouve quoi que ce soit...»

Reconnue pour la finesse de ses produits, Chocolats Geneviève Grandbois n'importe pas directement son cacao. Elle s'approvisionne auprès de fournisseurs européens comme Cacao Barry (Barry Callebaut), Valrhona et Michel Cluizel, et ce, même si elle possède une plantation au Costa Rica. À ce jour, son entreprise n'a importé que 3 kilogrammes (kg) de cacao issus de cette plantation, qui est utilisée pour tester différents cacaoyers.

L'entrepreneure québécoise n'est pas la seule à douter de l'intégrité de sa chaîne d'approvisionnement. On se pose aussi des questions chez Euro-Excellence, un distributeur de chocolats européens au Canada, dont l'unique entrepôt au pays est situé à Candiac, sur la Rive-Sud de Montréal. Et quand les réponses ne sont pas satisfaisantes, on n'hésite pas à renoncer. «On ne travaille pas avec certains gros fournisseurs, car nous manquons d'information sur leurs pratiques», admet Nicolas Libbrecht, vice- président exécutif.

Faute de faire vérifier sur place chacun des maillons de sa chaîne d'approvisionnement, la société dit se fier au cahier des charges, un document détaillant les pratiques du fournisseur, dont la chaîne d'approvisionnement des fabricants de chocolat dont elle distribue les produits. C'est ce que font la vaste majorité des entreprises du Québec qui distribuent ou fabriquent du chocolat, d'après nos recherches.

Le hic, et ce qui explique les doutes des chocolatiers, c'est que leurs fournisseurs de cacao s'approvisionnent en matières premières dans des pays d'Afrique, d'Amérique latine ou d'Asie, où des enfants travaillent dans les plantations. En Afrique occidentale seulement, on estime que 1,8 million d'enfants récoltent le cacao, selon une étude récente de l'université Tulane, en Louisiane.

Or, souvent, il s'agit de travail forcé. Le problème est particulièrement criant en Côte d'Ivoire, le plus important pays producteur de fèves de cacao du monde.

Selon l'Unicef, 600 000 enfants sont impliqués dans la production de cacao dans ce pays, dont 98 % dans des plantations familiales. Il est difficile de trouver des statistiques sur les enfants qu'on force à travailler. Le département d'État américain estime qu'environ 10 000 enfants sont esclaves ou victimes de trafic humain en Côte d'Ivoire.

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