Une histoire de transmission à la Fonderie Poitras

Offert par Les Affaires

Publié le 03/10/2019 à 14:00

Une histoire de transmission à la Fonderie Poitras

Offert par Les Affaires

Publié le 03/10/2019 à 14:00

(Photo: 123RF)

PME DE LA SEMAINE. La Fonderie Poitras se spécialise dans la fabrication de pièces moulées en fonte pour l'industrie automobile depuis près de 35 ans. Acteur majeur de l'équilibre économique dans la région de Chaudière-Appalaches, l'entreprise manufacturière aborde avec confiance une nouvelle phase de son développement, soutenue par l'arrivée de nouveaux actionnaires.

Nichée au coeur de la municipalité de L'Islet depuis près d'un siècle, la fonderie agit comme un repère pour ses habitants. L'entreprise a changé de vocation plusieurs fois dans son histoire avant de devenir Fonderie Poitras et de se spécialiser dans la fabrication de pièces en fonte intervenant dans les mécanismes de transmission automobile. Or, depuis toujours, cette entreprise participe activement au dynamisme économique local.

Jason Robitaille a commencé à travailler à Fonderie Poitras il y a six ans. D'abord comme chargé de projet, son intérêt pour ce secteur automobile a grandi au fur et à mesure qu'il a gravi les échelons jusqu'à devenir rapidement directeur de l'usine. «L'industrie automobile est un secteur très concurrentiel qui nous pousse à apprendre et à nous adapter en permanence, déclare-t-il. C'est très excitant.»

Depuis environ un an, l'unique propriétaire de Fonderie Poitras, Claude Massé, se prépare à passer la main. C'est naturellement qu'il a pensé à M. Robitaille pour prendre la tête de l'entreprise. Après des mois de démarche, M. Massé a établi cet été un plan de relève avec Fondaction et Desjardins Capital pour assurer la pérennité de l'entreprise et permettre également à M. Robitaille de détenir 35 % du capital.

Maintenir les emplois dans la région

L'équipe dirigeante travaille actuellement sur un nouveau plan de développement. L'objectif est de continuer à soutenir la croissance de 15 % à 25 % que l'entreprise connaît depuis cinq ans. Pour ce faire, Fonderie Poitras compte bien poursuivre ses efforts afin de rendre toujours plus attractifs les emplois qu'elle propose. «Un de nos grands enjeux, c'est la question de la main-d'oeuvre et de la perception que les travailleurs ont de notre industrie. Les gens pensent que c'est vieux et pas propre, alors que l'automatisation et la simplification des tâches ont grandement amélioré les conditions de travail», précise M. Robitaille. L'an passé, l'entreprise a même investi 1 million de dollars dans la construction de maisons à proximité de l'usine afin de faciliter la vie de ses travailleurs.

Fonderie Poitras veille également à réduire le plus possible son impact environnemental. L'acier utilisé est recyclé et provient d'autres manufactures situées en Ontario. Par ailleurs, l'usine récupère 95 % du sable utilisé pour la confection de moules, et a fait installer des fours à induction, qui permettent de diminuer les émanations.

Défis à venir

Aujourd'hui, Fonderie Poitras produit à 98 % des pièces qui interviennent dans les mécanismes de transmission de voiture. À l'avenir, l'entreprise souhaite se diversifier et produire également des pièces de différentiel, un autre composant du système de transmission. Elle considère, par ailleurs, l'acquisition de machines plus grosses afin de pouvoir fabriquer des pièces pour la direction et le châssis des véhicules.

Cette orientation est envisagée comme un des moyens de s'adapter aux évolutions de l'industrie automobile, notamment au développement du marché des véhicules électriques et hybrides qui réclament moins de pièces en fonte. M. Robitaille a bien conscience que cette évolution du marché va modifier leur modèle d'affaires mais, pour l'heure, il n'y voit aucunement une menace.

***

Fonderie Poitras en quelques chiffres

Année de création : 1965

Nombre d'employés : 170 personnes

Siège social : L'Islet

Chiffre d'affaires : 40 M$ par année. Près de 95% de la production est exportée aux États-Unis et au Mexique.

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