Un décrocheur qui frappe des grands chelems

Publié le 12/05/2016 à 14:19

Un décrocheur qui frappe des grands chelems

Publié le 12/05/2016 à 14:19

Par Claudine Hébert

Stéphane Tétrault, propriétaire-fondateur d’Imports Dragon.

PME DE LA SEMAINE - En attendant le retour d’une équipe de la Ligue majeure de baseball (MLB) à Montréal, l’entreprise Imports Dragon, elle, a déjà frappé tout un grand chelem. En mars dernier, la PME de Boisbriand a décroché une entente avec ce circuit professionnel et l’association des joueurs (MLBPA) pour fabriquer et distribuer les figurines des plus populaires acteurs des grands stades de baseball.

«Ce n’était pas facile de convaincre la MLB de nous accorder, à nous une entreprise québécoise, le privilège de produire et de vendre les figurines des joueurs d’un sport national américain. La MLB a mis au moins six mois avant de nous donner le feu vert», soulève Stéphane Tétrault, propriétaire-fondateur d’Imports Dragon. Au moins 40 joueurs différents, dont une édition limitée du gros cogneur des Red Sox de Boston, David Ortiz, seront disponibles pour la saison 2016.

Tout a commencé par une boutique de cartes de hockey et de Pokemon, Le Coin du collectionneur, à Sainte-Thérèse, en 1998. Stéphane Tétrault, un décrocheur de l’école secondaire, avait 17 ans lorsqu’il s’est lancé en affaires.

En 2000, sa petite entreprise, qui a pris le nom d’Imports Dragon, a commencé à distribuer des jouets dont il avait décroché les licences. Ses principaux clients étaient les succursales des Superclub Videotron, Rogers et Blockbuster à travers le pays.

En 2009, lorsque la location de DVD a amorcé son déclin, Rogers et Blockbuster ont commencé à fermer massivement leurs portes. «On a perdu, du coup, nos deux plus gros clients», se rappelle Stéphane Tétrault.

L’entreprise, qui comptait à cette époque une cinquantaine d’employés, a dû réduire son personnel de moitié. «On était pris avec l’inventaire, c’était l’enfer. C’est à ce moment que j’ai décidé ne plus avoir de clients fixes et de ne plus me contenter de la distribution. Mon entreprise serait également productrice de jouets», rapporte M. Tétrault.

C’est ainsi qu’en 2010, Imports Dragon a été approchée par Les Éditions Chouette pour produire des figurines de Caillou. Ensuite, ce fut Trash Pack. Depuis 2011, la PME de Boisbriand détient les droits canadiens pour la production et la distribution de ces jouets créés par l’entreprise australienne Moose Toys.

C’est grâce à ces tout petits monstres des poubelles qui portent des noms tel Pom’Pourri, D-Goûtant, Mouette-Rapace et Pain-Moisi, qu’Imports Dragon est devenu le producteur de figurines des joueurs de la Ligue nationale de hockey et de la MLB.

«Les enfants du responsable de la commercialisation de la licence de l’Association des joueurs de la LNH, Martin McQuaig, raffolent de nos figurines Trash Pack. M. McQuaig s’est alors demandé qui se cachait derrière la mise en marché de ces jouets», raconte Stéphane Tétrault.

Selon M. McQuaig que nous avons joint à Toronto, jamais, dit-il, il n’avait vu encore au sein de son industrie une entreprise produire des figurines d’une qualité supérieure avant de rencontrer Stéphane Tétrault et son équipe.

Il faut savoir que Stéphane Tétrault maîtrise l’art de la mise en marché. Il l’a appris sur le tas lorsqu’il s’occupait de la distribution des jouets de ses clients dans les clubs vidéo dans les années 2000.

Aujourd’hui, Imports Dragon travaille avec une quinzaine de marques. Juste au Canada, les ventes au détail des jouets produits par la PME représentent 150 M$ par année. Sans vouloir être précis sur le sujet, Stéphane Tétrault indique que les revenus annuels de l’entreprise se situent entre 100 M$ et 150 M$. Depuis trois ans, ces revenus augmentent de 100% chaque année.

Les figurines sont fabriquées dans une vingtaine d’usines en Chine. Des déplacements sont effectués tous les deux mois pour visiter l’ensemble des usines sur place.

De l’avis de Jean-Luc Geha, professeur de marketing au HEC Montréal, «lorsqu’une entreprise maîtrise la mise en marché de ses produits, ce qui est la toute dernière étape de la chaîne, il y a de fortes possibilités qu’elle maîtrise également les autres étapes telle la production, l’emballage, la traduction, l’importation et la distribution. Ce qui est le cas, observe-t-il, d’à peine 25% des entreprises dans le secteur du détail.»

En un coup d’œil

Année de création : 1998

Nombre d’employés : 75 employés.

Chiffre d’affaires : De 100M$ à 150M$

Objectif pour 2016 : Gérer la croissance de l’entreprise. « Depuis quatre ans, indique M. Tétrault, la réputation d’Imports Dragon ne cesse de croître au point tel que je dois refuser 95% des demandes de production et de distribution qui nous sont adressées. » Il faudra aussi que le dirigeant d’Imports Dragon apprenne à déléguer. Actuellement, il occupe tous les postes de direction des départements de son entreprise à l’exception des ressources humaines et de la comptabilité.


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