Shapr, le Tinder professionnel qui a levé 16 M$ US

Publié le 01/08/2017 à 14:30

Shapr, le Tinder professionnel qui a levé 16 M$ US

Publié le 01/08/2017 à 14:30

Par Matthieu Charest

Fondée en 2015, la française Shapr (prononcer «Shaper»), veut dépoussiérer le réseautage. Mais entre l’intention et le succès, il y a tout un monde. Après avoir recueilli 16 millions de dollars US en investissements, la start-up doit maintenant accumuler les utilisateurs, et vite.


Sorte de mélange entre Tinder et LinkedIn, le concept est assez simple. Destinée aux rencontres professionnelles, les utilisateurs de l’application Shapr se créent d’abord un profil, qu’ils peuvent importer de LinkedIn.


Puis, ils choisissent jusqu’à 10 mots clés, qui représentent des intérêts, comme #entrepreneuriat, #fintech ou #relationspubliques.


Une fois le profil créé, ils peuvent commencer à explorer la plateforme, en français ou en anglais. Chaque jour, Shapr vous propose des profils d’autres utilisateurs à proximité qui partagent certains de vos intérêts.


S’il y a un intérêt de votre part, vous n’avez qu’à faire glisser le profil à droite. Pas d’intérêt? Vous faites glisser à gauche. Exactement comme l’application de rencontres «amoureuses» Tinder.


Si vous intéressez aussi la personne sur laquelle vous avez fait glisser le profil à droite, il y a un «match», et vous pouvez entamer une conversation, pas avant.


«Nous pensons qu’il y a un réel besoin [pour notre application], explique Simon Verlaque, responsable du développement des affaires pour la techno française. Peu de gens savent comment réseauter, et quand il y a des événements pour “connecter” entre professionnels, c’est souvent ennuyant. Les gens y vont en traînant les pieds. Mais faire des rencontres, c’est essentiel en affaires. Ça peut être très inspirant».


La stratégie de croissance


L’application est utilisée par quelque 500 000 personnes, estime l’entreprise. La plupart, 60%, se trouve aux États-Unis, 20% à 25% en France, et le reste, à travers le monde. Au Québec, Les Affaires l’a testé, il y a déjà plusieurs profils de professionnels de tous secteurs qui existent .


Quant à la compétition, de LinkedIn par exemple, Simon Verlaque ne s’inquiète pas outre mesure.


«Nous sommes complémentaires, pense-t-il. Nous, parce que nous proposons 10 ou 15 profils par jours maximum, nous ne sommes pas chronophages, c’est facile. Notre algorithme s’améliore avec le temps passé sur notre application par l’utilisateur. C’est efficace, et les envies de se rencontrer sont mutuelles, il y a une réciprocité. En fait, notre défi, c’est de croître le plus vite possible».


Croître à vitesse grand V parce qu’entre des géants comme Facebook et Twitter, il faut une masse critique afin de se faire connaître et se distinguer, bien sûr, mais aussi pour imaginer atteindre un jour la rentabilité.


Bien que la start-up n’ait pas encore de revenus, certains investisseurs français, la famille Bouygues notamment, auraient financé l’application.


Afin de générer des revenus, la TPE pense lancer une version «premium» au cours des prochains mois, qui elle, en échange de l’accès à des fonctions supplémentaires, serait payante.


L’entreprise estime conquérir 2 000 nouveaux utilisateurs chaque jour. Elle compte quelque 30 employés pour le moment, pour la plupart en France, mais aussi quelques-uns situés à New York.


 

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