Sésame casse le concept de la chaîne

Publié le 02/06/2016 à 11:40

Sésame casse le concept de la chaîne

Publié le 02/06/2016 à 11:40

Par Claudine Hébert

Vallier Dufour et Eve Desmarais entourés d'Étienne et Vincent Borgeat.

PME DE LA SEMAINE - Que l’on soit à Montréal, Boucherville, Québec ou Gatineau, tous les restaurants Sésame présentent le même menu composé de plats sautés de crevettes, poulet, bœuf et tofu. Sans oublier la poutine général tao et le gâteau au fromage Bangkok. Mais pas question de tomber dans la standardisation. Du comptoir pour emporter à la salle à manger de style brasserie, chaque adresse affiche sa propre signature. Tables, chaises, décors inclus.


«On veut casser l’idée du concept de la chaîne», explique d’emblée Ève Desmarais, vice-présidente et directrice générale de Groupe Sésame.


Depuis le tout premier restaurant, ouvert en 2011 dans le Vieux-Montréal, cette entreprise fondée par le couple Vallier Dufour et Eve Desmarais, s’adapte aux besoins de la clientèle environnante pour chaque localisation.


Ainsi, la clientèle de Boucherville profite d’une salle à manger, tout comme la succursale du Quartier des spectacles à Montréal. À Gatineau, dans le secteur Hull, le restaurant se résume à un comptoir pour emporter. À Québec, c’est la formule brasserie asiatique avec bières et saké qui fait fureur.


Une recette atypique payante. Chacune des succursales affichent des hausses de revenus annuelles d’au moins 15%. «Et l’une d’entre elles frôle les 30% d’augmentation par année», signale Eve Desmarais.


«Savoir identifier des opportunités là où elles le sont et s’y adapter au lieu d’arriver avec les contraintes d’un concept standardisé démontre, de la part de cette entreprise, une stratégie d’affaires très avisée», estime Joanne Labrecque, professeur en marketing aux HEC Montréal. Le marché, poursuit cette experte du commerce de détail, est en pleine fragmentation. Les chaînes de restauration, tout comme celles du commerce du détail, ont tout avantage à s’adapter à leurs clientèles locales.


Pourquoi la pme montréalaise favorise-t-elle la nourriture asiatique? «Vallier et moi en sommes de très grands amateurs. C’est la nourriture qu’on aime manger», rapporte Mme Desmarais. Pour la petite anecdote, Vallier Dufour n’en est pas à ses premières expériences de restauration asiatique. Il était du premier groupe d’actionnaires qui a ouvert, il y a 20 ans, le restaurant Aviatic Club, à Québec, le premier à servir des sushis dans la vieille capitale.


Après un passage chez Sushi Shop, Vallier Dufour s’est associé à Ève Desmarais pour démarrer une chaîne de restauration de sushis à Ottawa, SushiGo, en 2007. L’entreprise comptait six succursales lorsqu’elle a été vendue au groupe MTY en 2013.


«Après quelques années à Ottawa, on avait envie, Vallier et moi, de revenir au Québec pour démarrer un tout nouveau concept, d’où la création des restaurants Sésame», rapporte Mme Desmarais.


Le développement de la chaîne a profité d’un important levier de financement avec la participation des frères Étienne et Vincent Borgeat, qui sont actionnaires dans trois des six succursales.


Qui seront les prochains consommateurs à pouvoir goûter à la poutine de Madame Li, garnie de crevettes tempura et d’une sauce de litchis? Groupe Sésame compte ouvrir huit nouvelles succursales au cours des trois prochaines années. Des villes de la couronne nord de Montréal sont dans sa mire. Tout comme Vaudreuil, Sherbrooke, Saint-Jean-sur-Richelieu.


«On ne cherche pas à tout prix des franchisés. On recherche avant tout des partenaires et investisseurs, des gens qui connaissent bien leur marché et qui sont impliqués dans leur communauté. Groupe Sésame veut demeurer gestionnaire des opérations des restaurants», indique Mme Desmarais.


La bonne connaissance d’un marché ciblé, constitue l’une des clés du succès de la chaîne Sésame. «Ce ne sont pas seulement les études de marché qui nous guident, c’est notre capacité de pouvoir palper le pouls de la clientèle qui fait la différence», insiste la restauratrice.


Le couple de restaurateur reconnaît tout de même avoir eu quelques craintes avant l’ouverture de leur toute première brasserie asiatique dans le quartier Lebourgneuf, à Québec, au printemps dernier. «On était très conscient que ce qui fonctionne à Montréal n’obtient pas systématiquement du succès à Québec et vice-versa. D’avoir néanmoins déjà vécu à Québec et d’avoir pu nous associer avec la bonne partenaire nous aide à réussir», conclut Eve Desmarais.


En quelques chiffres


Année de fondation : 2011


Nombre d’employés : 120, 150 en période estivale


Chiffre d’affaires : 8M$


Objectif pour les trois prochaines années : Ouvrir huit nouvelles succursales au Québec.

À suivre dans cette section


image

Gestion du changement

Mardi 17 septembre


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre

Sur le même sujet

À la une: spécial 500, la recherche et développement au service de la croissance

Édition du 18 Mai 2019 | Les Affaires

Cette semaine, notre classement des 500 est accompagné d’un dossier sur un des moteurs des entreprises: la R-D.

À la une: les métiers de demain (matin!)

Édition du 11 Mai 2019 | Les Affaires

En manchette cette semaine, les métiers de demain.

À la une

La gentillesse, un vilain défaut au travail?

BLOGUE. Curieusement, trop de gentillesse peut nuire à la performance d'une équipe, et même de l'entreprise...

Fiat Chrysler propose une fusion avec le constructeur français Renault

Il y a 21 minutes | La Presse Canadienne

L'alliance existante de Renault avec les groupes japonais Nissan et Mitsubishi pourrait se poursuivre.

Fusion Renault-Fiat Chrysler: Nissan, l'allié de 20 ans mis sur la touche

Il y a 11 minutes | AFP

«Nissan semble avoir été tenu à l'écart.»