Redonner la dignité aux vétérinaires


Édition du 21 Septembre 2022

Redonner la dignité aux vétérinaires


Édition du 21 Septembre 2022

Par Camille Robillard

Céline Leheurteux, PDG, Solutions Vetcaterra et Euthabag (Photo: courtoisie)

Qui: Céline Leheurteux, PDG
Entreprise: Solutions Vetcaterra, Euthabag
Industrie: médecine animale
Siège social: Hemmingford
Date de fondation: 2015
Nombre d’employés: 8

 

TROIS QUESTIONS À UN PDG INSPIRANT. La formation sur l’euthanasie est presque inexistante dans le parcours scolaire des vétérinaires, même si cette pratique est omniprésente dans leur quotidien. Devant ce constat, Céline Leheurteux, fondatrice de l’Euthabag — une housse mortuaire pour les animaux de compagnie —, s’est donné comme mission de redonner la dignité aux vétérinaires en leur offrant les outils nécessaires. Voici trois questions à une PDG qui inspire par sa volonté d’apaiser le quotidien de ses collègues, et ce, le plus écologiquement possible. 

La formation sur l’euthanasie est presque inexistante dans le parcours scolaire des vétérinaires, même si cette pratique est omniprésente dans leur quotidien. Devant ce constat, Céline Leheurteux, fondatrice de l’Euthabag — une housse mortuaire pour les animaux de compagnie commercialisée dans plus de 25 pays —, s’est donné comme mission de redonner la dignité aux vétérinaires en leur offrant les outils nécessaires. Voici trois questions à une PDG qui inspire par sa volonté d’apaiser le quotidien de ses collègues, et ce, le plus écologiquement possible. 

 

Quels étaient les objectifs derrière la création d’Euthabag?

C’était pour moi une question de cohérence et de santé mentale. Je trouvais qu’il y avait un décalage important entre le niveau des soins que je donnais et le niveau d’attachement des gens [à leur animal]. On devait retourner à l’âge de pierre et mettre l’animal dans un sac poubelle [après l’euthanasie]. En plus de ne pas être fonctionnel, ça n’a pas rapport de mettre un animal adoré dans un sac poubelle, à moins que tu travailles dans la mafia. Il y a une symbolique très forte : quand on n’aime pas quelque chose, on le met à la poubelle. Je ne pouvais pas continuer, parce que j’avais l’impression de trahir la confiance que les gens ont mise en moi. […] J’ai réalisé que j’allais changer à jamais comment on gère la fin de vie chez les animaux. J’allais pouvoir aider les familles, mes collègues vétérinaires et les animaux. 

 

Vous vous êtes assurée de proposer une housse la plus écologique possible. De quoi est-elle composée et quelles ont été les limites?

Au tout départ, je voulais un produit qui ne nuise pas [à l’environnement], comme un médecin ne doit pas nuire à son patient. Le gros défi technique, c’était l’imperméabilité. La solution facile aurait été d’utiliser des composés à base de polychlorure de vinyle, mais je ne voulais pas. On a travaillé plus longtemps avec une designer industrielle et on est tombé sur le polypropylène dans lequel on peut aussi insérer de la matière recyclée. C’était l’avenue que je voulais emprunter, mais mon chemin n’est pas fini. [Pour pouvoir investir dans une solution encore plus verte], j’ai commercialisé une première version de mon produit et généré des revenus. Mon objectif à moyen terme, c’est de créer un produit 100 % à base de matière recyclée. […] En attendant, on pose des gestes en faveur de la protection de l’environnement. On participe à la plantation d’arbres pour emmagasiner du carbone. On a une plantation de 15 000 arbres au Costa Rica et de 10 000 arbres au Québec. Cette année, pour la première fois, on a pris l’engagement de verser 1 % des ventes à Conservation de la nature Canada. Ça faisait plusieurs années que je voulais le faire, mais quand tu démarres, 1 % des ventes, c’est trop gros.

 

Le taux de suicide chez les vétérinaires est deux fois et demie supérieur à celui de la population générale. De quelle manière souhaitez-vous changer les choses ?

La grande racine de nos défis professionnels, c’est l’aspect financier. Les gens nous amènent un être précieux pour leur santé mentale et leur équilibre. Ils veulent que nous fassions des miracles, mais nous avons un budget. C’est pour ça que je fais la promotion de l’assurance. Pour moi, c’est la seule solution pour que les vétérinaires fassent leur boulot sans contrainte. J’invite également mes collègues vétérinaires à expliquer aux clients pourquoi ça coûte ce que ça coûte, pour qu’ils comprennent que ce n’est pas cher. Il faut transformer le discours. Je me suis rendu compte qu’en faisant de petites conférences, ça change les perceptions. Nous ne sommes pas là pour arnaquer le monde.

Dans la vie de tous les jours, je fais surtout de l’éducation autour de l’euthanasie. Au Québec, nous sommes très connus. Aux États-Unis, notre modèle d’affaires, c’est le marketing de contenu. Notre plateforme de formation en ligne est gratuite et présente du contenu de qualité. Nous envoyons des infolettres et nous faisons de la publicité sur des médias connus des vétérinaires. Des milliers de vétérinaires, des infirmières vétérinaires et des assistants vont sur notre plateforme et je pense que cette année, 5000 conférences y ont été visionnées. Nous avons de très bons retours. La force de nos formations, c’est qu’on dit vraiment quoi faire.

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