Profiter de la folie des «hand spinners»

Publié le 01/06/2017 à 14:32

Profiter de la folie des «hand spinners»

Publié le 01/06/2017 à 14:32

Par Stéphane Champagne

[123RF]

PME DE LA SEMAINE. Le phénomène mondial des « hand spinners » frappe le Canada de plein fouet. Groupe Ricochet souhaite en profiter au maximum. La PME de Blainville prévoit vendre plus d’un million de ces petits gadgets rotatifs d’un océan à l’autre. Objectif ultime : devenir la référence nationale des jouets génériques.

«C’est une véritable course contre la montre, s’exclame Philippe Roy, copropriétaire de Groupe Ricochet, dont les produits sont vendus sous la marque ProSpinner. Hier, j’en ai vendu 25 000 dans un avant-midi. Tous les jours, des dizaines de magasins nous appellent. Je n’ai jamais vu ça !»

Également baptisé «Fidget spinner», le hand spinner est présenté comme un jouet antistress. Il s’agit d’une toupie à main, dotée d’un roulement à billes en son centre, que l’on fait pivoter sur un doigt.

Sa popularité est telle que Wal-Mart, Target et Toys’R’Us en aurait commandé 20 millions d’unités pour leurs magasins d’Amérique du Nord. Dans les cours d’écoles québécoises, il en pleut.

Par avion

À l’instar des géants du commerce de détail, Groupe Ricochet utilise exceptionnellement dans ce cas-ci le transport aérien, plutôt que le bateau, pour faire venir ses jouets de Chine.

«C’est plus cher, mais c’est beaucoup plus rapide, révèle Philippe Roy. On aime mieux réduire notre profit si on peut rendre des clients heureux. Samedi matin passé, dix propriétaires de magasins faisaient la file devant notre entrepôt.»

Profiter des modes et être au-devant de la parade, voilà la stratégie de la PME. «En connaissant les tendances, dit-il, on est capable de bouger vite et de répondre à la demande. J’étais en Chine en avril et je devais commander 12 000 hand spinners. Je suis revenu au Québec avec 300 000 unités. Avec toutes les demandes reçues, on est rendu à 600 000. D’ici la fin de l’été, on devrait atteindre le million d’unités vendues.»

Philippe Roy et Alexandre Vincent, copropriétaires de Groupe Ricochet [Courtoisie]

Effet de levier

Philippe Roy qualifie le phénomène des hand spinners de «short term money». «C’est un couteau à deux tranchants, prévient-il. Il faut porter une attention particulière aux clients, car ils ont de grandes attentes. Cela dit, dans tout ce tourbillon, je me sens plus que jamais partenaire avec mes clients.»

Même si le risque est grand, même si un simple détail pourrait venir gâcher les choses et même si le prix des hand spinners est déjà en hausse de 20 % dû à une « pénurie de bearing en Chine», le jeu en vaut amplement la chandelle, croit le chef d’entreprise.

«C’est du stress et beaucoup de logistique, mais c’est un effet de levier incroyable pour notre entreprise, dit-il. Plein de magasins qu’on ne connaissait pas ont commencé à nous appeler. Notre ProSpinner est pour nous un accélérateur.»

La PME se plaît à dire qu’elle protège ses arrières en ayant quelques fournisseurs dans l’empire du Milieu. Au lieu d’un seul fabricant, elle s’approvisionne auprès de trois ou quatre manufacturiers de jouets.

Genèse

Fondée il y a 10 ans par Philippe Roy et Alexandre Vincent, la PME cherchait à révolutionner un secteur de l’économie inchangé depuis des décennies: les machines distributrices de bonbons et de confiseries. Les deux jeunes entrepreneurs ont connu un succès retentissant en intégrant une puce électronique à chacun de leur appareil.

Grâce à cette puce, les patrons de la PME et leurs clients savaient désormais combien chaque machine générait de revenus, et donc à combien se chiffrait le partage des profits. 

Aujourd’hui, les machines distributrices (plus de 2000, majoritairement au Québec et en Ontario) ne représentent plus que 5 % des revenus de la PME.

Les 95% résiduels proviennent des jouets et autres accessoires qui trouvent preneurs dans plus de 3000 points de vente au Canada, notamment dans les magasins à grande surface (dont Canadian Tire) et la plupart des pharmacies.

Depuis l’immense succès remporté grâce à ses iMoji, des figurines représentant des émoticônes exprimant un florilège d’humeurs, Groupe Ricochet mise désormais sur l’importation et la distribution de jouets génériques non licenciés.

Le Groupe Ricochet en bref

Nombre d’employés: 23
Année de création: 2007
Chiffre d’affaires annuel: confidentiel
Marché desservi: Canada
Emplacement du siège social: Blainville

Objectifs pour l’année prochaine: Profiter de la vague entourant les «hand spinners» et, ce faisant, devenir le numéro un au Canada dans le secteur des jouets génériques non licenciés. 

 


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