Pourquoi les femmes en affaires hésitent à emprunter

Publié le 05/05/2016 à 09:41

Pourquoi les femmes en affaires hésitent à emprunter

Publié le 05/05/2016 à 09:41

Par Claudine Hébert

[Photo: Bloomberg]

Les PME dirigées par des femmes rapporteraient plus de 150$ milliards de dollars à l’économie du pays. Pourtant, les entrepreneures parviennent encore difficilement à obtenir du financement auprès des institutions financières.

C’est ce qui ressort d’une étude réalisée en partenariat par BMO Groupe financier, l’Université Carleton et The Beacon Agency. Les institutions financières, lit-on dans le rapport, perçoivent toujours à tort les femmes comme étant des entrepreneures réticentes à prendre des risques et moins aptes à gérer la même croissance économique que les hommes.

Cette étude s’appuie sur deux années de recherche et d’entrevues menées auprès de plus d’une centaine d’entrepreneurs - hommes et femmes - de partout au pays.

Plus de 80% des femmes interrogées par cette étude ont indiqué avoir eu de la difficulté à obtenir du financement auprès des banques. Ce qui n’a pas surpris les responsables de l’étude.

« Cette constatation est similaire au résultat d'autres études qui se sont penchées sur les méthodes de financement des femmes entrepreneurs. En leur refusant des prêts, les institutions bancaires renoncent à investir dans les entreprises des femmes entrepreneurs, à des revenus additionnels et ratent ainsi l'occasion de développer une approche globale du risque », décrit le groupe d’auteures dirigé par Clare Beckton, directrice exécutive fondatrice du Centre pour les femmes impliquées en politique et en gestion publique de l’Université Carleton.

Le problème avec les institutions financières, soulève Mme Beckton, c’est qu’elles ne comprennent pas l'approche des entrepreneures axée sur les relations avec les gens, leurs fournisseurs, leurs employés, ainsi que leur vision à plus long terme de leurs entreprises.

« Pour beaucoup de femmes, dit-elle, le succès n'est pas de démarrer une entreprise et de la vendre rapidement. Le succès est de rester en affaires plus longtemps. » Cependant, les banques et institutions financières, dit Mme Beckton sont encore plus préoccupées par le chiffre d'affaires.

Les entreprises à contrôle féminin majoritaire sont les plus nombreuses à avoir un niveau de croissance annuelle moyenne de revenus de plus de 20%. Près de 70% des entreprises dont les femmes sont propriétaires sont réputées pour élargir leur marché par l’innovation.

Comment se débrouillent alors les femmes entrepreneurs? En raison de l’attitude des banques envers les prêts aux entreprises des femmes entrepreneurs, de nombreuses femmes préférent sécuriser elles-mêmes les fonds requis, constate l’équipe de Mme Beckton.

Elles utilisent leurs cartes de crédit personnelles et leurs marges de crédit, des prêts de la famille et des amis, ainsi que des fonds provenant de subventions gouvernementales, Futurepreneurs, et des centres Women's Enterprise et d'autres organisations similaires, poursuit-elle.

Les femmes, poursuit-elle, recherchent souvent des moyens d'augmenter leurs profits à leur niveau opérationnel actuel plutôt que de rechercher une augmentation de croissance pour atteindre ce résultat.

Elles sont plus susceptibles d'engager des experts et de demander des conseils pour évaluer la croissance. « Beaucoup de femmes chefs d'entreprise nous ont d’ailleurs indiqué qu'elles ont suivi des cours sur l'entrepreneuriat pour pouvoir exploiter leur entreprise. Et certaines ont aussi appris la terminologie nécessaire pour faire la demande, et obtenir des prêts bancaires… »

Les PME appartenant à des femmes au Canada

Les PME appartenant à des femmes sont principalement en Ontario (30,6 %), suivi du Canada Atlantique (19,9 %), du Québec (17,5 %), de la Colombie-Britannique et des Territoires (14,8 %), et de l'Alberta (13,9 %).

L'Ontario est la province ayant la plus forte concentration de femmes travaillant à leur compte, suivie par la Colombie-Britannique, l'Alberta et le Québec.

Le nombre de femmes travaillant à leur compte et possédant une entreprise constituée en société en Colombie-Britannique a d’ailleurs augmenté de 52 % de 2013 à 2014. Une augmentation que les auteures de l’étude expliquent par le fait qu’il y a beaucoup de start-ups et d’entreprises technologiques dans la province de l’ouest pacifique.

 

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De bonne source: Alain Gignac
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